Coupe du Monde 2022 : où en est le Qatar à moins de quatre ans de son mondial

Désigné pays organisateur de la 22e Coupe du monde qui se déroulera du 21 novembre au 18 décembre 2022, le Qatar a eu 12 ans pour se préparer à l'événement. Un délai important qui lui a permis d'améliorer la qualité de sa sélection. Auparavant considéré comme une nation faible du football mondial, la 93e équipe au classement FIFA a réalisé de nets progrès. Le pays du Golf Arabo-Persique a d'ailleurs remporté la Coupe d'Asie à la surprise générale. De là à nourrir de grandes ambitions pour 2022 ?

Meilleur buteur de la Coupe d'Asie avec 9 réalisations, Ali Almoez a marqué un sublime retourné en finale
Meilleur buteur de la Coupe d'Asie avec 9 réalisations, Ali Almoez a marqué un sublime retourné en finale ©Maxppp

Jamais qualifié pour une Coupe du monde, le Qatar a longtemps vécu avec le statut de bonne nation asiatique tout en restant dans l'ombre des cadors comme l'Iran, le Japon, la Corée du Sud, l'Arabie Saoudite et l'Australie (depuis son affiliation à la Confédération Asiatique en 2007). Sur l'échelle du football mondial, l'état du Golf Arabo-Persique n'a jamais existé, mais a voulu changer les choses. Le 2 décembre 2010, il obtient l'organisation de la Coupe du monde 2022 et se lance dans une mission d'envergure : présenter une équipe compétitive pour cette échéance. Le premier test est loin d'être concluant puisque le Qatar échoue en quart de finale de la Coupe d'Asie 2011. Néanmoins, cela constitue le meilleur résultat de la sélection jusque-là.

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Suite à la compétition, Bruno Metsu est démis de ses fonctions de sélectionneur. Dès lors, une période d'instabilité va régner sur l'équipe nationale avec les passages éclair de Milovan Rajevac, Sebastiao Lazaroni, Paulo Autuori et Fahad Thani. Les performances du Qatar s'en feront ressentir avec une non-qualification pour la Coupe du monde et des résultats en dents de scie. Face à l'urgence de la situation, la fédération décide de changer d'épaule et opte pour un plan sur le long terme. Les naturalisations de joueurs étrangers qui ont fait carrière au Qatar ne permettant pas de viser haut, c'est la jeunesse locale qui est mise à l'honneur. C'est l'aboutissement du projet ASPIRE.

Le projet ASPIRE et les clubs satellites

Lancée le 16 novembre 2004, l'académie Aspire est un organisme indépendant soutenu financièrement par le gouvernement qatari. Son objectif est simple, faire progresser de jeunes athlètes qui représenteront le Qatar dans les compétitions internationales. Outre des infrastructures de qualité, Aspire dispose d'un immense réseau de recruteurs à travers la planète. L'Afrique et l'Asie sont particulièrement scrutées. Repéré très jeunes, certains joueurs rejoignent le Qatar où ils progressent. Lors de la dernière Coupe d'Asie, ils sont huit à être issus de l'Academy Aspire (Youssef Hassan, Tarek Salman, Tameem Al-Muhaza, Assim Madibo, Salem Al-Hajri, Abdelranman Moustafa, Akram Afif et Ali Almoez). Si le projet a mis du temps à porter ses fruits, il s'est nettement accéléré ces dernières années.

Pour continuer à forger ces jeunes talents, Aspire n'a pas hésité à sortir le chéquier pour s'offrir des clubs satellites. En juin 2012, le KAS Eupen passe sous pavillon qatari. Porte-étendard de l'académie, le club belge accueille près de 15 joueurs et leur permet de s'adapter aux exigences du football européen. Une étape supplémentaire dans la progression de ces joueurs. Cultural Leonesa (D3 espagnole) a également été acheté en 2015 tandis que des clubs comme l'Atlético Astorga (D4 espagnole) et Leeds United (D2 anglaise) sont des partenaires d'Aspire. Outre ces choix stratégiques, la fédération a fait un choix fort en installant Félix Sánchez Bas en tant que sélectionneur le 3 juillet 2017.

La Coupe d'Asie et la Copa America pour progresser

Après avoir dirigé les classes d'âges U19 et U20, le technicien espagnol a poursuivi avec des générations qu'il connaît bien. Après des débuts compliqués face à la Syrie (3-1) et la Chine (2-1), il a passé avec succès le test de la Coupe d'Asie. Considéré comme un outsider, le Qatar s'est facilement extrait de la phase de poules avec notamment un petit festival contre la Corée du Nord (6-0). L'équipe a ensuite continué sa montée en puissance en effaçant l'Irak (1-0), la Corée du Sud (1-0) et le pays hôte, les Émirats Arabes Unis (4-0). En finale, face au favori japonais, les Marrons n'ont pas été inhibés par l'enjeu et se sont imposés 3-1. Avec sa première victoire dans une Coupe d'Asie, le Qatar a réalisé un véritable tour de force en se mettant au niveau des meilleures formations des continents.

Ce succès n'est pas à minimiser puisque le pays du Golf Arabo-Persique a remporté les 7 matches qu'il a disputés tout en inscrivant 19 buts et en encaissant 1 seul. Contrairement à d'autres sports tel que le handball, le Qatar peut également se féliciter de mettre en avant des joueurs locaux puisque seuls Ro-Ro, Bassam Al-Rawi, Karim Boudiaf, Boualem Khoukhi, Ahmed Alaeeldin et Ali Almoez sont nés à l'étranger parmi les 23 lauréats de la Coupe d'Asie. À désormais moins de quatre ans de sa Coupe du monde, le Qatar dispose de deux échéances pour confirmer sa progression : la Copa America 2019 lors de laquelle il est invité (dans le groupe B avec l'Argentine, la Colombie et le Paraguay) et la Coupe des Confédérations 2021 (si le tournoi n'est pas supprimé par la FIFA). Quoi qu'il en soit, la sélection asiatique vient de prouver qu'elle pourra être plus qu'un faire-valoir lors de la Coupe du monde 2022.

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