Transferts avortés : le pire cauchemar des joueurs et leur entourage

Ce mercato estival a encore livré son lot de déceptions pour certains joueurs en France mais aussi à l'étranger. Comment les intéressés se relèvent-ils de cette situation particulière ? Comment leurs entourages interviennent-ils pour les remettre dans le droit chemin ? Focus sur cette partie invisible qui doit être appréhendée du mieux possible par les différents protagonistes.

Neymar, Emre Can et Rémi Oudin ont tous vu leur transfert avorter cet été
Neymar, Emre Can et Rémi Oudin ont tous vu leur transfert avorter cet été ©Maxppp

Neymar, Emre Can, Gareth Bale, Rémi Oudin, Adama Soumaoro, ou encore Idrissa Gueye en janvier dernier... L'univers du mercato demeure parfois impitoyable. Certains joueurs ont ainsi vu leur rêve d'ailleurs brisé. Un dénouement malheureux qui a parfois provoqué des dommages collatéraux chez ces compétiteurs, persuadés que leur avenir passait par un nouveau départ. Valentin Rongier aurait également pu intégrer cette liste mais l'intéressé a finalement rallié l'OM comme joker. Mais son transfert aurait bien pu capoter. « Ça a été très long. Je suis passé par toutes les émotions. Au début, on m'a fait comprendre que ça allait se faire assez rapidement et ensuite j'ai compris que finalement, ça allait prendre beaucoup de temps. Ça a été un ascenseur émotionnel parce qu'on pouvait me dire en une heure, c'est bon, et puis finalement il n'y a pas d'accord. J'ai perdu beaucoup d'énergie pendant ces trois jours mais le dénouement est positif et c'est ce que je vais retenir », confiait ainsi le milieu de terrain sur RMC Sport.

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Mais peut-on réellement se relever d'un transfert avorté ? Le joueur en question peut-il sombrer sur le plan mental ? Les entourages des joueurs mais aussi les clubs jouent un rôle prépondérant dans cette opération rédemption. Celle-ci peut prendre du temps ou s'avérer rapide selon les profils de chacun. C'est ce que nous décrypte un agent de joueurs évoluant en Ligue 1, qui fut concerné par ce contexte de crise. « On gère la situation de façon exceptionnelle. On essaye de discuter, de trouver des ressorts, de motiver à nouveau pour permettre au joueur de réaliser une bonne saison et envisager un départ la saison prochaine. On essaye de dédramatiser. Il faut anticiper notre communication, positiver. Mais on ne peut pas tout contrôler. Certains agents vont essayer de profiter de la situation pour contacter le joueur. Cela peut-être déstabilisant, on essaye de créer un climat serein avec une certaine stabilité. »

« Les derniers jours du mercato sont terribles »

Un autre agent nous interpelle sur la complexité du mercato notamment dans les dernières heures. « Les derniers jours du mercato sont terribles. Cela peut-être destructeur. Parfois, des gens appellent le dernier jour à 20 heures voire même à 23 heures pensant qu'on peut boucler une opération. Il faut être très prudent avec les joueurs, les protéger au maximum. En cas d'échec, certains vont vouloir se séparer de leur agent. La personnalité du joueur, mais aussi l'aspect relationnel avec l'agent, restent prépondérants en cas de transfert avorté », constate ce dernier. Selon la personnalité du joueur concerné, les différents acteurs adaptent leurs discours, leurs démarches. Touché par son transfert avorté au PSG l'hiver dernier, Idrissa Gueye (29 ans) a su maintenir son niveau de performances avec Everton, malgré la frustration de ne pas avoir rallié le champion de France en janvier dernier.

« Pour Idrissa, il n'y a pas eu de contre coup sur le plan sportif. Tout a toujours été clair entre le club et lui. En cas d'offre qui convenait, il pouvait partir. Il y avait de la déception, mais pas de rancœur vis-à-vis du club. Le manager Marco Silva et le directeur sportif Marcel Brands ont échangé avec lui sur le sujet et l'affaire était close », nous confie une source interne du club anglais. Si certains cas sont plus épineux à gérer comme celui de Younousse Sankharé par exemple à Bordeaux, d'autres y trouvent finalement leur compte malgré un départ avorté. C'est le cas de Rémi Oudin (22 ans) par exemple. Dans la dernière ligne droite du mercato, l'attaquant rémois aurait pu rejoindre la Fiorentina. Mais le dossier n'a pas été finalisé, la Viola n'offrant pas toutes les garanties nécessaires pour la signature du buteur champenois.

« Si Rémi réalise une grande saison, il partira dans un grand club »

Un dénouement qui convient à toutes les parties comme nous l'a relaté le président du Stade de Reims Jean-Pierre Caillot. « Pour Rémi, on a eu une discussion, on a évoqué une somme qui incarnait selon nous le potentiel du joueur (10 millions d'euros). On a travaillé main dans la main avec ses agents, nous n'avons eu aucune pression. S'il y avait une opportunité qui répondait aux attentes de tout le monde, Rémi pouvait partir. Le matin du match contre Lille, on a reçu une proposition. Cela ne me plaisait pas forcément car elle arrivait pendant la saison. Mais il a été décidé de laisser Rémi voir ce qu'on lui proposait. Ses agents sont revenus vers nous pour nous signifier que toutes les conditions ne semblaient pas réunies pour un départ de Rémi à la Fiorentina. Le club italien n'a pas été très respectueux. Ils sont donc revenus et nous avons convenu que Rémi reste au club », révèle Caillot.

L'homme fort du club champenois nous confie également que son joueur n'éprouvait aucune amertume dans cette affaire. « Il n'y a aucune frustration du côté de Rémi, il est content de rester chez nous. Comme je lui ai dit, s'il réalise une grande saison, il partira dans un grand club, j'en suis certain. Rémi est titulaire chez nous, il n'a jamais été irrespectueux envers le club. On a fonctionné en harmonie, avec une belle relation humaine entre toutes les parties. Personne n'est frustré. J'ai remercié son attitude et celle de ses agents. » Comme quoi, les transferts avortés n'offrent pas uniquement des maux de tête aux principaux protagonistes...

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