De la galère en France à goleador en Bulgarie, l’incroyable destin de Bertrand Fourrier
Né à Douala, passé par les centres de formation de Nice et de l’OM mais longtemps freiné par un manque de maturité mentale, Bertrand Fourrier a connu les divisions amateurs françaises avant de trouver son salut en Bulgarie. À 28 ans, l’attaquant du Septemvri Sofia s’épanouit enfin, empile les buts et assume désormais de grandes ambitions, jusqu’à la sélection camerounaise.
Il y a des carrières qui se construisent dans le silence, loin des projecteurs et des trajectoires toutes tracées. Celle de Bertrand Fourrier appartient à cette catégorie. À 28 ans, l’attaquant français réalise la meilleure saison de sa carrière en Bulgarie, au Septemvri Sofia, avec 10 buts en 18 matches, quatrième meilleur buteur du championnat. Une réussite tardive, fruit d’années de doutes, de galères dans le football amateur français et surtout d’un profond travail mental.
Des passages à Marseille et Nice infructueux
Né à Douala, au Cameroun, Bertrand Fourrier a très tôt quitté ses repères pour tenter sa chance en France. Son parcours le mène dans des centres de formation prestigieux, d’abord à l’OM avant qu’il ne soit recruté par l’OGC Nice. Une trajectoire prometteuse, qu’il évoque avec fierté. « Pour quelqu’un qui n’a pas grandi en France, c’était une fierté d’être dans ce genre de centre de formation, de jouer contre les meilleurs joueurs de ta génération », confie-t-il. Mais très vite, l’attaquant prend conscience de ce qui lui manque encore. « Je n’étais pas encore prêt pour le football professionnel. Mentalement, j’avais beaucoup d’étapes à traverser. »
Malgré ces environnements de haut niveau, Fourrier ne parvient pas à franchir le cap. Il analyse aujourd’hui cette période avec lucidité. « C’est comme si je voulais être pro, mais je ne savais pas vraiment ce que ça comportait. La dalle que tu dois avoir. Le petit truc en plus pour avoir confiance en moi. Je manquais beaucoup de confiance en moi », reconnaît-il. Certains de sa génération semblent déjà armés, comme ce dernier nous le confesse aujourd’hui : « mentalement, je n’étais pas prêt. Des gens comme Malang Sarr, pourtant plus jeunes, savaient exactement ce qu’ils voulaient faire. » Lui devra prendre un chemin plus long et quitter le centre de formation de Nice après deux saisons.
Des années de galère au déclic intérieur
Commence alors une longue traversée du football amateur français. Bertrand Fourrier enchaîne les expériences à Martigues, Aubagne, à Moulins-Yzeure, au Puy Foot ou encore au SC Toulon. Des clubs, des projets, mais une sensation persistante de plafonner. « J’avais renoncé à la route N2, N1, Ligue 2, Ligue 1. En France, il y a beaucoup de profils comme moi. Je ne sentais pas que j’allais exploser comme ça. Il me fallait autre chose », explique-t-il. Le football reste son objectif, mais l’horizon semble bouché dans l’Hexagone.
Pourtant, un premier changement majeur s’opère en France pour lui. C’est paradoxalement durant la période COVID que tout bascule. L’arrêt forcé devient un temps de réflexion et de reconstruction. « La période COVID m’a fait beaucoup de bien. Mentalement, j’ai pu me construire différemment », raconte Fourrier. Le changement n’est pas immédiat, mais il est profond. « Ça ne s’est pas matérialisé directement. J’ai continué à bosser. » Il apprend alors à s’entraîner, à vivre et à penser comme un professionnel. Pour y parvenir, il s’entoure de professionnels et il ne laisse rien au hasard. Aux côtés de son préparateur mental, Stéphane Darmon, l’attaquant explose et devient enfin le joueur qu’il rêvait de devenir.
La Bulgarie comme terre de renaissance
L’opportunité de le prouver arrive alors de Bulgarie discrètement, "par la petite porte". Direction le Septemvri Sofia. « Avec des petits moyens, j’ai compris que c’était mon moment. Il fallait que je trouve mon espace pour m’exprimer. Et j’ai senti directement que j’aurais tout pour y arriver en Bulgarie », explique-t-il. Dans un championnat qu’il juge observé et riche en individualités, Fourrier s’épanouit pleinement. « Tout marche à la confiance pour un attaquant. On me fait confiance, j’ai mis des choses en place. Les résultats suivent et je suis très content ». Les chiffres parlent pour lui : 10 buts en 18 matches, quatrième meilleur buteur du championnat, à 28 ans.
Installé à Sofia avec sa compagne, Fourrier découvre un cadre de vie qu’il n’imaginait pas. « C’est une capitale européenne, je ne manque de rien. Il y avait déjà quatre Français, donc tu te mets bien », sourit-il. Sportivement, l’avenir reste ouvert dans un club à la politique vendeuse. Mais une ambition s’affirme désormais clairement. « Jouer pour le Cameroun ? C’était un rêve il y a quelques années, c’est désormais un objectif », affirme-t-il. Après des années de patience et de doutes, Bertrand Fourrier avance dorénavant avec une certitude : il a enfin trouvé sa voie. Un retour en France est envisageable pour l’attaquant de 28 ans qui est observé de près par de nombreux clubs selon nos informations.
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