Foot Mercato : quel bilan tirez-vous après cette saison ?

Mehdi Mostefa : sur le plan personnel, ça a été une saison qui s’est bien passée. Je me suis retrouvé, j’ai fait une saison complète et j’ai aussi découvert un nouveau poste puisque j’ai occupé le poste de défenseur central. Sur le plan collectif, ça a été un peu plus compliqué. Nous sommes déçus d’avoir échoué si près du but. Pour un club comme Béziers, ce n’était pas évident. Il y a un sentiment de frustration car ça reste un échec.

FM : vous l’avez dit, vous avez découvert un nouveau poste cette saison. En quoi cela vous a changé justement ?

M.M : disons qu’avec mon vieil âge je devais évoluer, puisqu’en France on est très vieux pour les clubs à partir de trente ans (sourire). Derrière, on court moins. J’estime que c’est aussi de l’intelligence de jeu, il faut savoir se placer. Donc forcément il y a moins de courses à faire. Bien sûr, il y a des duels avec les attaquants. Mais je dois avouer que j’affectionne particulièrement ce poste. C’est pour ça que j’ai pris beaucoup de plaisir sur le terrain, surtout en deuxième partie de saison. Sur le plan personnel, tout s’est bien passé pour moi.

FM : vous n’êtes pas le premier joueur à souligner le fait qu’en France, dès qu’on passe le cap des 30 ans, on est un peu catalogué comme étant "vieux". Comment expliquez-vous cela ? Est-ce la même chose à l’étranger ?

M.M : c’est différent. Je prends mon cas pour exemple. A l’étranger, on s’intéresse beaucoup plus à moi, il y a des offres. Disons que les clubs suivent nos prestations, regardent le nombre de matches joués la saison précédente ou s’il y a eu des blessures. Ils établissent des critères que l’on peut aussi fixer pour des joueurs de 26, 27 ans. En France, on est plus regardant, je pense. Il y aura toujours le choix. Mais à choisir entre un joueur de 27 ans et un autre de 35 ans, même s’il a fait dix matches de plus la saison dernière ; ils préféreront prendre le plus jeune car il y a d’autres aspects à prendre en compte comme la revente par exemple.

FM : vous avez 35 ans et à vous écouter, vous avez visiblement toujours une forte envie de continuer à jouer au football.

M.M : je ne veux pas m’arrêter. Je reste sur ce que j’ai fait cette saison où je me suis très bien senti. On dit souvent de laisser la place aux jeunes. Oui, il n’y a pas de problème. Je suis le premier à dire ça. Le jour où je ferais une saison à dix matches, où je sentirais que physiquement je ne peux plus suivre ces joueurs-là, bien sûr que je dirais stop car j’aurais fait mon temps. Mais du moment où je me sens bien et où j’ai l’envie de continuer, je ne vois pas pourquoi arrêter. J’ai eu trop de potes qui m’ont dit qu’ils s’étaient arrêtés trop tôt. Ils me disent souvent tant que tu peux jouer joue. Donc je suis leurs conseils. Je continues à jouer...tant qu’on veut de moi bien sûr.

FM : avez-vous eu des touches pour le moment ?

M.M : j’en ai parlé avec la personne qui s’occupe de moi, les retours que j’ai sont qu’il y a des clubs intéressés. Ils ont suivi ma saison et ils ont vu comment ça s’est passé. Mais forcément, je ne suis pas le premier choix. Il faudra attendre un peu. Je suis aussi en train de réfléchir par rapport à Béziers. Je ferai le meilleur choix possible. J’ai trop connu le fait de pas participer à la préparation. À mon âge, c’est quelque chose de compliqué. Donc j’aimerais bien faire la reprise et la préparation avec mon club pour être prêt quand le championnat recommencera.

Mostefa veut continuer à jouer

FM : quels projets peuvent vous intéresser justement aujourd’hui vous qui êtes libre cet été ?

M.M : je suis en fin de contrat à Béziers. J’avais encore une année là-bas en cas de maintien (...) J’attache beaucoup d’importance au fait de rester en France. Je suis parti un an à l’étranger et au niveau familial, ce n’était pas trop ça. Je suis très famille. J’ai trois enfants, dont une petite fille qui va avoir trois ans. Ce serait bien de pouvoir rester près des miens. Un projet avec un club de Ligue 2 peut m’intéresser. Même continuer à Béziers est envisageable. Je n’aime pas l’échec donc si le club a l’ambition de remonter directement, je peux aider. Je le prends comme ça, j’ai fait redescendre un club qui était monté, donc si le projet est intéressant pourquoi pas aussi. Je suis un compétiteur donc rester en Ligue 2 me plairait aussi.

FM : avez-vous peur de ne pas être fixé rapidement sur votre avenir ?

M.M  : peur ? Non. J’estime avoir fait ce que je devais faire dans le foot à mon échelle. J’attends patiemment qu’un club, qu’un staff soit intéressé. Mais je n’ai pas peur. J’ai du mal avec le fait qu’on soit un peu sceptique au sujet des joueurs d’un certain âge. Mais je peux comprendre aussi certains clubs qui veulent faire signer en priorité des joueurs un peu plus jeunes, puis ensuite compléter leur équipe. Ça, je le comprends parfaitement. Les clubs ne vont pas tarder à reprendre.Il faut être patient. Je m’entraîne pendant mes vacances, je me maintiens en forme et ensuite on verra bien les opportunités que j’aurais. C’est Dieu qui décide.

FM : que pouvez-vous apporter à un club selon vous ?

M.M : je peux apporter mon expérience, mon vécu. J’ai joué pas mal de matches. Je peux être intéressant (par sa polyvalence) comme je l’ai fait cette année à Béziers. Ca s’est soldé par un échec donc c’est dommage. J’aime bien aussi conseiller aussi les plus jeunes ; avoir un rôle sur le terrain et aussi en dehors. Je pense que les coaches ont aussi besoin de relais parfois, car c’est parfois difficile de gérer un groupe. Comme tous les joueurs qui ont passé 32-33 ans, je peux apporter mon expérience. Pour les clubs, ça peut être un plus. Souvent ils ne s’en rendent pas compte en début de saison et puis au fur et à mesure de l’année ils se disent on aurait dû anticiper ce serait une bonne idée.

FM : ce rôle-là, c’est aussi une transition douce vers un rôle d’entraîneur. Est-ce que c’est une chose que vous envisagez une fois que vous aurez raccroché les crampons ?

M.M : il y a quelques années, je n’y pensais pas du tout. Je trouvais que les mentalités avaient un peu changé dans le football et ça ne m’intéressait pas trop. Et là, avec mon année à Béziers et les rapports que j’ai eu avec le coach Chabert, j’ai regardé un peu plus tactiquement comment ça se passait. J’attachais un petit peu plus d’importance à ça. C’est un peu la mode puisque la plupart des joueurs veulent devenir entraîneur. Donc pourquoi pas, mais je vais attendre avant tout de voir si j’ai cette fibre-là pour le faire. Tout le monde ne peut pas s’improviser coach. Oui, on a un petit avantage car on a connu des groupes professionnels, etc...Mais il faut avoir la fibre pour savoir gérer un groupe et tout le monde ne l’a pas. Etre dans un staff pour s’occuper des joueurs qui jouent un peu moins et leur mettre en place des séances pour les maintenir concernés, c’est un rôle qui pourrait m’intéresser à l’avenir.

FM : l’Algérie va bientôt débuter la coupe d’Afrique des Nations en Égypte. Quelles sont les chances de la sélection selon vous ? Quel regard portez-vous sur elle ?

M.M : J’espère qu’ils iront le plus loin possible. Ils ont les talents pour faire quelque chose. Après, est-ce que le talent va suffire ? Je ne sais pas car en Afrique c’est très compliqué ; vous tomber sur des équipes qui sont plus fortes physiquement. Mais il ya tellement de talent en Algérie que ça fera peut-être la différence. En tout cas, je le souhaite vraiment. Je serai le premier supporter de l’Algérie bien évidemment. Le nouveau sélectionneur (Djamel Belmadi) apporte un plus. Si l’Algérie commence bien, s’ils prennent confiance, je pense qu’ils peuvent aller très loin.

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