Fenerbahçe : José Mourinho déclare encore la guerre aux arbitres turcs
Les semaines se suivent et se ressemblent pour José Mourinho au Fenerbahçe. Même si le club stambouliote gagne, l’entraîneur portugais continue sa guerre avec les arbitres turcs. Ce n’est pas la première fois que Mourinho fait face aux médias, puisqu’il a déjà tenu des conférences de presse controversées en Espagne, en Angleterre et en Italie, mais peut-être n’a-t-il jamais été vu accuser les médias de manière aussi directe et en parler avec autant d’insistance de la supposée toxicité d’une compétition.
C’est un secret pour personne que les performances de l’arbitrage en Turquie donnent beaucoup à dire saison après saison. Cependant, ils sont tombés dans l’oubli, car José Mourinho n’y était pas encore arrivé. Le Portugais de 60 ans n’a jamais hésité à parler ouvertement des arbitres. Depuis son arrivée tonitruante au Fenerbahçe, l’entraîneur lusophone ne fait pas dans la demi-mesure et mène une véritable fronde contre la Fédération, la Ligue et l’Association des arbitres en Turquie. Mourinho l’avait promis à son arrivée à Istanbul, il voulait nettoyer et révolutionner le football turc, en proie à beaucoup de scandales ces dernières années : «je veux travailler ici pour aider le football turc et développer la Ligue turque. A partir de maintenant, vos rêves sont mes rêves. Le football est une passion. Je pense que je suis dans l’un des meilleurs endroits où l’on peut ressentir cette passion», avait-il déclaré. Mais quelques mois plus tard, les premières crispations ont eu lieu entre José Mourinho et une partie des acteurs du football turc.
Bien que positionné 2ème du championnat, le Fenerbahçe a perdu contre Galatasaray (1-3) et le Besiktas (1-0). José Mourinho en a eu rapidement marre de cet abattement médiatique dont il serait victime d’après lui : «Ils cherchent encore à m’abattre. Donnez-moi un peu de crédit. Il existe cette culture qui va à l’encontre de la stabilité. Les clubs et les joueurs, pour évoluer, ont aussi besoin de stabilité chez leurs entraîneurs et dans leur philosophie. Alors laissez-moi tranquille, laissez-moi travailler en paix. Ne cherchez pas à me faire ce que vous avez fait à Giovanni van Bronckhorst. Je ne connais aucun entraîneur capable de réaliser des miracles en trois, quatre ou cinq mois. Pour moi, il faisait un excellent travail». Le Portugais avait d’ailleurs ironisé lors de la défaite contre le Besiktas : «C’était un très bon match. Il n’y avait pas une grande qualité dans les moments de jeu, mais c’était un bon match et une excellente gestion de la part de l’arbitre. Nous méritions au moins un match nul. Le match était sous notre contrôle, mais nous n’avons pas pu le terminer. Je félicite l’arbitre et Besiktas. La pire équipe a gagné».
Le Special One a refait sa spéciale
Après avoir battu Hatayspor (2-1) dimanche, l’actuel entraîneur du Fenerbahçe s’est encore fortement plaint de la nouvelle copie rendue des arbitres, allant encore plus loin, en utilisant des termes qu’il n’avait encore jamais utilisés. Une impression et un ressenti presque inédits dans la longue carrière de José Mourinho. Plus précisément, il a pointé du doigt deux matches - contre Eyupspor et contre Hatayspor, estimant que les arbitres ont joué un rôle transcendantal : «La seule chose que je peux dire, c’est qu’après 25 ans comme entraîneur, 35 ans dans le football et 10 ans comme assistant, je n’ai jamais rien vu de pareil. Cela a une dimension qui dépasse ce qui est compréhensible. Si les couleurs de l’adversaire étaient différentes, ils auraient pu se retrouver avec huit joueurs. Nous connaissons la ligue toxique dans laquelle nous jouons. Ils savent comment jouer contre nous, comment jouer contre l’adversaire. Il aurait dû y avoir cinq rouges à Eyüp et ce match est la situation. Nos joueurs et nos adversaires le savent. Nous devons continuer notre chemin.», a déclaré l’entraîneur portugais. Ce n’est plus seulement que le Special One considère que le niveau de l’arbitrage turc est plus bas que dans les autres pays, mais plutôt que certains incidents complètement lunaires ne se rapprochent en rien de qu’il a déjà connu et ressenti.
Malgré la victoire, José Mourinho n’a pas été satisfait d’un match où il y a eu plusieurs bagarres et son rival n’a reçu que quatre cartons jaunes : «Pourquoi les médias turcs cachent-ils la vérité ? De quoi les gens ont-ils peur dans ce pays ? De quoi as-tu peur ? Je sais que tu es journaliste, je pourrais être journaliste aussi ? Mais de quoi as-tu peur ? La différence de points est-elle due au football ? La différence de points de vue est-elle due au football joué ? Dites-moi la vérité et arrêtez de me poser des questions. Pour réduire l’écart de points, nous devons gagner nos matches et Galatasaray doit perdre des points. Je pense que nous allons gagner nos matches. Et pourquoi doivent-ils perdre des points ? J’ai appris quelques mots en turc. J’en apprends quelques-uns que j’entends tout le temps. Et hier, le mot que j’ai le plus entendu était "scandale". J’ai appris un nouveau mot», a-t-il conclu. La vérité est qu’au-delà de sa colère, la situation est inquiétante. Fenerbahçe est classé à la 2ème position, à huit points du leader Galatasaray dans un championnat où le futur champion laisse échapper entre 8 et 15 points grand maximum. Rattraper son rival semble désormais être comme une mission presque impossible en Turquie, sauf énorme coup de frein invraisemblable de la part de l’ennemi stambouliote…
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