Foot Mercato : Vous êtes revenu cette saison en Ligue 1. Comment jugez-vous votre année à Nancy ?

Alou Diarra  : Je suis quelqu’un de très collectif. Donc collectivement, être relégué ce n’est pas positif. Individuellement, je reste positif car j’ai prouvé qu’à 35 ans j’étais encore capable de joueur au haut niveau. J’ai fait de bons matches contre de bonnes équipes de Ligue 1. J’ai marqué deux buts. Je trouve que ma saison, individuellement, s’est plutôt bien passée. J’ai eu très peu de pépins physiques. J’ai pu apporter ce que je voulais à Nancy quand j’ai joué. C’est sûr que quand on est relégué on ne peut pas être satisfait à 100% parce que le collectif prime. On a été face à nos limites cette saison. Même avec mon expérience tout n’a pas pu être compensé. C’est dommage, car je trouve qu’on avait les possibilités de se maintenir. Mais il aurait fallu négocier certaines périodes de la meilleure des manières. On ne l’a pas fait. La réalité c’est qu’on a été relégué car tout le long de la saison on n’a pas été assez réguliers et c’est dommage. Je reste positif malgré tout. Quand j’ai commencé à jouer avec l’équipe après avoir fait les efforts pour me remettre à niveau physiquement, c’était lors de 10ème journée. On était derniers du classement. On a fait une belle remontée jusqu’à la trêve hivernale. Mais malheureusement on n’a pas pu tenir ce rythme et on a été confrontés à nos limites.

FM : À votre arrivée à Nancy, certains ont douté de votre niveau. Vous avez prouvé sur le terrain que vous n’étiez pas terminé...

AD : Certains ont peut être douté parce que j’ai manqué de visibilité. J’étais à l’étranger ces dernières saisons. Je faisais des saisons pleines, mais comme ce n’était pas médiatisé forcément on avait des doutes. Il y avait des interrogations. Je pense que j’ai levé le doute. J’ai fait des matches très costauds contre des équipes réputées du championnat. Ça prouve que je suis capable d’évoluer encore au haut niveau. J’ai même été décisif à deux reprises. L’aventure à Nancy s’arrête. C’est sûr que la relégation ne satisfait personne, le club comme moi. Le fait de me projeter sur un autre challenge l’année prochaine me semble une chose logique.

FM : Vous avez signé une année en Lorraine. Est-ce que l’ASNL a essayé de vous prolonger ?

AD : Non, ils n’ont pas essayé. Il y a toujours eu des questions sur mon avenir. Moi, comme je l’ai toujours dit, ce n’était pas ma priorité de parler tant que l’objectif final n’était pas atteint et qu’on n’avait pas donné toutes nos forces dans la lutte pour le maintien. Je ne voulais vraiment pas parler de mon avenir. Dans le timing, je n’étais pas pressé car j’étais concentré sur le fait de nous maintenir. S’il y avait eu maintien ça aurait été une condition importante pour peut-être prolonger...ou pas. Je n’en sais rien. En tout cas, le fait que l’on ne se soit pas maintenu a fait que dans mon esprit c’était très compliqué de rester à Nancy.

FM : Malgré tout, avez-vous senti dans le discours du club qu’il y avait la volonté de continuer avec vous ?

AD : Je n’en sais rien. Moi, j’étais focalisé sur le maintien. J’ai mis toutes mes forces là-dedans. Quand tout se passe bien, les choses se font naturellement. Le problème c’est que tout ne s’est pas bien passé et qu’au final on a été relégués. On a eu des manques criants cette saison. Il ne nous manquait pas grand chose pour faire la différence. Tout ce que je peux souhaiter à l’AS Nancy Lorraine et au président c’est de faire une bonne saison et de remonter immédiatement. Je ne leur souhaite que du positif, que du bon.

Diarra est prêt pour un nouveau défi

FM : Quelles sont justement vos envies aujourd’hui ?

AD : Je suis prêt psychologiquement à continuer. Physiquement, je suis encore capable d’évoluer au haut niveau. Je ne vois pas pourquoi je devrais changer mes projets. J’ai toujours l’ambition de trouver un challenge intéressant, stimulant et où je serai capable de pouvoir aider une équipe (...) Je cherche un club ambitieux et qui a besoin de joueurs d’expérience. On l’a bien vu cette année, la fraîcheur et la jeunesse c’est sûr que ce sont des atouts importants. Mais le calme et l’expérience dans certains matches ou dans certaines situations, c’est aussi très important. Il faut un mélange des deux. Ça donne quelque chose de très homogène. Je n’ai pas de préférence. Je suis capable de jouer à l’étranger, je l’ai prouvé sans problème. Je ne suis pas contre rester en France. Je suis ouvert. Tout dépendra du projet, des discussions, du rôle que j’aurai à jouer. À mon âge, j’ai besoin d’être fixé sur mon rôle et d’avoir des discussions posées sur le rôle que j’aurai à tenir dans ma prochaine équipe.

FM : Lors de notre dernier entretien, vous m’aviez confié que tant que vous en aurez sous le pied vous ne penseriez pas à raccrocher les crampons. La retraite ce n’est pas encore pour maintenant visiblement.

AD : Non (sourire). C’est sûr que je suis plus proche de la retraite que du début. Mais aujourd’hui j’en ai encore sous le pied, j’ai encore l’envie. Physiquement, j’ai encore les jambes et l’envie. Psychologiquement aussi. La compétition c’est quelque chose qui me stimule tous les week-ends. J’aime cette adrénaline. J’aime mon métier. J’ai encore plaisir à le faire même à 35 ans. Il n’y a pas de raisons d’arrêter. Toutes les conditions sont réunies pour que je continue.

FM : Vous êtes libre, ce qui est un avantage mais aussi un inconvénient parfois. Comment vous préparez-vous à vivre ce mercato ? Avez-vous une pression particulière ?

AD : Je n’ai pas de pression concernant ce mercato. Je le prends très tranquillement, très sereinement. Je récupère déjà de cette saison. Je vais me préparer avant de trouver un nouveau challenge. Je suis vraiment optimiste. Il y a déjà des contacts. Tout va dépendre du projet sportif qu’on va me proposer. Je suis une personne motivée, toujours déterminée à aider un club qui aurait besoin d’un joueur de mon profil. Je suis disponible.

FM : Vous venez de dire que vous avez déjà quelques touches. Est-ce plutôt en France ou à l’étranger ?

AD : Les deux. Je préfère ne pas en parler car on en est vraiment au commencement. Ce n’est que le début. Ce sont des discussions qui peuvent être longues. On ne peut pas savoir mais pour l’instant il y a des prises de contact. Je trouve ça positif. Je me tiens prêt à toutes éventualités. J’espère reprendre avec l’équipe avec laquelle je vais jouer. Avec Nancy cette année, j’ai vu que le fait de ne pas avoir fait de préparation a repoussé mes débuts en L1. J’aimerais commencer directement avec l’équipe où je jouerai. J’espère trouver rapidement un club. Je ne veux pas rater la préparation car c’est une chose très importante pour le reste de la saison. Quand on manque cette étape-là, on part avec un handicap et je veux l’éviter tout simplement.