ASSE : les témoignages choquants contre Roland Romeyer, plongé dans un scandale de harcèlement sexuel

Président de Saint-Étienne entre 2006 et 2024, Roland Romeyer fait l’objet d’une enquête préliminaire pour outrages sexistes et harcèlement sexuel. Plusieurs anciennes de ses salariées ont livré des témoignages glaçants à son sujet.

Par Jordan Pardon - André Martins
2 min.
Romeyer @Maxppp

Roland Romeyer, président emblématique de l’ASSE entre 2006 et 2024, est visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Saint-Étienne pour outrages sexistes et harcèlement sexuel, «avec la circonstance aggravante que les faits pourraient avoir été commis par une personne ayant la qualité de supérieur hiérarchique». Âgé de 80 ans, le dirigeant français est notamment accusé d’avoir instauré un climat sexiste et inapproprié au sein du club, et ce, durant près de vingt années.

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Comme le révèle L’Équipe, les témoignages recueillis lors d’ateliers de sensibilisation organisés en 2024 et 2025 avec l’association Her Game Too dénoncent une série de comportements inacceptables : attouchements non consentis tels que des mains aux fesses dans les couloirs, du léchage de joue par-derrière, des baisers déposés au coin des lèvres, du tirage de queues-de-cheval, des sifflements ou encore des étreintes non désirées.

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Romeyer conteste

Romeyer fait également l’objet d’accusations concernant des commentaires déplacés, et notamment sexistes, lorsqu’il aurait par exemple jugé la poitrine de certaines de ses salariées au travers de phrases humiliantes. Il aurait ainsi employé des surnoms infantilisants et sexualisés, comme « ma puce » ou « mon écolière », créant un environnement de travail toxique et dégradant au sein de l’ASSE. Une femme raconte par ailleurs avoir été victime d’un tirage de décolleté par Romeyer, «pour mieux reluquer une poitrine», avec un commentaire pour le moins déplacé : « C’est les gorges de l’Ardèche ».

« T’es pas encore passée sous le bureau ? » ou « Tu es venue en décapotable ? » (en référence du haut porté par une salariée), sont des phrases que l’intéressé aurait également prononcées. Une enquête interne a été menée au club, et 14 personnes auraient été entendues selon le quotidien français. Celui qui avait vendu l’ASSE au groupe canadien Kilmer en juin 2024, a contre-attaqué par voie de communiqué, niant des faits qu’il dit tout ignorer. Son avocat Me Jean-Félix Luciani a affirmé que son client «nie tout harcèlement sexuel. Il ignore ce qu’on lui reproche et s’en défendra le moment venu avec l’énergie nécessaire.»

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