Golden Boy 2024 : l’incroyable prise de pouvoir du football français !

Par Valentin Feuillette
4 min.
Golden Boy 2024 @Maxppp

Le journal italien Tuttosport a révélé mercredi la liste des 100 jeunes joueurs nommés pour le Golden Boy 2024, au Teatro Cucinelli dans la petite ville de Solomeo, près de Pérouse dans la région d’Ombrie. Notre correspondant était présent pour voir le football français remporter une première victoire à quelques mois de la cérémonie.

C’est l’une des traditions en Italie. À la fin de chaque saison et en préambule du début de la houleuse période de l’intersaison marquée par le mercato, le quotidien italien, Tuttosport, organise sa pré-cérémonie du Golden Boy dans une petite ville italienne afin d’annoncer la liste des 100 jeunes joueurs de moins de 21 ans nommés pour l’édition 2024. Kylian Mbappé en 2017, Erling Haaland en 2020 ou encore Jude Bellingham en 2023, le trophée du Golden Boy fait souvent la part belle aux futurs meilleurs joueurs de la planète. Lancée en 2003 par le média italien, cette récompense revient pour une nouvelle édition avec de jolis noms en tête d’affiche. La rédaction Foot Mercato a été conviée à Solomeo, près de la ville de Pérouse dans la région d’Ombrie pour assister à cette longue mais belle préparation au vu de la véritable cérémonie en décembre prochain à Turin qui récompensera (probablement) Lamine Yamal du FC Barcelone, João Neves du Benfica ou Alejandro Garnacho de Manchester United. Sur quel système les candidats sont-ils choisis ? Méthode assez originale mais la sélection est basée sur les data analytiques de Football Benchmark depuis 2023, comprenant trois piliers principaux et un atout bonus: la performance sportive, le temps de jeu, la puissance du club et le bonus lié aux performances en sélections nationales et en compétitions UEFA.

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Agents, dirigeants, journalistes, anciens joueurs… C’était un parterre doré qui se réunissait dans le Teatro Cucinelli, au sein de la grande résidence privée de Brunello Cucinelli, styliste, philanthrope et entrepreneur italien à la fortune estimée à près de 4 milliards d’euros selon Forbes, qui ouvrait gracieusement ses portes aux différents acteurs du ballon rond pour organiser le vernissage, la pré-cérémonie et le dîner nocturne marqués au fer du Golden Boy 2024. Au programme de ce show de plus de 3 heures présenté le directeur de Tuttosport Guido Vaciago et la journaliste de Sky Sport Federica Lodi, un hommage à Gigi Riva a eu lieu avec la présence exceptionnelle de Gianluigi Buffon. S’en sont ensuite suivies plusieurs petites conférences avec de multiples intervenants. L’ancien joueur du Barça reconverti en agent Bojan Krkic est venu parler de la recette à succès de La Masia. Le dirigeant turinois Federico Cherubini a présenté le projet réussi de la Juventus NextGen. Le directeur sportif de Frosinone Guido Angelozzi et l’agent Giovanni Branchini ont discuté de l’avenir du marché des transferts du football et de la difficulté de découvrir les talents de demain. Une nouvelle journée parfaite que Foot Mercato a pu vivre depuis les coulisses pour représenter le football français.

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La France met tout le monde d’accord !

Au fil de la cérémonie, une constante revenait dans chaque intervention : le football français a su miser sur la jeunesse à tous les étages depuis plusieurs années, au point de devenir aujourd’hui une référence européenne. Pour preuve, la France a confirmé, une fois de plus, sa première place à la fois comme nation la plus représentée avec un total de 11 joueurs sur les 100 : Warren Zaïre-Emery, Leny Yoro, Désiré Doué, Mathys Tel, Guillaume Restes, Wilson Odobert, Jeanuël Belocian, Kassoum Ouattara, Mohamed-Ali Cho, Christian Mawissa et Lucas Mincarelli. Mais aussi en nombre de talents évoluant en Ligue 1 avec notamment Ângelo, Habib Diarra, Andrey Santos, Abdukodir Khusanov, Eliesse Ben Seghir, Lamine Camara et Malick Fofana. Si le championnat de France peut parfois être critiqué pour un niveau irrégulier, un manque de performances en Ligue des Champions et en Ligue Europa ou une économie plus fragile, le développement de jeunes y reste unique et singulier dans les cinq grands champions. D’ailleurs, dans le top 25, on retrouve cinq joueurs français dont quatre en Ligue 1.

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Au cours de son exposé pour présenter la réussite de la Juventus NextGen (équipe B des Bianconeri utilisée en passerelle pour les jeunes joueurs), Federico Cherubini, dirigeant de la Vieille Dame, a encensé le modèle français en critiquant la peur des clubs professionnels italiens à lancer dans le grain bain les jeunes talents transalpins : «Il faut d’abord comprendre s’il s’agit simplement d’un problème italien ou d’un problème structurel au niveau européen. Et de ce qui ressort, même en faisant abstraction de l’exemple de la France qui est hors d’échelle pour tous les autres championnats. Il y a une différence substantielle dans le processus de formation des joueurs entre nous et ces pays, et nous sommes également les derniers de toute l’Europe à former des joueurs pour leur club et dans un monde comme le football qui a besoin de durabilité, c’est impensable aujourd’hui», a-t-il confié sur la scène du théâtre. Il a d’ailleurs pris en exemple l’Olympique Lyonnais et le Stade Rennais, deux clubs habitués à utiliser rapidement les joueurs formés dans leur école respective et faisant partie des dix écuries européennes les moins frileuses avec respectivement un taux d’utilisation de 45,6% et 30,6%. À Pérouse, le Golden Boy a pris l’accent français. Cocorico.

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