Olympique de Marseille-Olympique Lyonnais. Ces dernières saisons, le choc des deux Olympiques a été marqué par de nombreuses tensions. Et ce 99e Olympico n’a pas dérogé à la règle. Entre les 120 ans du club phocéen et le retour de Rudi Garcia à Marseille, sans oublier l’enjeu du classement, tous les ingrédients étaient réunis pour que cette soirée soit particulière dans un stade qui affichait complet (65 421 spectateurs). Et elle l’a été. Toute la journée, les supporters marseillais ont fait monter l’ambiance aux quatre coins de la ville, chantant à la gloire de leur club et contre l’ennemi lyonnais et Rudi Garcia. La tension est montée d’un cran lorsque le bus des Gones est arrivé à l’Orange Vélodrome. Au-delà des chants et des insultes qui ont accompagné les Rhodaniens, le véhicule a été caillassé et trois vitres ont été endommagées. « Nous sommes tombés dans un guet-apens. Si ça continue comme ça, nous ne jouerons pas », a lâché le président Jean-Michel Aulas à sa descente du bus à nos confrères de L’Équipe.

Une rencontre explosive

Quelques instants plus tard, les pensionnaires du Groupama Stadium ont publié un communiqué de presse. « La sécurité des joueurs, du staff et des dirigeants n’a pas été assurée durant le trajet au stade. Après les menaces envers l’équipe et Rudi Garcia tout l’après-midi sur les réseaux sociaux, 5 impacts ont été constatés sur le bus menant l’équipe au stade. Des vitres ont été brisées. Le président Jean-Michel Aulas a dû alerter les délégués du match sur le risque de mise en danger de l’intégrité physique des joueurs, entraîneurs et arbitres ». Une fois dans le stade, l’enfer a continué pour les Gones, insultés durant l’échauffement puis durant la rencontre. À chaque corner, ils ont reçu des projectiles provenant des tribunes de l’Orange Vélodrome. Et à la 12e minute, le stade a explosé...de joie. Après une main de Thiago Mendes dans la surface lyonnaise, Anthony Gautier désignait le point de pénalty. Dimitri Payet s’avançait pour le tirer.

Mais l’international français a dû attendre six minutes avant de le frapper. L’arbitre a demandé à Payet d’attendre pour vérifier si Morgan Sanson n’avait pas été coupable d’une main avant Thiago Mendes. Puis le Marseillais a dû patienter de nouveau après un accrochage entre Benedetto et Dubois (au sol) puis après qu’Anthony Lopes ait reçu un laser dans les yeux. Il pouvait enfin s’élancer à la 18e minute et tromper le portier lyonnais (1-0). Puis Payet doublait la mise à la 39e (2-0) avant d’avoir un échange musclé sur le bord du terrain avec son ancien coach Rudi Garcia, qu’il avait dézingué vendredi en conférence de presse. En deuxième période, l’Orange Vélodrome était toujours en feu, les fumigènes étaient de sortie. D’ailleurs, à la 53e, le match était interrompu puisqu’on n’y voyait plus rien. La partie reprenait ensuite, avec un but lyonnais signé Moussa Dembélé (2-1, 59e). Mais tout était relancé après l’expulsion d’Alvaro Gonzalez à la 64e minute. Malgré cela, l’OM tenait bon jusqu’au bout. L’OM s’imposait 2 à 1 et le Vélodrome pouvait exploser de joie.

Les Marseillais savourent

Après la rencontre, Jean-Michel Aulas n’a pas pu s’empêcher de lâcher quelques phrases dont il a le secret au micro de Canal+. « Écoutez, bien sûr que le résultat est incontestable. Par contre, c’est vrai que l’image du match a donné une image déplorable du football dans son contexte de passion mais aussi de réaction. C’est-à-dire que quand on essaye d’impressionner avant, les joueurs, les dirigeants, avec une pression qui n’est pas contenue... Quand pendant le match, on peut citer au moins deux cas de difficulté sur le plan de l’application de la VAR, parce qu’il me semble qu’il y a une main de Sanson juste avant la main qui amène le penalty qui change le destin du match. Et puis il y a la gifle de Benedetto sur Dubois qui en fait n’est pas du tout sifflé. Alors bravo à Marseille d’avoir su mettre une pression fantastique, d’avoir su conditionner des petits ramasseurs de balles pour qu’ils ne donnent plus les ballons, pour faire en sorte que la pression soit immense ». Contrairement à lui, Houssem Aouar n’a pas souhaité en rajouter, expliquant que l’ambiance n’avait pas forcément joué ce soir.

Dans le camp d’en face, les sourires étaient de sortie. Homme du match, Dimitri Payet a savouré, lui qui est revenu sur le moment où il a dû attendre pour tirer et transformer son pénalty. « C’est compliqué, c’est long surtout. J’essaye de rester dans ma bulle et de me concentrer sur le geste que j’ai à faire. Je suis resté dans ma bulle, j’ai tiré et ça a fonctionné ».Comme lui, les Phocéens étaient aux anges, eux qui ont pu faire plaisir à leurs nombreux supporters. « C’est vrai qu’il y avait beaucoup d’engouement autour de ce match. Ça fait un mois qu’on sait que ce tifo est en préparation et qu’il y avait une grosse attente autour de ce match. Le coach Garcia est revenu donc voilà...Sans parler du fait que ce soit contre Lyon, contre le coach Garcia ou quoi que ce soit, l’important était de passer deuxième. Ce soir, on est seul deuxième. On a marqué un grand coup ». La fête a donc été réussie pour les Marseillais !