Un silence de cathédrale, presque gênant vu l’affiche. L’échauffement et les premières minutes de ce Paris SG-Olympique de Marseille (3-1, 29e journée de Ligue 1) se déroulaient dans une drôle d’ambiance. Le Collectif Ultra Paris, qui anime d’ordinaire la tribune Auteuil du Parc des Princes, avait décidé, suite au fiasco contre Manchester United en Ligue des Champions, de se taire pendant le premier quart d’heure.

Quinze minutes durant lesquelles de nombreuses banderoles étaient déployées. « On n’oublie pas », « Dijon-PSG 0-4, attention au match retour », « des biftons à la place du cœur », « moyens illimités, exigence low-cost » : les messages étaient plutôt hostiles tandis qu’un groupe de supporters tentait de faire bonne figure dans la tribune Boulogne. Au sortir de ce premier quart d’heure, l’ambiance montait d’un cran. D’autant, qu’après un contact de Colin Dagba, les esprits s’échauffaient aussi sur le pré.

Le silence puis l’ovation

Toujours pas d’encouragements certes, mais des chants anti-Marseillais, répétés à l’envi. L’ouverture du score de Kylian Mbappé, juste avant la pause, au sortir d’un superbe contre, allumait la première étincelle et les premiers fumigènes s’embrasaient. L’égalisation de Valère Germain et les débats musclés sur la pelouse (l’attroupement après une faute de Marco Verratti et un tampon de Duje Caleta-Car sur Mbappé) maintenaient le public sous pression, jusqu’au deuxième but signé Angel Di Maria, synonyme de libération et d’explosion de joie.

L’exclusion de Steve Mandanda et les provocations de Mario Balotelli relançaient les chants prenant pour cible les Olympiens. Le coup de franc de Di Maria, dans la lucarne de Yohan Pelé, en terminait définitivement avec la grève des encouragements et el Fideo était acclamé comme il se devait par tout le stade. Le Paris SG prendra du temps pour se réconcilier avec son public, mais, en remportant ce classique assez électrique, il a fait un premier pas important.