OM : Jorge Sampaoli, un coach qui fait des étincelles

Courtisé par l'Olympique de Marseille, le coach argentin ne laisse personne indifférent. Mais ses méthodes ne sont pas sans risques.

Jorge Sampaoli lors d'un entraînement de l'Atlético Mineiro
Jorge Sampaoli lors d'un entraînement de l'Atlético Mineiro ©Maxppp

Il est annoncé comme la grande priorité de Pablo Longoria dans le dossier de la succession d’André Villas-Boas. À 60 ans, Jorge Sampaoli tentera-t-il sa deuxième expérience en Europe après l’année vécue à Séville ? Pour le moment, après des contacts confirmés par son entourage, il semblerait que le technicien soit séduit par le projet phocéen. En attendant, nous vous proposons de faire un petit flashback sur les dernières expériences d’un entraîneur, dont vous avions déjà dressé le portrait, qui a commencé à se faire un nom grâce à ses performances avec le Chili (1/8e de finale du Mondial 2014, vainqueur de la Copa América en 2015).

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Après son expérience au sein de La Roja (la sélection chilienne a le même surnom que l’Espagne), Sampaoli a eu l’opportunité de vivre sa première expérience sur le Vieux continent, du côté du Séville FC. En Andalousie, comme ce sera le cas avec ses futures équipes, le Sud-Américain a su se faire aimer rapidement. Un style de jeu porté sur l’offensive, différents schémas testés et une liberté totale accordée aux joueurs les plus créateurs tels que Samir Nasri. Interrogé à ce sujet, l’ancien international tricolore n’avait d’ailleurs pas caché qu’il avait fortement apprécié le personnage. « C'est la grinta ! Il me donnait des frissons avec ses speechs avant les matchs. Tu vois cet entraîneur, petit, avec ses tatouages, en survêtement... c'est de la bombe ce mec ! On avait une relation de dingue. »

L'espoir puis le gâchis sévillan

Et puis, l’histoire d’amour est devenue un gâchis. La raison ? Avec un style de jeu très agressif, Sampaoli « use » ses joueurs. Et certains ont alors commencé à lâcher. L’Argentin finira d’ailleurs par perdre son groupe. La faute à ses tactiques trop variables et un style offensif virant à l’ultra défensif. Une « schizophrénie » qui a fini par lasser le microcosme sévillan. Le coup de grâce sera ensuite porté par la sélection argentine. Sollicité pour prendre en main l’Albiceleste, Sampaoli a rapidement fait son choix. La façon de faire a fortement déplu, mais ce n’était pas une surprise.

Le 22 avril 2016, alors qu’il n’avait pas encore pris les rênes du club de Nervion, le technicien avait déclaré « qu’il ne pourrait jamais dire non à l’Argentine ». Il a tenu parole. Mais son plus grand rêve, qui était censé se terminer sur un sacre à la Coupe du Monde 2018 en Russie, s’est rapidement transformé en cauchemar. Au terme d’une campagne laborieuse en éliminatoires, il s’est qualifié pour le Mondial de Russie lors du dernier match face à l’Équateur qui ne jouait plus rien. En termes de schéma de jeu, là encore, le changement était permanent. « Il a commencé avec trois défenseurs puis est passé à quatre. Il n’a jamais apporté de stabilité. ces changements ont beaucoup joué dans la détérioration de ses relations avec les joueurs. Durant la Coupe du Monde, ça s’est très mal passé. Ils ont provoqué des réunions pour contester sa façon de jouer. Mascherano était le représentant de tout ça et Messi était mal à l’aise. Avec les gardiens, c’était aussi n’importe quoi. Il a commencé avec Cabellero, qui a commis des erreurs face à la Croatie et il a mis ensuite Armani. Il avait un milieu lent. La conclusion est que sa gestion était désordonnée. Il n’y a jamais eu de tranquillité, pas de plan», nous confie Claudio Mauri, journaliste à La Nacion qui couvrait l’Albiceleste en Russie.

Le rêve argentin qui a viré au cauchemar

Devenu usant, Sampaoli s’est également coupé de son vestiaire à cause de son fort caractère. « Le groupe n'a pas supporté sa manière de gérer, son caractère très fort, explosif. Il y a eu des confrontations avec certains joueurs. Il n’a jamais su se mettre Messi dans la poche. Il l’a placé tellement haut qu’il a fini par le lasser, le mettre mal à l’aise », poursuit Mauri. Parti après le fiasco russe (élimination en huitième de finale par la France), Sampaoli a su rebondir quelques mois plus tard du côté de Santos, une équipe qu’il n’a entraînée qu’une saison. Car là encore, le scénario s’est répété. Encensé pour un style de jeu offensif, l’Argentin a permis au Peixe de réaliser une saison 2019 au-delà des expectatives avec un effectif restreint. Une posture qui a fait le bonheur de la formation pauliste (qui a terminé la saison à la 2e place), mais qui a parfois fait quelques débats en interne.

Le défenseur Victor Ferraz n’avait, par exemple, pas hésité à réclamer plus d’assise défensive après un match nul 3-3 concédé face à Fortaleza alors que Santos menait 3-0. «On a payé notre style offensif. On doit tout le temps attaquer. On aurait mieux se positionner sur le terrain». Idem chez Lucas Verissimo, un autre défenseur du club. « Peut-être qu’on aurait dû rester un peu en place sur le terrain et ne sortir que pour les contre-attaques. » Un style de jeu qui ne tient pas sur toute une saison et un caractère bien trempé qui finit par faire des dégâts. En décembre 2019, après s’être fâché avec le président parce qu’il ne pouvait obtenir les renforts désirés, Sampaoli a démissionné.

Il a séduit au Brésil

Parti de Santos, Sampaoli n’a pas traîné pour retrouver un club, toujours au Brésil. Arrivé à l’Atlético Mineiro, le Sud-Américain fait encore des merveilles depuis mars 2020. Troisième du championnat à six points du leader, le club de Belo Horizonte peut encore prétendre au titre. Et là encore, ses méthodes ont fait parler. Après une victoire 4-1 face à Vasco da Gama le 5 octobre dernier, le défenseur Réver ne tarissait pas d’éloges sur son entraîneur.

« Nous avons cru en cette proposition de jeu et nous voyons qu'elle a fait une différence dans le championnat. C'est une proposition imposée par notre entraîneur. (…) Hier, nous avons réussi à voler beaucoup de ballons. Ça nous aide beaucoup, cela nous a aidés pendant les matches et a fait une différence totale pour nous dans la compétition. » Enfin, en plus de permettre à l'équipe de gagner les matches avec la manière, les méthodes de Sampaoli aident aussi l’équipe à avoir une grande possession de balle et, donc, à se fatiguer un peu moins. Marseille est prévenu.

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