Ligue des Champions

PSG-Arsenal : les notes du match

Bousculés d’entrée par des Gunners bien décidés à renverser la situation, les Parisiens ont souffert mais su prendre les devants au tableau d’affichage, en se créant finalement de nombreuses occasions. Rien n’aura été facile, mais portés de nouveau par un grand Donnarumma, et les prestations XXL de Fabian Ruiz et João Neves, ils ont validé leur ticket pour la finale de la Ligue des Champions.

Par La Rédaction FM
14 min.
Fabian Ruiz célèbre son but @Maxppp

Le PSG avait rendez-vous avec son histoire. Après son succès lors de la demi-finale aller à Londres (1-0), le champion de France avait besoin de confirmer ce soir dans un Parc des Princes acquis à sa cause, et rejoindre l’Inter. Malgré la confiance affichée par les performances des quatre derniers mois et le succès acquis à l’Emirates, le chemin était encore semé d’embûches avant de disputer cette finale tant espérée. Et puis le PSG s’est trop habitué à se saborder dans les matchs clés. Cette méfiance se décuplait aussi par l’absence d’Ousmane Dembélé dans le onze de départ. Le buteur de la semaine précédente souffrait encore trop de la cuisse pour débuter et laisser sa place en attaque à Barcola, Kvaratskhelia et Doué.

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Arsenal lui retrouvait Thomas Partey au milieu de terrain et ça se voyait tout de suite. Le Ghanéen parvenait à mieux équilibrer l’entrejeu de son équipe et faisait très mal sur ses longues touches où le jeu aérien des Parisiens éprouvait, comme souvent, les pires difficultés. Il a d’ailleurs trouvé Martinelli qui mettait Donnarumma à contribution dès la 4e minute. L’Italien effectuait même une immense parade sur un tir d’Odegaard à la suite d’une nouvelle touche (8e). Précédemment, c’est Rice qui n’avait pas réussi à cadrer sa tête en prenant le meilleur sur Marquinhos (3e). Le PSG suffoquait dans ces premiers instants et ne devait son oxygène que pour son respirateur artificiel qui officiait dans son but.

Le PSG a résisté…

Ce peu d’air insufflé maintenait l’équipe en vie, jusqu’à la réanimer totalement. Luis Enrique s’agaçait sur le banc mais, la tempête du premier quart d’heure passée offrait du répit et même bien plus. Il y avait ce contre mené par Doué, qui décalait Kvara sur la gauche. La frappe du Géorgien s’écrasait sur le poteau (17e). La prochaine fut la bonne, bien aidée par ce ballon mal renvoyé par Partey sur ce coup-franc de Vitinha. Ruiz se saisissait de l’opportunité pour envoyer sa lourde frappe du gauche au fond des filets (1-0, 27e). Le PSG avait fait le plus dur en se mettant à l’abri avec cet avantage, un peu contre le cours du jeu, pour mieux évoluer en contre. Malheureusement, les Parisiens n’arrivaient pas à en profiter malgré les opportunités.

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Une première fois, Kvaratskhelia et Barcola partaient au but mais le Français ne parvenait pas à convertir après la passe mal ajustée du Géorgien (30e). Sur une seconde, l’ancien Lyonnais servait Doué un peu tôt, qui se heurtait à Raya lui aussi (44e). La configuration ne changeait pas en seconde période où ni Doué (54e), ni Barcola (63e) n’allaient au bout. Donnarumma s’envolait encore une fois pour préserver ce maigre avantage (64e), alors que la VAR donnait un penalty que ne transformait pas Vitinha face à un Raya parti du bon côté (69e). Pas de quoi refroidir le Parc non plus puisque dans la foulée, Kvara s’échappait sur la gauche et proposait à Dembélé, à peine entré, finalement devancé par Hakimi, qui faisait le break d’un enroulé (2-0, 72e).

Le Parc heureux et soulagé

Cette fois, ça sentait bon pour le PSG. Même Doué s’habillait d’un léger sourire à sa sortie du terrain mais le club parisien ne sait pas s’offrir des fins de matchs apaisantes en Ligue des Champions. Et comme souvent c’est sur une action improbable que le flottement revenait sur la pelouse. Marquinhos se faisait bouger par l’entrant Trossard et permettait à Saka de relancer les Gunners devant Lucas Hernandez et Donnarumma (2-1, 76e). Pas de stupeur mais des tremblements, surtout avec cette énorme occasion que Saka ne convertissait pas (80e). Le PSG résistait aux derniers assauts (86e, 90e+1, 90e+4) et se procurait même des dernières situations (81e, 82e) avant de voir l’arbitre siffler la fin de la rencontre sous les ovations du public. Le PSG ira à Munich le 31 mai prochain en finale de la Ligue des Champions.

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L’homme du match : Fabian Ruiz (8) : qu’il semble loin le temps où l’Espagnol agaçait tout le monde ou presque. Aujourd’hui, personne ne le trouve lent et emprunté, et tout le monde loue son rôle dans le milieu parisien. Ce soir, il a soulagé tout un stade en envoyant un missile au fond des filets, au terme d’un bel enchaînement technique. Une très belle passe en profondeur pour Kvaratskhelia qui aurait mérité un meilleur sort. Et globalement, une activité incessante assortie d’une propreté technique indéniable, dans la lignée de ses dernières performances en Ligue des Champions. Déjà excellent à l’aller, il a été impérial au retour.

PSG

- Donnarumma (8) : pour aller loin en Ligue des Champions, il faut un grand gardien, un constat que le Barça a appris à ses dépens hier soir. Grand, Donnarumma l’a de nouveau été ce soir, en permettant à son équipe de se sortir d’un premier quart d’heure infernal sans encaisser de but. Un arrêt réflexe devant Rice et une parade phénoménale sur une frappe puissante d’Odegaard ont sauvé les siens et seront à rajouter dans sa compilation d’arrêts décisifs depuis les 8es de finale. Rebelote en deuxième période avec une belle envolée sur une frappe enroulée de Saka.

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- Hakimi (7) : un match solide de la part du Marocain, même si Martinelli l’a fait suer en première période sur quelques doubles contacts bien sentis. Oui, il a souffert, mais il n’a jamais lâché, restant concentré et appliqué défensivement. Quelques déboulés sur son aile droite, pas toujours bien terminés, mais bien dosés. Et puis, une inspiration géniale, après une remise de Dembélé dans la surface, avec une frappe enroulée magique pour offrir le deuxième but à son équipe. Une fin de match où il était totalement libéré.

- Marquinhos (4,5) : un début de match compliqué, où il a semblé à la limite de la rupture sur plusieurs interventions, comme si l’on vivait un dernier quart d’heure irrespirable. C’étaient pourtant les premières minutes. Il a peu à peu retrouvé de la sérénité, et a imposé son jeu de tête sur quelques situations chaudes. C’est surtout sa qualité de relance, sur du jeu long, qui a été remarquable. Malheureusement, il a encore fait preuve de fébrilité, en cédant physiquement sur une charge de Trossard, à la limite de la faute. Solide en fin de rencontre à nouveau.

- Pacho (6) : pas toujours récompensé sur ses jaillissements, il a mis tout son impact dans les duels, et a su dégager quand il le fallait, sans s’embarrasser. Son amour du contact et son gabarit en font un élément indispensable à la charnière parisienne, comme un parfait complément de Marquinhos.

- Nuno Mendes (5) : trois relances ignobles pour lancer son match, et un avertissement dès la 18e minute. C’est peu dire que le latéral portugais a fait peur aux supporters parisiens. Surtout que Saka n’a cessé de provoquer sur son côté, le forçant à défendre en reculant, alors que le Portugais n’est jamais aussi bon que lorsqu’il avance vers son adversaire. Il s’est repris au fil de la rencontre, terminant un cran plus haut suite à l’entrée de Lucas Hernandez.

- João Neves (8) : il est peut-être l’un des joueurs les plus petits à gagner le plus de duels aériens en Europe. Une certitude, le milieu de poche n’a pas peur du duel aérien et il y va gaiement. Il s’était d’ailleurs fait avertir à l’aller sur un coude mal placé dans les airs. Très présent au duel mais aussi à la retombée des ballons, il a permis au PSG, par son activité, de sortir la tête de l’eau. Il n’a jamais arrêté, comme à son habitude. Pressing permanent, attitude combative, et plein de malice. Impressionnant.

- Vitinha (4) : un cran en-dessous ce soir, après avoir été bon à l’aller. On a retrouvé le Vitinha un poil trop nonchalant, que l’on avait vu au retour face à Aston Villa. Trop de touches de balle (son péché mignon), trop tranquille presque, et surtout pas inspiré dans son pressing, ce qui lui a valu d’être trop facilement éliminé sur les séquences de possession des Gunners et de moins bien protéger sa défense. Pour parachever cette mauvaise prestation, il rate le penalty du 2-0, en tirant trop mollement, alors que Raya avait su partir du bon côté.

- Fabián Ruiz (8) : lire ci-dessus.

- Barcola (4) : c’est lui qui a numériquement remplacé Dembélé ce soir, mais il s’est positionné dans le couloir droit. Irréprochable sur le replacement et l’aide défensive, il n’a par contre pas été inspiré avec le ballon. Oublié par Doué sur un contre, il a eu la chance d’alourdir le score après un service, un poil long, de Kvara mais on a senti sur son enchaînement crochet-frappe le manque de confiance qui l’escorte actuellement en Ligue des Champions. Remplacé à la 70e par Ousmane Dembélé, qui a vite été décisif en décalant Hakimi au cœur de la surface pour le deuxième but. Auteur aussi d’une frappe cadrée, et plus globalement d’une entrée convaincante.

- Doué (5) : positionné dans l’axe, il a réveillé son équipe, bousculée dans les grandes largeurs en début de match, en s’offrant une grande chevauchée au cœur du jeu. Cela a lancé le match des offensifs parisiens, et le sien, qui a souffert de ce problème récurrent dans son jeu : il ne fait pas toujours le bon choix. Barcola attendait par exemple qu’il lui rende le ballon au lieu de le voir tirer. Kvara aurait aimé qu’il lui glisse à gauche sur un contre (il lui donnera l’action suivante, pour que le Géorgien envoie une frappe sur le poteau). Doué alterne solutions individuelles et collectives, mais il se trompe parfois de sens. Cela n’enlève rien à son talent balle au pied, qui permet souvent à ses coéquipiers de souffler. Remplacé par Lucas Hernandez (74e), qui s’est placé au poste de latéral gauche et vite en difficulté dans l’impact.

- Kvaratskhelia (7) : l’arrivée du Géorgien au mois de janvier risque de vite devenir le meilleur transfert hivernal de l’histoire du club parisien, tant il apporte, match après match. Il représente un danger constant pour le latéral droit adverse, défend comme un acharné, enroule des amours de frappe. Cette fois, c’est le poteau qui a repoussé sa tentative en première période. Mais il est tellement important même lorsqu’il n’est pas décisif qu’on se demande comment le PSG faisait avant, sans lui.

Arsenal

- Raya (5,5) : on ressortira du match de Raya qu’il a maintenu l’espoir pour les Gunners en repoussant le penalty de Vitinha (69e). Sauvé par le poteau sur une frappe enveloppée de Kvara (16e), il est attentif sur une tentative écrasée de Doué (23e), et ne peut pas grand-chose sur la frappe déviée de Fabian Ruiz qui vient mourir au ras de son poteau. En seconde période, il se fait également remarquer pour une envolée sur un coup franc lointain d’Hakimi (83e).

- Timber (4) : si Vinicius n’a pas été un problème pendant 180 minutes, Kvaratskhelia était probablement la kryptonite de Jurrien Timber. Le Néerlandais laisse un peu trop de champ au Géorgien sur une frappe qui touche le montant (16e), et s’est trop souvent oublié en défense. En même temps, c’est au poste d’ailier qu’on l’a le plus souvent vu, dédoublant plus qu’à l’accoutumée dans le dos de Bukayo Saka. Malheureusement, ce fut sans réussite à chaque fois. Remplacé par Ben White (83e).

- Saliba (5) : William Saliba a rendu une copie pour le moins paradoxale. Dans l’ensemble, le Bondynois a été plutôt dominateur dans ses duels au sol, mais dévie malheureusement la frappe de Fabian Ruiz sur le but parisien (27e), trompant un Raya qui n’a rien pu faire. Mais avec le ballon, Saliba a été assez hésitant, et peu à l’aise techniquement, passant proche de perdre un ballon qui aurait pu envoyer Doué au but (71e). Loin d’être le plus mauvais, mais pas rassurant pour autant.

- Kiwior (4,5) : plus sobre que son compère de la défense centrale positivement comme négativement. Dit comme ça, on pourrait penser que le match de Jakub Kiwior était correct, mais vu sous un autre angle, le Polonais n’a jamais réussi à faire la différence face aux accélérations de Barcola dans le dos d’un Lewis Skelly aux abois. En fin de rencontre, il est souvent monté pour apporter le surnombre, mais a été battu dans le duel physique par la défense parisienne.

- Lewis-Skelly (3) : la marche était peut-être un peu haute pour MLS. Plutôt imprécis sur ses centres même quand il a du champ, il avait pourtant entamé son match par deux interventions défensives majeures pour laisser Paris dans son camp. Il est cependant auteur de deux pertes de balle cataclysmiques qui auraient pu donner un but à Paris (30e, 40e). Averti pour une faute grossière sur Bradley Barcola qui filait dans le dos de la défense (56e). Le jeune anglais est le triste auteur d’une main dans la surface, qui a offert le penalty du break à Paris (67e). Remplacé par Riccardo Calafiori (69e).

- Odegaard (4) : attendu comme le leader technique du milieu de terrain des Londoniens, l’international norvégien aura marqué son match par une perte de balle évitable qui a entraîné le second but du PSG (72e). C’est dire si la prestation d’Odegaard n’a été que déception, malgré une bonne entame ponctuée d’une frappe sèche claquée admirablement par Donnarumma (8e). Étouffé par Fabian Ruiz à chaque fois qu’il osait effleurer le ballon, il n’a jamais pu mettre Arsenal dans l’avancée, et est l’un des symboles de l’échec des Gunners sur cette double confrontation.

- Partey (4,5) : suspendu au match aller, l’absence de Thomas Partey avait pesé dans le résultat de la rencontre à L’Emirates Stadium. Dès le début de la soirée, ses longues touches ont posé de vrais problèmes à Paris, et son intensité au milieu de terrain a permis de garder le PSG dans son camp pendant une bonne partie du premier acte. Assailli par les vagues du milieu parisien, il a tenté de se dédoubler pour ralentir les contres, trop souvent sans réussite. Malheureusement, il est beaucoup trop mou sur un ballon à l’entrée de sa surface, offrant le but du break à Hakimi (72e).

- Rice (4,5) : on a très vite pensé voir le Rice du match aller contre le Real Madrid, dominateur dans l’entre jeu, bien lancé par une tête qui passe quelques centimètres à côté (2e). Mais s’il a été l’auteur d’un retour héroïque devant Bradley Barcola (30e), sa rencontre a été difficile, l’Anglais ayant du mal à contenir les innombrables courses de João Neves dans son dos.

- Saka (6) : encore une fois, Bukayo Saka a semblé trop seul sur le plan offensif à Arsenal. Le jeune ailier a beaucoup provoqué, beaucoup centré, sans trouver de cible, comme sur ce ballon qui fuse devant Merino (43e). S’il bute sur le portier italien sur un retour intérieur bien senti (63e), il est récompensé après un centre de Trossard dévié par la défense parisienne, sur lequel Saka élimine Donnarumma (77e). Il passe même proche d’égaliser, ratant complètement le but vide après une sortie ratée du gardien parisien (80e).

- Martinelli (4) : comme au match aller, Gabriel Martinelli a montré d’immenses failles offensives face à un Achraf Hakimi pourtant pas réputé pour être imperméable. Si sa reprise est stoppée à bout portant par Gigio (4e), et qu’il a su éliminer à quelques reprises le marocain dans l’entame, il se fait enrhumer par le contrôle de la poitrine de Fabian (27e). Remplacé par Leandro Trossard (69e), auteur d’une bonne entrée, et à la création du but de Bukayo Saka (77e).

- Merino (4) : aujourd’hui, on a vu les limites de Mikel Merino à la pointe de l’attaque d’un demi-finaliste de Ligue des Champions. D’abord auteur d’une reprise difficile et non cadrée sur une remise de Rice (33e), il a perdu quelques ballons dommageables en début de seconde mi-temps, l’Espagnol ayant beaucoup de mal à se placer pour se dégager de la pression de Marquinhos et Pacho.

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