Liga

Flop à 40M€ à 18 ans devenu révélation de Liga, la renaissance inattendue de Fabio Silva !

Recruté au FC Porto à seulement 18 ans contre un chèque de 40 millions d’euros, Fabio Silva a connu un début de carrière assez chaotique. Avec cette étiquette de pépite et ce prix de transfert à assumer, l’attaquant portugais a alterné le chaud et et le froid en multipliant les prêts. Désormais du côté de Las Palmas, il est en train d’exploser en Liga.

Par Aurélien Macedo
5 min.

Club stable de Premier League depuis la saison 2018/2019, Wolverhampton s’est construit autour notamment du portefeuille de Jorge Mendes. L’influent agent portugais n’a eu de cesse de placer ses poulains au sein du club anglais que ce soit des joueurs ou bien des entraîneurs. Une méthode qui a servi sportivement les Wolves mais qui a aussi eu certaines limites. L’une d’elles se nomme Fabio Silva et elle représente l’une des plus grosses erreurs de la Wolverhampton sur les dernières années. Alors jeune talent portugais du FC Porto, l’attaquant qui avait seulement 18 ans venait de gagner le championnat portugais un an après avoir remporté la Youth League avec les Dragons (5 buts et 4 passes décisives en 9 matches). De belles promesses, mais peu de certitudes pour un joueur qui avait disputé seulement 21 matches en équipes premières pour 3 buts et 2 offrandes. Pourtant cela ne refroidissait pas Wolverhampton qui misait 40 millions d’euros pour se l’offrir.

La suite après cette publicité

Sur les traces d’une autre pépite du FC Porto, Ruben Neves, qui brillait alors avec les Wolves, Fabio Silva avait également le surnom de "nouveau Cristiano Ronaldo" depuis ses 15 ans. Une comparaison sur laquelle il était revenu avec fierté lors d’un entretien avec Sport Bible : «c’est quelque chose qui me remplit de fierté. Être comparé au joueur que j’admire le plus dans le football mondial me donne plus de motivation pour continuer à travailler et à m’améliorer. Pour moi, Ronaldo est le meilleur de l’histoire du football, donc être comparé à un joueur aussi légendaire. C’est une sensation incroyable.» Pourtant du côté de Wolverhampton, son aventure ne s’est pas passée comme prévu. Disputant seulement 72 matches pour un rendement décevant de 5 buts et 6 offrandes, l’attaquant n’arrivait pas à se défaire de la concurrence de Raul Jiménez et de Hwang-Hee Chan. Bloqué au sein du club anglais, il a alors démarré une série de prêts.

De catastrophe industrielle à la sélection portugaise

Tout d’abord à Anderlecht où ses premiers pas étaient teintés d’optimisme. Alors auteur de 11 buts (4 passes décisives) en 32 rencontres, il réalisait des prestations encourageantes qui arrivaient rapidement jusqu’à Bruno Lage, le coach des Wolves : «j’espère qu’il pourra grandir et devenir important pour nous la saison prochaine […] J’espère qu’il prendra le même chemin que Morgan Gibbs-White. Nous l’avons prêté à Swansea pour six mois, puis à Sheffield United pour une saison. Aujourd’hui, à 22 ans, c’est un top joueur. L’année dernière, il n’a pas marqué un seul but, maintenant, il en a marqué quatre (onze désormais, ndlr). Il s’agit de trouver le meilleur environnement pour continuer à grandir, être heureux et marquer des buts. Parfois, un environnement différent peut aider. Fabio est parti, mais a prolongé son contrat. Il est toujours notre joueur et nous en sommes heureux.» Malheureusement le changement d’entraîneur au sein des Mauves a perturbé son prêt. Brouillé avec le nouveau coach Brian Riemer, il demandera la fin de son prêt et ira au PSV Eindhoven. Une expérience mitigée (5 buts et 2 offrandes en 19 matches) où il n’arrivait pas à s’exprimer derrière Luuk de Jong. Revenu ensuite à Wolverhampton où il était derrière Matheus Cunha dans la hiérarchie, Fabio Silva faisait un nouveau passage décevant au sein de son club (10 matches, 1 but).

La suite après cette publicité

Les Wolves optaient alors pour un nouveau prêt aux Glasgow Rangers, mais cela n’a pas fonctionné non plus avec 6 buts en 25 matches. Face à cet enchaînement d’expériences ratées ou au mieux mitigées, Fabio Silva a donc pris le chemin de l’Espagne cet été pour rejoindre Las Palmas. Un quatrième prêt pour le joueur de 22 ans, mais cette fois-ci c’est différent. Au sein de la formation des Canaries, il y a découvert beaucoup de confiance et s’épanouit parfaitement dans un environnement agréable. «J’ai joué dans de nombreuses équipes, mais c’est la Ligue que j’aime le plus. La culture, mon espagnol n’est pas mauvais… Je regarde toujours les matchs et j’aime notre façon de jouer parce que j’aime avoir le ballon, jouer davantage au football en équipe. Ici, nous avons ces qualités pour jouer comme ça, avoir le ballon, j’aime vraiment être ici, j’apprécie vraiment. Quand on se sent bien dans le club, avec les gens, avec le staff… Je suis très heureux depuis mon arrivée. Les gens me donnent de l’amour tous les jours et, sur le terrain, c’est facile avec la qualité que nous avons dans l’équipe. J’aime vraiment jouer ici. Ensuite, au niveau individuel, les choses viennent naturellement», a-t-il confié récemment en conférence de presse.

Auteur de 5 buts et de 2 offrandes en 12 matches, il a aidé Las Palmas à s’extraire de la zone rouge pour désormais occuper la 14e place au classement. De quoi même convaincre le sélectionneur portugais de l’appeler pour la première fois en sélection en novembre dernier. Il avait ainsi disputé 19 minutes contre la Croatie (1-1). «Nous avons suivi Fábio Silva pendant de nombreux mois, car c’est un joueur qui a beaucoup de bons mouvements, qui a la capacité d’ouvrir des espaces, de jouer dans la profondeur. Aller dans un nouveau club lui a donné plus d’impact dans la surface, ses statistiques se sont beaucoup améliorées. C’est un joueur différent, il n’y a pas de Fábio Silva dans l’équipe nationale pour le moment. Il a travaillé dur et mérite d’être à ce niveau maintenant», justifiait alors le sélectionneur portugais Roberto Martinez dans O Jogo. Une belle revanche pour Fabio Silva qui doit désormais continuer sur sa lancée et prouver sur la durée. En tout cas le principal intéressé veut s’appuyer sur ce qu’il se passe à Las Palmas pour définitivement oublier son flop du côté de Wolverhampton : «je veux profiter ici. Si je fais bien les choses, l’avenir sera bon, donc tout doit se passer ainsi». C’est tout ce qu’on lui souhaite.

La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Copié dans le presse-papier