L'Olympique Lyonnais ne rugit toujours pas !

Battu, mercredi soir, dans les ultimes secondes contre Reims (1-2), l'Olympique Lyonnais vient d'enregistrer une troisième défaite lors de ses cinq derniers matches en Ligue 1. Un scénario cruel, certes, mais pas forcément illogique au regard de la fragilité globale affichée par les Lyonnais depuis le début de la saison. Englués à la dixième place du championnat après seize journées, les hommes de Peter Bosz sont d'ores et déjà dans le dur et le Néerlandais ne parvient toujours pas à transmettre sa philosophie.

Lucas Paqueta contre Rennes
Lucas Paqueta contre Rennes ©Maxppp
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«Je suis d'autant plus content qu'on a mal joué», reconnaissait, dimanche dernier, Peter Bosz après la victoire arrachée par les Lyonnais face à Montpellier (1-0). Une sortie médiatique symbolisant les lacunes actuelles traversées par le club rhodanien, qui tendent malheureusement à prendre de l'ampleur match après match. Mercredi soir, contre le Stade de Reims, l'OL a d'ailleurs confirmé sa déprime actuelle tant sur le plan de l'animation offensive que sur son rendement défensif. Reconduisant le même onze de départ, vainqueur à la Mosson, Peter Bosz espérait sans doute créer une dynamique collective. Mais il n'en a rien été. Après le naufrage vécu contre le Stade Rennais (1-4) et l'Olympico arrêté, les Rhodaniens ont de nouveau coulé contre des Champenois entreprenants.

Pris par l'intensité rémoise et totalement amorphes, notamment lors des trente premières minutes de jeu, les Lyonnais ont ainsi craqué sur la première occasion réelle de Reims. Dépassé dans les airs, Jason Denayer voyait Valon Berisha tromper Anthony Lopes (56e) et définitivement glacer un Groupama Stadium déjà à huis clos (conséquence directe des incidents survenus lors du choc arrêté face à l'OM). Si Karl Toko-Ekambi permettait aux Lyonnais de revenir dans cette rencontre (66e) et que Lucas Paqueta, devancé de peu par Predrag Rajkovic, était tout proche de donner l'avantage aux siens, l'OL finissait malgré tout par craquer dans les ultimes secondes. Plombés par une grossière erreur du gardien rhodanien, souvent décisif ces dernières semaines, les partenaires de Jérôme Boateng ne pouvaient que s'incliner face au sang froid d'Hugo Ekitike (90+3e).

Une nouvelle défaite qui place désormais les Lyonnais à une bien triste dixième place après seize journées et déclenchait une inquiétude certaine pour Peter Bosz : «on ne méritait pas de gagner, il faut être honnête. Dès le début du match, on n'était pas bien. On s'est créé des occasions pendant 20-25 minutes en première mi-temps mais on n'a pas bien joué. Quand tu regardes, c'était pas bon du tout. On joue beaucoup mieux que ça d'habitude. Et avec tout le respect que j'ai pour Reims, on doit gagner. Je n'ai pas vu une équipe qui fait des choses ensemble, on a parlé pourtant de ça avant le match… Bien sûr que ça m'inquiète. Dixième, ce n'est pas notre place. Mais on ne joue pas bien en ce moment, on doit retrouver la bonne santé et pas seulement en prenant trois points mais en jouant mieux, en pressant mieux», admettait le Néerlandais à l'issue de la rencontre.

Une fragilité défensive et mentale !

Plus que le résultat décevant et le bilan comptable peu glorieux, c'est bien le collectif des Gones qui inquiète depuis la reprise... Arrivé avec un projet de jeu séduisant - se rapprochant de cette théorie du football total - Peter Bosz ne parvient pas à traduire sa philosophie sur le pré et sous ses ordres, force est de constater que l'OL ne progresse pas. En difficulté pour trouver des décalages entre les lignes, les Lyonnais affichent surtout un déséquilibre criant et se retrouvent trop souvent exposés sur les contres adverses. Symbole de cette fragilité défensive, les coéquipiers de Jason Denayer ont déjà concédé 23 réalisations après 15 rencontres disputées. Quinzième défense du championnat, à égalité avec Troyes, Montpellier et Lille, l'OL n'avait plus encaissé autant de buts depuis la saison 1982-1983...

Sans parler de certains cadres qui semblent peu impliqués, la rencontre face au Stade de Reims a également confirmé un groupe en proie aux doutes. Dans cette optique, le but opportuniste inscrit par Ekitike, dans le temps additionnel, est la sixième réalisation encaissée par les Gones au-delà des 90 minutes. A ce titre, l'Olympique Lyonnais a ainsi perdu neuf points après la 85e minute, ce qui explique en partie cette décevante dixième place. Auteurs d'un sans-faute en Ligue Europa avec cinq victoires en autant de rencontre et d'ores et déjà qualifiés pour les huitièmes de finale, même s’il faut bien sûr relativiser l’opposition, les Lyonnais enchaînent les faux pas en Ligue 1 et voient déjà leurs concurrents directs s'échapper en haut du classement.

Longtemps sauvé par ce bilan européen irréprochable, Peter Bosz peut lui aussi commencer à s'inquiéter. Interrogé sur la mise à l'écart de Xherdan Shaqiri contre les Rémois, le Batave a avancé l'argument de la concurrence : «il (Shaqiri) joue mieux dans l'axe et on a Houssem et Paqueta. Donc il a surtout joué sur le côté droit avec nous. On a plusieurs joueurs avec les mêmes qualités». Malgré cette justification, le visage insipide affiché par les Lyonnais ces dernières semaines pourrait rapidement mettre en danger l'ancien technicien du Bayer Leverkusen. À Bordeaux, dimanche prochain, l’OL va donc devoir trouver les ressources mentales et techniques pour se relever, au risque de plonger le club dans une crise profonde.

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