Neymar ne jouera pas contre Manchester United, aussi bien l’aller que le retour. Ce qui était craint par le Paris Saint-Germain ressemble aujourd’hui à une certitude puisque la délégation brésilienne présente dans la capitale française ce lundi a évoqué une indisponibilité minimum jusqu’à la fin du mois de mars. Pour Thomas Tuchel, c’est évidemment un coup dur alors que se profile le huitième de finale de Ligue des Champions face à un Manchester United revigoré par Ole Gunnar Solskjaer. Mais mine de rien, depuis le début de la saison, il a déjà été confronté à plusieurs reprises à l’absence de son numéro 10 et il s’en est sorti avec les honneurs.

Sur les 8 rencontres disputées par le PSG sans Neymar, le club en a remporté 7, pour un match nul. C’était à Strasbourg (1-1 le 5 décembre dernier). Et ce jour-là, l’équipe parisienne s’avançait dans un onze assez expérimental, en 3-5-2 avec Areola-Kehrer, Kimpembe, N’Soki – Meunier, Verratti, Rabiot, Draxler, Diaby – Choupo-Moting, Cavani. Sans Thiago Silva, Marquinhos, Di Maria ou Mbappé dans le onze de départ, cela faisait beaucoup d’habituels titulaires sur le flanc et l’absence de Neymar n’expliquera sans doute pas à elle seule la contre-performance constatée ce soir-là.

Pour dire vrai, le très probable forfait de Neymar face à Manchester United ne changera pas les plans tactiques de Tuchel. Évidemment, la star brésilienne, à l’aise cette saison et placée au coeur du jeu par l’entraîneur allemand, manquera forcément au PSG mais son absence ne suffira pas à justifier un changement de schéma. La saison passée, Unai Emery avait fait du changement poste pour poste en titularisant Di Maria sur le côté gauche de l’attaque parisienne pour accompagner Cavani et Mbappé dans le 4-3-3 lors du match retour, finalement perdu 2-1, face au Real Madrid. Cette saison au PSG, hormis un passage au 4-2-3-1 pour le placer au coeur du jeu durant quelques matches, Neymar a été replacé parfois sur son côté gauche de prédilection, où il a toujours bénéficié quand même d’une grande liberté d’action.

Tuchel ne se base pas forcément sur Neymar pour choisir un schéma tactique

Or, depuis le début de la saison, Tuchel multiplie les schémas tactiques, avec ou sans Neymar. On a vu du 4-2-3-1, du 4-3-3, du 3-5-2, du 3-4-2-1 et plus récemment une certaine fidélité au 4-4-2. C’était de nouveau le cas dimanche soir face à Rennes, avec Di Maria et Draxler pour animer les ailes, derrière le duo Cavani-Mbappé. Dani Alves et Marquinhos avaient eux la lourde tâche d’assurer la récupération au milieu de terrain mais face au bon pressing rennais, Tuchel a changé ses plans dès la fin de la première période, avec le passage au 3-5-2, Marquinhos descendant d’un cran. Puis au retour des vestiaires, le Brésilien est revenu au milieu, Dani Alves s’est décalé à droite et le onze parisien était alors ainsi organisé : Buffon – Kehrer, Thiago Silva, Kimpembe – Dani Alves, Draxler, Marquinhos, Di Maria, Bernat – Cavani, Mbappé.

L’absence de Neymar ne revêt donc pas spécialement un enjeu tactique pour Thomas Tuchel, qui, avec ou sans le Brésilien, s’adapte surtout au schéma de jeu adverse. Le vrai débat sera de savoir qui remplacera le numéro 10 dans la composition de départ, sachant que Marco Verratti devrait lui être présent à Old Trafford et qu’une recrue, au milieu de terrain, sera probablement arrivée. Julian Draxler, qui a tant dépanné dans l’axe du milieu et qui présente cette capacité à assurer la transition milieu-attaque, apparaît bien placé pour suppléer le Brésilien. Cela pourrait être donc la solution choisie par Tuchel, surtout dans un 4-4-2. Mais opposé au 4-2-3-1 de Manchester United, et dans le but de mieux contrôler Pogba, le coach allemand pourrait privilégier une formation plus défensive, un milieu renforcé (par exemple Marquinhos-Verratti et pourquoi pas Leandro Paredes). Une chose est certaine, les options tactiques sont nombreuses pour Tuchel et il ne le doit qu’à lui-même et aux nombreux schémas qu’il a instaurés depuis sa prise de fonction.