Ligue des Nations : la reconstruction lente et fragile de la Turquie

Grosse déception de l'Euro 2020 et éliminée en barrages des éliminatoires pour la Coupe du monde 2022, la Turquie est dans le dur actuellement. Cependant, la Ligue des Nations a permis au nouveau sélectionneur Stefan Kuntz de relancer une dynamique en misant sur la jeunesse. Des travaux intéressants mais dont la structure reste encore fragile ...

Stefan Kuntz, le sélectionneur de la Turquie
Stefan Kuntz, le sélectionneur de la Turquie ©Maxppp

Parachuté à la tête de la sélection turque le 19 septembre dernier, Stefan Kuntz sort d'une première année de mandat éprouvante et contrastée. Remplaçant Senol Günes qui avait terminé dernier de sa poule à l'Euro 2020 après avoir été relégué en Ligue C de Ligue des Nations, le technicien allemand avait beaucoup de travail, surtout qu'il arrivait après une humiliation 6-1 contre les Pays-Bas. Alors relégué à deux points des Oranjes et de la Norvège, il réussira à emmener son équipe en barrages pour le Mondial 2022 mais cela se terminera par une défaite 3-1 contre le Portugal. Malgré cet échec, sa première et seule défaite en match officiel avec la Turquie, l'ancien sélectionneur U21 de l'Allemagne, qui a remporté l'Euro en 2017 et 2021 avec les jeunes Allemands, réalise des débuts plutôt intéressants.

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Une promotion en Ligue B

Rajeunissant de façon marquée son effectif (moyenne de 24,3 ans et seulement 3 trentenaires lors du dernier rassemblement), Stefan Kuntz a décidé d'opérer un grand ménage, profitant notamment de la retraite internationale de Burak Yilmaz (37 ans) pour partager plus facilement les nouvelles responsabilités. Dans les buts, Ugurcan Cakir (26 ans) de Trabzonspor est en train de s'affirmer comme un indiscutable alors qu'Orkun Kökcü (21 ans) du Feyenoord s'impose au cœur du jeu et que les rôles d'ailiers reviennent à Cengiz Ünder (25 ans, Marseille) et Kerem Aktürkoglu (23 ans, Galatasaray). Tout ça alors que Çaglar Söyüncü (Leicester), Merih Demiral (Atalanta), Salih Özcan (Borussia Dortmund), Hakan Çalhanoglu (Inter Milan) restent des éléments clefs.

Commençant à trouver ses hommes et incorporant de jeunes éléments comme Ridvan Yilmaz (21 ans, Rangers), Cenk Özkacar (21 ans, Valence) ou encore Ravil Tagir (19 ans, Westerlo), Stefan Kuntz est en train d'affiner son effectif. Épaulé par Hamit Altintop le directeur général des sports de la sélection turque, Stefan Kuntz est en train de trouver son système avec un 4-4-2 assez convaincant pour le moment. Un bilan à relativiser par le niveau des adversaires rencontrés. Dans le groupe 1 de la Ligue C, la Turquie a pris 13 points sur 15 avant la dernière journée face à la Lituanie, le Luxembourg et les Iles Féroé pour 17 buts marqués et 3 encaissés. Ces buts concédés sont intervenus contre le Luxembourg lors d'un match nul 3-3, un match qui a débattu sur la pertinence de continuer à faire confiance au coach sous contrat jusqu'en juin 2024.

L'Euro 2024 en ligne de mire

Alors que le tirage au sort des éliminatoires de l'Euro 2024 se tiendra le 9 octobre et que ces derniers se disputeront du 23 mars 2023 au 26 mars 2024, la Turquie ne veut pas être à nouveau à l'écart. Depuis sa 3e place à la Coupe du monde 2002, la sélection n'a plus disputé la Coupe du monde et a participé à 3 championnats d'Europe sur 5 en sortant des poules qu'à une seule reprise (demi-finaliste en 2008). Un constat décevant pour la Turquie qui veut réenclencher une nouvelle dynamique et fait preuve d'impatience. Stefan Kuntz était d'ailleurs rassuré du nul contre le Luxembourg (3-3) qui a permis d'éviter de tout balayer d'un revers de main : «aujourd'hui, il y a eu plus de mauvaises choses. Le score n'est pas satisfaisant. Nous avons atteint notre objectif principal. Nous avons terminé premiers de notre groupe et avons atteint la promotion en Ligue B.»

«Je dis toujours que nous sommes une équipe d'apprentissage et de développement. Parfois, dans de telles situations, il y avait des pas en avant et parfois en arrière. Je suis heureux que nous ayons obtenu le match nul dans les derniers instants. Si nous avions perdu, nous aurions reculé. J'ai aimé la mentalité de l'équipe à un moment donné. Chaque fois que nous avons reculé, nous avons réussi à revenir. J'étais content de cette partie» a-t-il poursuivi. Fragile, l'équilibre de la Turquie se joue aussi en coulisse où des rumeurs de départ du sélectionneur ont obligé Mehmet Büyükekşi à monter au créneau. «L'équipe nationale a besoin de stabilité, les allégations concernant Stefan Kuntz ne sont certainement pas vraies. Nous devons respecter les choix de joueurs de notre coach. Notre coach a une opinion et nous devons la respecter. Il dit que nous avons trouvé une solution dans cette période» a-t-il lâché. Affrontant ce soir les Iles Féroé, la Turquie souhaitera finir cette Ligue des Nations sur une bonne note avant de se lancer dans des éliminatoires de l'Euro 2024 où le moindre résultat sera particulièrement ciblé. La crispation et la frustration accompagnent et vont dicter le déroulement de cette reconstruction turque...

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