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Lassana Diarra traîne la FIFA devant le tribunal et réclame 65M€ de dommages et intérêts

Par Aurélien Macedo
4 min.
Lassana Diarra avec l'OM face au PSG en 2016 @Maxppp

Ancien international français, le milieu défensif Lassana Diarra (40 ans) a réalisé une belle carrière. Passé par Chelsea, Arsenal, le Real Madrid, l’Olympique de Marseille ou encore le Paris Saint-Germain, il a pris sa retraite en février 2019 suite à sa dernière pige francilienne. Entre août 2014 et juillet 2015, il a connu une longue période d’inactivité après avoir rompu son contrat avec le Lokomotiv Moscou. Une décision qu’a contestée le club russe qui lui réclamait 20 millions d’euros pour ses trois dernières années de contrat. Le club belge de Charleroi avait voulu le recruter, mais selon le règlement du statut et du transfert des joueurs, les 20 millions d’euros auraient dû être payés par le futur club de Lassana Diarra, ce qui a refroidi la formation belge. Finalement, une solution avait été trouvée par la chambre de résolution des litiges et Lassana Diarra avait réglé la note de 10,5 millions d’euros au Lokomotiv Moscou et avait pu signer dans un autre club, l’Olympique de Marseille après quasiment un an d’inactivité. Cette affaire a relancé un débat sur les droits des joueurs de football et sur ses dérives à l’image des lofts pour les clubs qui retiennent un joueur contre son gré. Lassana Diarra a entamé une bataille juridique et la Cour de justice de l’Union européenne a été saisie. Cette dernière a confirmé que les règles de la FIFA enfreignaient le droit européen et ont donné raison à Lassana Diarra. « Les règles en question sont de nature à entraver la libre circulation des footballeurs professionnels souhaitant développer leur activité en allant travailler dans un nouveau club. C’est une victoire totale», avait confié l’avocat du joueur.

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Une décision de justice qui permettra plus facilement à certains joueurs dans un contexte compliqué à résilier leur contrat comme l’avait alors confié Lassana Diarra dans le podcast The Bridge : «demain, il te reste deux ans de contrat dans ton club, mais tu ne joues pas. Si un club te veut, tu demandes à ton club de partir, mais il veut 100 millions pour toi. Quelqu’un qui ne joue pas vaut 100 millions ? Aujourd’hui tu as un salaire, un contrat. Tu vas aller voir ton club. Tu vas dire : ‘Il me reste tant, je vais vous donner tant et je vais partir’. Il faut oser le tenter. Tu paies le reste de ton contrat.» Outre l’évolution de la législation suite à l’arrêt historique du 4 octobre 2024 donné par la CJUE, Lassana Diarra avait négocié avec la FIFA pour un dédommagement suite aux 10,4 millions d’euros qu’il avait déboursés pour quitter le Lokomotiv Moscou. Mais aucun accord n’a été trouvé avec l’instance internationale. Le principal intéressé a donc déposé une plainte et réclame 65 millions d’euros (35 millions d’euros nets) à la FIFA en dommages et intérêts comme l’a annoncé la FIFPRO dans un communiqué : «suite à des négociations infructueuses avec la FIFA, Lassana Diarra poursuit devant les tribunaux belges sa juste indemnisation pour les dommages résultant des règles de transfert illégales de la FIFA, avec le soutien total de la FIFPRO, de la FIFPRO Europe et du syndicat français des joueurs UNFP. Lassana Diarra est retourné devant les tribunaux belges pour réclamer une indemnisation complète pour les dommages de carrière causés par les réglementations illégales de la FIFA en matière de transfert.» «La CJUE a jugé que certaines règles de transfert de la FIFA violaient les principes européens de libre circulation des travailleurs et le droit de la concurrence. La Cour a renforcé le concept de libre circulation et reconnu que le système de transfert empêchait les joueurs d’exercer leur droit de résilier leurs contrats de travail sans motif valable, même si ce droit était en principe reconnu par la réglementation. La FIFPRO comprend que cela confirme que les joueurs soumis à ces règles depuis 2001 ont subi des dommages tout au long de leur carrière», a poursuivi la FIFPRO. Après un lancement des démarches judiciaires en 2015, Lassana Diarra va continuer à passer devant les tribunaux. Cette fois pour réclamer une indemnisation de la FIFA après que les négociations autour d’un règlement à l’amiable n’ont pas abouti.

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