Foot Mercato : vous avez été convoqué en équipe de France U20. Que représente la sélection à vos yeux ?

Sofiane Diop : c’est une fierté et un honneur de représenter l’équipe de France. Je suis content de retrouver les coéquipiers. J’arrive avec de l’ambition. Je veux être performant pour y retourner le plus souvent possible.

FM : vous évoluez sous les ordres de Bernard Diomède. Quels sont vos rapports avec lui ?

S.D : je savais qu’il était champion du monde, mais je ne le connaissais pas personnellement. On va apprendre à se connaître durant le rassemblement, c’est fait pour ça. On a un peu échangé depuis mon arrivée, mais rien de très concret. Il m’a demandé si j’étais content de venir, je lui ai répondu : "bien sûr". Il m’a dit qu’il était très content de m’avoir.

FM : si tout se passe bien pour vous, la prochaine étape sera de rejoindre les Espoirs. J’imagine que c’est dans un coin de votre tête...

S.D : oui, bien sûr. Mais on en est encore loin. Il faut travailler et on verra ce qu’il se passera. Il faut garder une certaine régularité pour continuer à être appelé en sélection. On va tout faire pour.

FM : vous avez rejoint le FC Sochaux-Montbéliard il y a quelques semaines. Pourquoi ce choix ? Était-ce la meilleure solution ?

S.D : la direction du club s’est rapprochée de mon entourage et de mes agents. Mais avant tout, j’ai eu le coach au téléphone. Son discours m’a tout de suite plu. Je n’ai pas hésité. Je me suis dit que ça pouvait être un bon moyen de rebondir. Je suis très content d’avoir signé là-bas. L’équipe a le potentiel pour réaliser de grandes choses. On peut le voir, on est bien parti pour le moment. Il faut continuer ainsi, prendre les matches les uns après les autres (...) Je pense que j’ai fait le meilleur choix possible en signant à Sochaux, puisque j’ai du temps de jeu. Quand on est jeune, le plus important est d’en avoir justement.

FM : quelques clubs de L1, dont Angers, étaient intéressés par votre profil. Mais vous avez opté pour Sochaux, qui évolue en L2. Cela ne vous a pas dérangé de descendre d’un niveau ? Sentez-vous que vous devez en faire plus qu’à Monaco ?

S.D : il faut mettre sa fierté de côté. Je me dis que c’est un club professionnel, c’est un point à ne pas négliger. Je suis allé là-bas pour performer. Je ne vais pas me dire que je vais en faire moins parce que c’est un club de Ligue 2. Non, ça donne une force supplémentaire de montrer qu’on était en haut (en L1) et qu’à présent on veut y retourner (...) Je joue tous les matches, que ce soit de la L1, de la L2, de la Ligue des Champions ou je ne sais quelle compétition, de la même façon. Il n’y a pas de pression à avoir. Mais il y a forcément beaucoup plus d’attente autour de moi, vis-à-vis du club, des supporters, des coéquipiers.

FM : comment vos premiers pas là-bas se passent-ils ?

S.D : tout se passe super bien. Je suis agréablement surpris de l’accueil que l’on m’a fait. Les supporters, le club, mes coéquipiers, le staff : tout le monde m’a bien reçu.

FM : quelles sont vos ambitions avec ce club qui sort d’une saison difficile ?

S.D : personnellement, je veux faire de bons matches. Le groupe prend les matches les uns après les autres. On ne se dit pas qu’on a les épaules pour aller jouer la montée. Nous, on prend les matches un par un. C’est l’une de nos forces. On joue sans pression.

FM : dans une interview accordée à Onze Mondial, vous aviez expliqué accorder beaucoup d’importance aux statistiques. Est-ce un point que vous devez encore améliorer ?

S.D : c’est le gros point que je dois améliorer. Je dois être encore plus décisif. Je fais de bons matches. Mais pour faire de très bons matches, il faut avoir les statistiques à côté. C’est sur ça que je dois progresser.

FM : vous avez connu la L1 et vous découvrez la Ligue 2 à présent. Avez-vous été surpris par le niveau ?

S.D : non, je n’ai pas été surpris. Peut-être que je m’attendais à beaucoup plus de contacts par rapport à ce qu’on m’avait dit. Pour moi, c’est similaire à la Ligue 1 sauf qu’il y a un niveau technique qui est peut-être légèrement en dessous. Mais sinon, il y a des joueurs expérimentés qui sont passés par la Ligue 1. Le niveau ne m’a pas surpris.

Retrouver à l’AS Monaco la saison prochaine

FM : avez-vous des nouvelles de l’AS Monaco ?

S.D : je sais que l’an dernier, le staff des pros suivait les performances des joueurs en prêt, donc je pense que ça n’a pas dû changer. Moi, je regarde beaucoup leurs résultats parce que c’est quand même mon club. Je regarde presque tous les matches qu’ils font. Je communique encore avec certaines personnes au club.

FM : comment s’est passé votre départ cet été ?

S.D : Leonardo Jardim m’a clairement dit les choses. Il m’a expliqué que ça allait être compliqué pour moi cette année. Je l’en remercie. Il a été très honnête avec moi. Le coach Jardim m’a dit qu’il aura besoin de moi l’année prochaine, qu’il comptait beaucoup sur moi pour performer et être l’un des meilleurs joueurs de Ligue 2 cette année. Ça veut tout dire. Je l’ai super bien pris. Je le remercie encore d’avoir été franc avec moi.

FM : une année après votre arrivée sur le Rocher, imaginiez-vous partir aussi rapidement ?

S.D : bien sûr que non. Je n’avais pas prévu de quitter Monaco aussi vite. Je n’avais pas prévu non plus de jouer autant. Je n’avais rien prévu. Ce sont les aléas du foot, c’est comme ça. Je ne suis pas déçu. Je suis exigeant envers moi-même. Je me dis que ce n’est pas le fruit du hasard. Je pense que si j’avais fait d’autres performances, je n’en serais pas là. Il faut l’accepter et rebondir.

FM : l’an dernier, Monaco a vécu une saison difficile. Est-ce que cela vous a fait grandir encore plus vite ?

S.D  : c’était une saison difficile mais riche en apprentissages. Je sortais de Rennes où j’avais fait zéro match avec les pros, voire même aucun entraînement. J’ai tout de suite été mis dans le grand bain à Monaco avec beaucoup matches joués dans différentes compétitions. J’en suis ressorti grandi. J’ai pu évoluer aux côtés de joueurs comme Cesc Fabregas, Radamel Falcao, etc...Ils étaient toujours là à communiquer, à me donner des conseils. Ils donnaient des directives en match, des conseils tactiques, etc..C’étaient de bons conseils. J’ai vu ça comme une année d’apprentissage.

FM : vous avez évolué sous les ordres de Thierry Henry et Leonardo Jardim. Quelles étaient vos relations ?

S.D  : j’ai eu de très bonnes relations avec les deux. Avec Thierry Henry, ça s’est très bien passé, comme avec Leonardo Jardim. Je pense qu’avec Henry, l’ADN, les caractéristiques, tout ce qu’il a voulu faire passer, ça a été mieux perçu par les francophones. On connaît Thierry Henry pour ce qu’il est, pour tout ce qu’il a fait. Ça a été une bonne expérience. J’espère qu’on pourra de nouveau travailler ensemble. Tout ce qu’on a pu entendre dans la presse, sur le fait qu’il s’exprimait mal auprès des joueurs, c’est totalement faux. Il a toujours été positif avec tout le monde. Il était très exigeant parce qu’il voulait notre bien, qu’on progresse. C’est pour ça qu’il était exigeant (...) Je ne lui envoie pas des messages tout le temps. Mais il nous arrive d’échanger des messages de temps en temps. J’espère pour lui qu’il reprendra du service car je sais qu’il aspire à être au plus haut niveau. Je ne me fais pas de souci pour lui, il va rebondir (entretien réalisé mardi, Henry vient d’être nommé à l’Impact Montréal, ndlr). Concernant Leonardo Jardim, je serai toujours reconnaissant envers lui car il m’a lancé en Ligue 1. Il a souvent les mots justes pour motiver son équipe. Il a su aussi nous protéger quand on était au plus bas. C’était le premier à nous protéger. Quand il y a eu des critiques contre les cadres ou des jeunes, il était là.

FM : vous avez été propulsé sur le devant de la scène l’an dernier alors que Monaco était en crise. Vous ressortiez souvent du lot. Comment avez-vous vécu cela ?

S.D : j’y suis allé sur la pointe des pieds. Je suis ressorti grandi de cette expérience. J’ai beaucoup appris au très haut niveau, avec les joueurs qu’on a affrontés. Je me concentrais sur le collectif. Mes performances étaient bonnes, mais ce n’était pas le plus important. Quand je faisais de bons voire de très bons matches, si on ne gagnait pas, pour moi ça n’apportait rien.

FM : vous êtes monté très vite très haut avant d’être moins sollicité sur la fin de saison. Était-ce difficile, surtout après avoir goûté à la L1 et la Champions League ?

S.D : c’est sûr que ça a été dur au départ. Mais il faut s’y faire. Il faut prendre son mal en patience, continuer à travailler. Il n’y a que le travail qui paye. Le coach fait des choix et il faut les respecter, lui montrer qu’il s’est trompé.

FM : Han-Noah Massengo, Wilson Isidor, etc... comment expliquez-vous l’exode important chez les jeunes de l’ASM l’été dernier ?

S.D : franchement, je ne saurais pas l’expliquer. Ce sont des choix que je ne maîtrise pas.

Houssem Aouar, un joueur qui l’inspire

FM : vous êtes prêté, comment voyez-vous l’avenir ? avez-vous un plan de carrière établi ?

S.D : je n’ai pas de plan de carrière. Pour le moment, je suis à Sochaux. Je fais mon année, j’essaye d’être le plus performant possible. Ensuite, on verra. Je ne réfléchis pas du tout à ce qu’il peut se passer dans les prochains mois.

FM : quel regard portez-vous sur la saison de Monaco ?

S.D : je regarde les matches comme vous. Je sens qu’il y a un très gros potentiel. Maintenant, ils doivent enchaîner, gagner plusieurs matches. Je pense que d’ici peu ils retrouveront les premières places. Je ne me fais pas de souci pour eux. Ce n’est qu’une question de temps. Il y a un très bon groupe.

FM : j’imagine que jouer avec ce groupe où on retrouve des éléments comme Ben Yedder ou Slimani vous donne très envie...

S.D : bien sûr ! Je suis parti. À moi de bosser pour y retourner.

FM : vous avez déclaré que vous suivez Monaco. Mais suivez-vous la L1 ou d’autres championnats ? y a-t-il un championnat où vous aimeriez jouer un jour un peu plus tard dans votre carrière ?

S.D : je regarde de tout. Je suis un passionné de foot. Je regarde ce qui se fait de mieux en Europe. La Ligue 1, la Ligue 2, les championnats européens (...) moi, j’ai plus une préférence pour l’Espagne et l’Allemagne. Ce sont des championnats qui me correspondent, à mon sens. Ils m’attirent beaucoup.

FM : quel est votre modèle ou le joueur qui vous inspire ? Quelles qualités lui piqueriez-vous ?

S.D : je n’ai pas forcément de modèle. Il y a Lionel Messi, mais c’est la référence de tout le monde. Je regarde beaucoup les matches d’Houssem (Aouar) car il est à mon poste. C’est un jeune du centre qui a gravi les échelons assez vite. Dans son registre, j’aime bien ce qu’il fait. J’essaye de m’en inspirer un peu (...) Je lui prendrais sa qualité de passe, de percussion, de contre-pied. Ce sont des choses qu’il maîtrise parfaitement.

FM : vous aussi vous avez de nombreux points forts. Quels sont-ils selon vous ? Sur quels points pensez-vous devoir encore travailler ?

S.D : je dois encore beaucoup bosser athlétiquement. Il y a toujours ce problème d’être décisif, d’avoir des stats. Ça me tient à cœur. Ensuite, concernant mes qualités, il y a le dribble, la vision du jeu, le contre-pied...toutes ces choses.

FM : quel bilan faites-vous de votre parcours jusqu’à présent ?

S.D  : pour l’instant, c’est bien. On peut toujours mieux faire.

FM : vous êtes passé par Rennes, où on voit plusieurs jeunes en train d’émerger. Avez-vous des regrets ?

S.D : je ne regrette rien. Tant mieux pour eux si de leur côté ça se passe bien. Je suis toujours attentif à ce qu’ils font. J’ai grandi avec eux au centre, ce sont des amis. Rennes a un bon centre de formation et il s’appuie dessus, c’est leur force.

FM : on connaît Sofiane Diop le footballeur, mais moins la personne que vous êtes en dehors. Quels sont vos traits de personnalité ?

S.D  : je suis quelqu’un de joyeux, qui aime bien rigoler. J’ai plusieurs occupations. Je regarde des séries, j’écoute de la musique, je joue à la Play Station, je me consacre à ma famille. Je suis encore un jeune homme et j’ai encore plein de choses à apprendre.

FM : quelle est la place de votre famille dans votre parcours ?

S.D : j’ai mon petit-frère qui joue et qui vient d’entrer au centre à Monaco. J’en ai un autre, mais il est encore petit. Mes parents sont très attentifs à ce que je fais. J’ai de la chance car ils se sont toujours consacrés au foot et ils m’ont toujours aidé dans mes projets. Concernant mes frères, ils voient que je suis dans le monde professionnel donc ils ont envie de faire la même chose. Je suis leur exemple. Ils veulent faire du foot au haut niveau donc je me dois d’être irréprochable sur et en dehors du terrain.

FM : vos parents vous ont aussi poussé au niveau scolaire...

S.D : oui, bien évidemment. J’ai eu mon bac (STMG), c’était très important pour mes parents et ma famille. Ensuite, il fallait choisir. Je voulais continuer pleinement mon projet et me plonger dedans.