Les rencontres OL-OM sont souvent synonymes de grand spectacle. Ce match n’a pas dérogé à la règle même si cette rencontre a été moins spectaculaire que les précédentes. Dans un stade de Gerland plein comme un oeuf, un round d’observation s’installe durant un quart d’heure. Mais l’OL va prendre l’avantage à la 17e minute. Sur un centre fuyant de Michel Bastos, Bafé Gomis marque du plat du pied (17e) alors qu’il était légèrement hors jeu. Un but qui va complètement déstabiliser une formation phocéenne moralement fragile. Hormis une timide réaction sur une tête complètement ratée de Lucho, les Lyonnais vont de nouveau frapper par l’intermédiaire de Michel Bastos. Intenable sur son côté, le Brésilien laisse sur place Cesar Azpilicueta et va battre Mandanda d’un tir croisé du gauche (29e). Rien ne va plus pour une formation marseillaise, trop lente, imprécise et qui déjoue plus qu’elle ne joue. À la mi-temps, l’OL mène 2-0 fort logiquement.

En seconde période, Didier Deschamps change de schéma tactique et procède à deux changements. Alou Diarra et Jeremy Morel sortent, remplacés par Morgan Amalfitano et André Ayew. L’apport de ces deux joueurs va apporter un deuxième souffle à l’OM et l’OL va gérer sereinement son avantage même si c’est Marseille qui va se créer les meilleures occasions. Loïc Rémy va être à deux doigts de marquer sur un cafouillage dans la surface, mais André Ayew va le gêner (52e). A la 67e, l’OM réalise un joli mouvement collectif, mais la frappe de Lucho Gonzalez frôle le poteau. Ensuite, Loïc Rémy va voir sa tête sauvée sur la ligne par Anthony Reveillere suite à un corner de Valbuena (78e). Au final, l’OL a montré une impressionnante maitrise et a dominé de la tête et des épaules une faible équipe marseillaise trop limitée et qui n’a toujours pas gagné en Ligue 1 après six journées. Grâce à cette belle victoire 2-0, l’OL reprend la tête du championnat tandis que l’OM devient lanterne rouge et risque d’avoir bien du mal à se remettre de cette énième contre performance.

L’homme du match : Michel Bastos (7). Une passe décisive et un but, la feuille de statistiques est bien remplie ce soir pour le gaucher brésilien. Très en jambes, il a fait vivre un calvaire à Azpilicueta en première période. Comme depuis le début de la saison, Bastos prouve qu’il a retrouvé le plaisir et l’envie. Ses centres sont très souvent dangereux, ses frappes toujours puissantes. Bien sûr, il pêche encore parfois par excès d’individualisme, mais peut-on le lui reprocher ce soir ?

Olympique Lyonnais :

- Lloris (6) : que dire de sa rencontre ? Le portier lyonnais n’a quasiment eu aucun arrêt à effectuer, hormis une parade réflexe sur un tir à bout portant de Rémy. Pour le reste, il fut vigilant sur les centres marseillais.

- Cissokho (6) : il a affiché une belle complicité avec Bastos, un point fort qui avait pourtant disparu en cours de saison dernière. Résultat, quelques beaux dédoublements, même s’il est resté plus prudent qu’à l’accoutumée face à Valbuena, qu’il a facilement contenu.

- Lovren (7) : un gros match. Il a tout pris de la tête et s’en est très bien sorti face à la vitesse de Loïc Rémy. Mais Lovren ne serait pas Lovren sans une petite boulette (53e), heureusement sans conséquences pour l’OL.

- Koné (7) : impeccable. Il dégage une grande sérénité dans ses interventions, et surtout une puissance physique impressionnante. Il est parti pour s’installer durablement et on souhaite du courage à Cris pour retrouver sa place. Seul petit bémol, ses relances sont parfois un peu trop osées.

- Réveillère (6,5) : une grosse performance défensive. Personne n’est passé, ou presque, que ce soit Morel ou Ayew par la suite. À l’instar de Cissokho, il a semblé moins porté vers l’offensive.

- Gonalons (7,5) : très belle performance du milieu défensif rhodanien. Il a gratté un nombre incalculable de ballons. Celui piqué à Valbuena (29e) s’avéra décisif, puisque Bastos s’en allait bonifier son décalage par un but. Gonalons fait déjà oublier Toulalan. Indispensable.

- Källström (7) : il était partout ce soir. Une première période énorme, où il a régné sur l’entrejeu, récupérant beaucoup de ballons et en distribuant le jeu à son aise. Pourtant, il paraissait touché en début de rencontre, après un coup reçu sur la cheville. Il n’en était rien. Remplacé à la 68e par Fofana, vite en action et à l’activité intéressante.

- Bastos : voir ci-dessus

- Briand (4) : que de déchet technique ! Ce soir, il était le point faible de l’équipe lyonnaise. Des contrôles systématiquement trop longs, des passes pas assez précises ou trop peu appuyées, il a étalé sa maladresse chronique. Malgré tout, il reste très utile à son équipe par ses déplacements et ses appels incessants. Et il a réussi à bien servir Gomis à quelques reprises. Remplacé par Pied (81e), qui s’est positionné en soutien de Gomis.

- Grenier (6) : très sobre, trop sobre ? Pour son premier Olympico en tant que titulaire, le jeune Lyonnais a cherché à jouer simple, dans les intervalles. Cela suffisait pour déstabiliser une pauvre équipe marseillaise. Cependant, dans son rôle de numéro 10 derrière Gomis, il lui a manqué un coup d’éclat, une passe géniale. À 20 ans, il n’a pas encore l’étoffe pour prétendre à une place de titulaire, mais il reste prometteur. À lui d’étoffer son jeu et de se rendre incontournable sur le pré. Remplacé par Dabo (87e), qui s’est placé sur l’aile droite devant Réveillère pour boucher le couloir.

- Gomis (7) : orphelin de Lisandro, il a revêtu le costume de l’attaquant solitaire qui sait peser sur la défense adverse. Et contrairement à mercredi soir face à l’Ajax, il a eu de la réussite face au but, à l’image de son but, où il devrait être signalé hors-jeu. Il a alerté Mandanda sur une grosse frappe du gauche (34e) et aurait même pu inscrire un doublé s’il n’avait pas été trop gourmand sur une belle passe de Grenier (55e). Une grosse prestation.

Olympique de Marseille

Mandanda (5) : peu de travail durant la rencontre hormis un bel arrêt sur une frappe de Gomis (32e). Il ne peut rien sur le but de Michel Bastos et a touché la reprise de Gomis.

Azpilicueta (4,5) : Michel Bastos lui a fait passer une première mi-temps cauchemardesque. Toujours en retard, à contre-courant, il a eu beaucoup de mal à se situer. En seconde période, il va muscler son jeu et va gagner beaucoup plus de duels. Reste au final une copie décevante et beaucoup de regrets.

Fanni (4,5) : moins en vue que son compère de la défense centrale, Rod Fanni va néanmoins se montrer plus solide que lors de ses sorties précédentes. Insuffisant pour colmater une défense qui a une nouvelle fois pris l’eau.

S.Diawara (5,5) : incisif, fort dans les duels, Souleymane Diawara a effectué une prestation solide malgré les deux buts encaissés par son équipe. Ses interventions sur Gomis (13e,45e), et sur Remy (27e) se sont révélées précieuses pour son équipe qui prenait l’eau à ce moment de la partie.

Traoré (5) : trop lent dans les courses et dans ses interventions, il va mettre près d’une demi-heure à entrer dans la partie. Du mieux par la suite, comme à la 56e minute ou il effectue un tacle rageur décisif sur un crochet de Bafé Gomis dans la surface.

A.Diarra (3) : invisible en première période, la sentinelle n’a pas vraiment joué son rôle et a récupéré bien peu de ballons. Victime de la réorganisation tactique de Didier Deschamps, il va céder sa place à la mi-temps à Morgan Amalfitano (5), auteur d’une bonne entrée avant de baisser de pied par la suite.

Valbuena (4) : de retour de blessure, l’ancien Libournais a manqué de rythme. S’il n’a pas ménagé ses efforts et s’il a beaucoup tenté, Valbuena n’a pas eu la réussite avec lui et n’a pas su se montrer décisif. Remplacé par Jordan Ayew (81e).

Cheyrou (5) : dans son style caractéristique, le milieu phocéen a brillé par intermittence grâce à une grande maitrise technique. Malheureusement, il en fallait plus pour mettre à mal le milieu de terrain lyonnais bien regroupé.

Morel (4) : bien moins en vue que face à l’Olympiakos, Jéremy Morel n’a que trop rarement apporté le danger sur son côté gauche. Remplacé à la mi-temps par André Ayew (5) qui va se montrer très percutant dès son entrée, sans grand succès malheureusement.

Lucho (4) : positionné juste derrière Remy comme en Grèce, Lucho a peiné à trouver ses marques. Hormis une tête complètement ratée (20e), l’Argentin n’a guère pesé offensivement. Par la suite, seule une frappe qui a frôlé le poteau a donné un peu de consistances à un match bien terne de la part du milieu marseillais.

Remy (5) : une nouvelle fois esseulé en pointe, le buteur de l’OM a tenté de peser sur la défense lyonnaise. Avec un peu plus de réussite, il aurait mérité de marquer. Tout d’abord sur un cafouillage dans la défense de l’OL (52e), puis sur une tête repoussée sur sa ligne par Reveillere (78e).