Hugo Ekitiké : « Kylian Mbappé, c’est ça être un joueur de haut niveau et c’est ce que j’aspire à devenir »

Pur produit du centre de formation du Stade de Reims, Hugo Ekitiké réalise un début de saison canon. À seulement 19 ans et pour sa première saison chez les pros, l’attaquant longiligne à la technique déconcertante a déjà inscrit 7 buts et délivré 2 passes décisives en 16 matches. Pour Foot Mercato, il est revenu sur ce début de carrière tonitruant.

Hugo Ekitiké est la nouvelle sensation du Stade de Reims
Hugo Ekitiké est la nouvelle sensation du Stade de Reims ©Maxppp

Le hall d'entrée du centre de vie Raymond-Kopa est désert. Il faut dire qu'à midi moins le quart le jeudi, tout le monde est au réfectoire. Seuls ou deux par deux, en short et en claquettes, les joueurs sortent peu à peu, la mine satisfaite, repus et relâchés après la séance du matin et la douche qui va avec. Tous s'arrêtent devant le visiteur inconnu, qui patiente devant le bureau d'accueil, pour lui tendre le poing serré. Franck Chalançon, l'entraîneur de la réserve, Mathieu Lacour, le directeur sportif, Oscar Garcia, le coach de la première, prennent le même chemin.

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Dans la salle de presse, tous les fauteuils à pupitre rouges sont libres. Par la baie vitrée, on aperçoit l'un des 15 terrains d'entraînement du complexe sorti de terre à l’orée de la saison 2014-15. Dans le fond, un bâtiment est en construction. Au sommet du football européen de la fin des années 40 au début des années 60, le Stade de Reims semble, comme son onze, avoir rajeuni. Le mètre quatre-vingt-dix et les dix-neuf printemps d'Hugo Ekitiké qui prennent place sur le fauteuil habituellement réservé au coach en sont le symbole.

Foot Mercato : bonjour Hugo. Tu es l’actuel meilleur buteur de moins de 20 ans des 5 grands championnats européens, avec 7 réalisations en 16 apparitions avec Reims. Comment le vis-tu ?

Hugo Ekitiké : j’ai vu passer ça sur les réseaux. C’est une information qui fait plaisir, c’est sûr. C’est bien de savoir que je fais partie du top, surtout de voir que je peux amener le club à ce niveau-là. Mais on n’arrive qu’à la moitié de la saison et je peux encore faire de bonnes choses. Je peux améliorer ça. On juge quelqu’un tout au long de la saison. Je pourrai savourer quand à la fin de la saison je serai toujours dans le top, toujours premier.

FM : quelques mois après tes débuts dans le groupe pro, tu es le meilleur buteur du club cette saison avec une moyenne de seulement 52 minutes disputées par match. Comment vis-tu cette explosion ?

H.E : ce sont des étapes. La première chose, c’est que j’ai confiance en moi. Quand je démarre un match, peu importe l’équipe que j’ai en face de moi, je me dis que je peux marquer ou faire quelque chose de décisif. Ensuite, il y a le travail. Moi-même, je savais au départ que je n’étais pas capable de faire un match en entier. C’est une intensité différente, il faut que ça se mette en place. Quand tu es joueur, tu te dis que tu veux jouer tous les matches 90 minutes. Parfois, entrer en cours de match a été utile. J’ai pu marquer. C’est bénéfique. Aujourd’hui, je peux être décisif en jouant 90 minutes. Sur les derniers matches, c’est ce que j’ai fait. Je n’ai pas de recette, c’est juste que je vise haut. Confirmer que tu es un bon joueur c’est tous les week-ends pouvoir marquer, être décisif. Ce n’est pas de la mauvaise confiance ou un manque d’humilité. Mais j’ai confiance en mes qualités, je sais de quoi je suis capable. Je ne suis pas parfait. Certains matches, je vais moins bien jouer. Je suis dans une phase où je commence à comprendre un peu mieux la Ligue 1. Avec le travail, ça ne peut qu’aller de mieux en mieux.

FM : tu as fait tes débuts en Ligue 1 l’an passé, lancé par David Guion, qui est parti cet été. Quel souvenir gardes-tu de tes débuts et du coach de tes débuts ?

H.E : cela restera le coach qui m’a fait débuter en pro, qui m’a offert mes premières minutes avec le Stade de Reims. Mais je considère que ma première vraie expérience professionnelle était plutôt après, au Danemark. Là-bas c’était vraiment le bain des pros. Avant ça, c’était plus une mise en bouche, une découverte de la Ligue 1. Je n’ai pas vécu ça comme un joueur du groupe, même si j’étais bien intégré. J’étais un joueur qui montait de la réserve. J’ai appris. Je regardais ça de plus loin. Je faisais des bancs, j’étais parfois en tribune. Mais je pense que ça a été bénéfique d’attendre mon heure.

FM : tu évoques ton prêt au Danemark de janvier à juin dernier, comme tes vrais débuts professionnels. Peux-tu me raconter cette expérience ?

H.E : l’idéal est de rester dans ton club et de pouvoir y jouer. Après, cela peut être nécessaire et devenir quelque chose de positif d’aller acquérir du temps de jeu et de l’expérience ailleurs. S’il y a déjà du monde qui performe mais que tu as déjà validé la case de la réserve, c’est une bonne chose de partir en prêt en National, en Ligue 2 voire dans un autre pays. Je me suis intéressé au championnat du Danemark, à comment ça se déroulait là-bas, la manière de jouer et je me suis dit pourquoi pas, ça pourrait être intéressant. J’ai pris ça comme quelque chose d’inédit. À part Timothé Nkada, qui était allé là-bas (Aalborg), je n’avais pas souvenir qu’un jeune soit allé au Danemark pour jouer.

FM : les défenses affrontées étaient-elles "rugueuses," les adversaires "de haut niveau", comme Mathieu Lacour, le directeur sportif du Stade de Reims, l’avait envisagé. Tu t’en es sorti comment ?

H.E : sur certains matches, c’est vrai que j’ai eu affaire à des bons défenseurs. Cela m’a permis de connaître une première expérience professionnelle avant la Ligue 1. C’est quand même un football assez différent. Mais rigoureux, avec beaucoup de duels, intense. J’ai progressé là-bas et j’ai marqué des buts (11 matches, 3 buts, 2 passes décisives sous les couleurs du Vejle Boldklub). C’était bien pour la confiance et ça a validé mon choix de partir là-bas.

FM : c’est là-bas que tu franchi le « dernier » palier vers le monde pro ?

H.E : avant que je marque mon premier but, j’étais un joueur qui jouait en pro mais je ne me considérais pas comme un professionnel, sauf dans mon attitude de travail. A partir du moment où j’ai mis un, puis deux buts, c’est là que je me suis considéré comme un vrai joueur pro. Je pense que j’avais les qualités pour jouer en pro avant de partir au Danemark. Mais, ce sont des étapes. Il faut les accepter.

FM : est-ce que tu conseillerais aux jeunes de Ligue 1 qui ont envie de s'endurcir une expérience comme celle-là ?

H.E : bien sûr. Il faut savoir se faire mal, se mettre dans la difficulté, il faut aimer les challenges. Mais tu ressors plus fort d’une telle expérience. Si tu t’es battu, si tu repars de là-bas sans aucun regret, c’est sûr que tu gagnes en expérience.

FM : comme toi, plusieurs de tes coéquipiers cette saison sont passés par la Pro 2, réserve du Stade de Reims et passerelle vers le professionnalisme. C'est une étape utile ?

H.E : j’étais surclassé lors de la saison 2019/2020. J’ai marqué 5 buts en 12 matchs de National 2 (8 titularisations), à 17 ans, avec ce qu’on appelle la Pro 2. J’ai joué la première partie de la saison suivante avec eux, avant de partir au Danemark. Cette année, on s’est retrouvé avec beaucoup de joueurs qui ont déjà joué en pro 2. Que ce soit Ilan (Kebbal), El Bilal (Touré), Billal Brahimi, qui est parti (à Angers), Moustapha Mbow, Bradley Locko… On vient tous de la réserve. C’est l’antichambre des pros. C’est que le club travaille bien. Tout est mis en place pour nous préparer à jouer le plus haut possible. Quand t’es en Pro 2, tu n’es pas loin… mais si quand même. En réserve, ce n’est rien par rapport à tout ce que tu as à faire quand tu arrives dans le monde pro. C’est déjà bien, c’est sûr, surtout à un jeune âge. Toute personne qui arrive là devrait être fière.

Le numéro 22 de Mickaël Tacalfred

FM : lors de ton passage chez les pros cet été, pourquoi avoir choisi le numéro 22 ?

H.E : c’est un numéro qui me tenait à cœur, qui est spécial pour moi et pour les personnes qui me sont chères. C’est le 22 avril que j’ai mis mon premier but en pro, donc je considère que c’est un numéro qui me porte chance. Le porter, c’est la plus belle chose parce que je me sens protégé. C’est beau. Je remercie le club d’avoir pu me donner ce numéro, qui à l’origine avait été retiré. C’était le numéro de Mickaël Tacalfred (défenseur du Stade de Reims de 2008 à 2016).

FM : Oscar Garcia a pris la relève sur le banc et t’a fait confiance d’entrée de saison. Peux-tu me parler de tes rapports avec lui ? Qu’a-t-il changé, notamment dans ton utilisation ?

H.E : on est sur une philosophie de coach qui est assez différente de celle de son prédécesseur. On a un coach qui aime beaucoup changer les joueurs, faire tourner l’effectif. Il aime tenter des choses. Quand il est arrivé, il nous a fait comprendre que tout le monde aurait sa chance, que le terrain déciderait. Avant de gagner la confiance du coach, il a fallu être bon en pré-saison. J’ai de bons rapports avec lui. On travaille bien. Il est très exigeant envers les jeunes (sourire), très à cheval sur la rigueur défensive. Il parle fort, me demande de me replacer, des faire des courses. Et il m’a fait progresser, m’a appris à me mettre au service du collectif. De base, je préfère attaquer, mais le football de haut niveau ce n’est pas regarder les autres défendre. Il m’a appris à prendre du plaisir en défendant avec les autres.

FM : tu es grand (1m90), mais tu n’as pas encore marqué de la tête cette saison. Le jeu de tête n'est pas ta force première.

H.E : ça dépend des situations en match. À côté de moi, j’ai El Bilal (Touré) et lui sa qualité forte c’est la tête. Il a une grande impulsion, il est vraiment fort dans ce domaine-là, donc forcément moi je ne vais pas me mettre en avant là-dessus. Je suis capable de jouer des ballons de la tête. Je dois encore perfectionner mon jeu, notamment en phase offensive, parce que défensivement, pour aider l’équipe sur coup de pied arrêté, je peux gagner des duels, je suis au point.

FM : contre Lens (0-2), début octobre, tu concèdes un penalty et te fais expulser pour un pied haut dans le visage de Kevin Danso, peu avant la mi-temps. Comment as-tu vécu cet incident ?

H.E : sur le moment, j’avoue que c’était dur. J’étais dans un bon match, peut-être que c’était le meilleur que je faisais. Ça a coupé ma dynamique, je venais de marquer. Je me suis excusé, je n’ai pas voulu faire mal, je voulais rester sur le terrain avec les autres. Je suis sorti, je connaissais ma sentence (2 matches), je savais que j’allais écoper de quelques matches. Je n’ai pas le temps de m’arrêter là-dessus. Si j’y pense à l’entraînement, après c’est fini. J’ai compté sur les autres joueurs, en attendant de pouvoir revenir pour prouver de ma fiabilité. La sélection m’a permis de passer à autre chose. À mon retour, j’ai aidé les autres attaquants à travailler, en sachant que je n’allais pas jouer. La meilleure réponse, c’était d’aller faire gagner des matches à mon retour. J’ai réussi.

FM : si octobre a été marqué par cet épisode, après avoir été élu joueur du mois de septembre, tu es élu joueur de novembre par le club. T’es-tu fixé un objectif ?

H.E : c’est dur de déclarer un objectif. Peut-être que mon objectif en début de saison c’était d’arriver au chiffre que j’ai déjà atteint. Quand ça se passe comme ça, tu te dis que tu dois aller chercher plus loin. C’est ambitieux, parce que je ne suis pas à Paris ou à Marseille, même si on est un bon club, on joue. Mais j’espère que je vais être capable d’aller chatouiller ceux qui sont au-dessus de moi, d’aller les embêter tout au long de la saison. Si on peut entrer dans une bataille avec les meilleurs et se regarder dans les yeux, ça peut être intéressant. Mais tout ça, c’est très personnel. Tout ce que je fais, c’est pour mon club, pour vivre une belle saison, le faire sereinement et surtout pour qu’on puisse prendre du plaisir comme on le fait sur les derniers matches. Que ce soit en marquant ou en faisant des passes, le but c’est aider l’équipe.

FM : l’an passé, Boulaye Dia était l’attaquant prolifique du Stade de Reims (14 buts). On a l’impression que tu prends la succession sans complexe…

H.E : l’année dernière, Boulaye portait l’attaque. Il a été très important. Et si je peux l’être comme lui l’a été, tant mieux. C’est bien. On est dans une situation différente. L’année dernière, c’était plus compliqué. Là, on a déjà été en difficulté mais avec le groupe qu’on a je n’ai pas peur. On est dans une équipe où chacun peut faire briller l’autre. Il faut juste avoir envie de jouer ensemble. Je peux marquer, faire marquer. Lors du dernier match (victoire 2-0 contre Saint-Etienne), El Bilal (Touré) a mis son premier but, Nathanaël (Mbuku) a mis son premier but… si je peux provoquer le penalty et donner le ballon sur le deuxième but, c’est quelque chose de bien. Je sais que la prochaine fois ils essayeront de me le rendre. C’est beau. C’est ça le foot, je pense.

FM : à tes côtés, d’autres jeunes performent : Koffi, Touré, Flips, Mbuku, van Bergen… L’effectif très jeune, c’est ce qui est pointé du doigt quand ça ne va pas… pourtant tu es le symbole de cette jeunesse qui gagne…

H.E : sur le terrain, on ne pense pas avec qui on joue, même si on est entre jeunes, parce que chacun à son destin en main. Chacun joue sa partition, même si on joue ensemble. Si je dois penser au bénéfice de l’effectif jeune, c’est dans la vie quotidienne. Que ce soit sur le terrain d’entraînement ou dans le groupe. On a un bon groupe, tout le monde parle avec tout le monde, les plus vieux avec les plus jeunes. Et ça se voit sur le terrain. On est une vraie équipe, soudée. Certains médias ont dit « le Stade, c’est peut-être encore trop jeune ». Moi je vois ça comme quelque chose de positif. On a un groupe incroyable (sourire). Tout le monde est content. Tout le monde recherche la même chose : la victoire. On ne joue pas que pour nous. Pour les supporters, le staff, les personnes qui travaillent ici. C’est magnifique de pouvoir marquer des buts et de savoir que tout le monde est en osmose, tout le monde est connecté. C’est beau.

FM : tu es un enfant de la ville, un enfant du club… Quels sont tes plus beaux souvenirs du Stade de Reims ?

H.E : j’ai commencé le foot à Cormontreuil, dans la banlieue sud de Reims. J’allais au stade Auguste Delaune. J’ai vu beaucoup de joueurs passer ici. J’en ai vu partir. Des exemples, quand on regarde quand j’étais jeune. Jordan Siebatcheu, parti à Rennes, Cédric Fauré, Diego Rigonato, de très bons joueurs. C’est un sentiment particulier. Personne ne peut vivre ça comme moi je le vis. C’est ma ville. J’aime jouer ici. Et c’est pour ça que c’est important pour moi de faire une saison pleine. C’est magnifique. Je joue chez moi, devant ma famille, mes potes, devant les supporters. Quelque part, c’est un petit message que je veux faire passer pour les plus jeunes. Si ça peut leur permettre de croire en eux, de pouvoir se mettre à ma place et de dire ok, moi aussi je veux réussir ici parce que je suis né ici… On a du talent ici.

« Marquer à Delaune, c’est tout ce que je peux souhaiter à une personne qui a envie d’être heureuse »

FM : tu as inscrit 7 buts depuis le début de la saison. Lequel préfères-tu et pourquoi ?

H.E : c’est dur de choisir. J’hésite entre deux matches. Il y a le but de Lyon, là-bas, à la dernière minute, qui nous donne la victoire. C’est un tout. Débuter sur le banc, entrer en jeu à 1-1, dans un match tendu, alors que le club est dans une situation compliquée. Faire un coup à Lyon c’est une opportunité de se relancer. Le but fait du bien à tout le monde. C’était une délivrance incroyable. Les gens ne nous attendent pas. Gagner contre l’OL c’est un vrai coup… Mais je crois que je ne peux pas détrôner le doublé contre Nantes. Pas parce que c’est un doublé, mais parce que se sont mes premiers buts au stade Auguste-Delaune. J’ai du mal à expliquer ce qu’il s’est passé ce jour-là. C’est un mélange de sentiments. C’est un peu tout ce que je peux souhaiter à une personne qui a envie d’être heureuse.

FM : loin de l’obsession de l’attaquant pour le but, tu as offert deux passes décisives cette année. L’altruisme, c’est quelque chose que le Stade de Reims t’a inculqué ?

H.E : aujourd’hui, quand je démarre un match, j’ai envie de marquer. Je suis un attaquant, mon job c’est de mettre des buts. Les bons joueurs, quand ils ne peuvent pas marquer, ils sont décisifs d’une autre manière. Être décisif d’une autre manière, c’est par une passé clé, provoquer un penalty, donner un bon ballon. Être capable de tout faire. Dans un match où je n’ai pas de situation pour marquer, je vais donner, parce que c’est un plaisir pour moi de pouvoir donner aux autres. Et en général, quand tu donnes aux autres, souvent tu reçois un jour.

FM : grand et fin. As-tu le sentiment que ton physique longiligne (1m90, 76 kg) est une force ? Est-ce qu’il a été difficile de l’appréhender ?

H.E : je ne crois pas que mon physique m’ait beaucoup aidé. Je ne vais pas dire que ça a été un frein, mais beaucoup de personnes en parlaient comme si ça l’était. Certains disaient que je n’avais pas le physique approprié, que peut-être je manquais d’épaisseur, que je n’étais pas assez costaud. Mais ça ne m’a jamais vraiment touché. Le physique cela représente quoi ? Le football c’est la tête, le mental. Tu peux être petit, pas très costaud, mais si tu as la niaque pour gagner des duels, si tu as envie de faire mal à l’adversaire, tu peux. C’est une question d’envie.

« Pour rien au monde je ne voudrais changer mon corps »

Avant, j’étais grand mais pas le plus grand, j’étais frêle, je jouais avec mes qualités. Balle au pied, j’ai toujours eu des facilités. Je suis un joueur de côté de base. J’aime le beau jeu, j’aime la technique, la fantaisie. C’est quelque chose que je veux garder. C’est mon ADN. J’ai joué au ballon en dehors du terrain, dans les cours de récré, sur le bitume, c’est là-bas que ça se travaille. Non, mon corps ne m’a pas porté préjudice parce que je reste un joueur qui fait les efforts physiques, qui gagne des duels. Chacun sa morphologie et pour rien au monde je ne voudrais changer mon corps.

FM : tu es parfois aligné avec un coéquipier aux avant-postes, tu as pu être placé sur l’aile gauche, ou même seul en pointe. Quel est ton poste de prédilection ?

H.E : je suis un attaquant de pointe. Aujourd’hui, c’est comme ça que je me considère. Je peux aussi jouer autour de l’attaquant de pointe. Je peux jouer sur le côté, apporter plus. L‘endroit où j’apporterai le plus, c’est la pointe, c’est là où je me sens le plus à l’aise. Ces dernières années, c’est là que j’ai travaillé. Tout mon travail était autour de la surface. J’ai regardé beaucoup de vidéo et je me suis aussi inspiré d’autres joueurs. Je m’adapte aussi en fonction des choix du coach, je suis capable de jouer à d’autres postes.

« Kylian Mbappé est un joueur magnifique »

FM : en parlant d’inspiration, as-tu des modèles auxquels tu t’identifies, qui t’aident à progresser ?

H.E : sur les dernières années, le joueur que je regarde le plus, qui m’inspire, et pas forcément que sur le terrain, mais aussi pour tout ce qu’il renvoie, c’est Kylian Mbappé. C’est difficile à expliquer. C’est vraiment un joueur que j’observe. Son jeu. Même si c’est un joueur de côté au départ, il joue souvent en pointe au PSG. C’est vraiment un joueur magnifique, qui sait tout faire. Les gens ne se rendent pas compte à quel point il est impressionnant. Pour moi c’est ça être un joueur de haut niveau et c’est ce que j’aspire à devenir. Après, bien sûr, si je me retrouve sur le terrain face à lui, je veux le battre… J’essaie de m’inspirer, sans vouloir le copier, et il y a d’autres joueurs. Karim Benzema par exemple. Ce qu’il fait c’est incroyable. Des tops joueurs et en plus des joueurs français. C’est un lien spécial.

FM : tu as évolué avec l’équipe de France U20 (contre la Tunisie) puis a été appelé en Équipe de France Espoirs (face à l’Arménie). Les Bleus, c’est un objectif ?

H.E : c’est sûr que pour un joueur comme moi, qui n’avait pas été mis sur le devant de la scène internationale auparavant, c’est magnifique d’être convoqué. Je suis très reconnaissant. Si je pouvais être appelé à chaque fois, je signe tout de suite. Aujourd’hui, je sais que ce sont mes performances en club qui m’ouvriront les portes de la sélection. C’est dans un coin de ma tête.

FM : tu as disputé 9 minutes face au PSG, lors de la défaite concédée par Reims au match aller (0-2). Est-ce qu’on ressent quelque chose de particulier quand on affronte cette équipe ?

H.E : c’était un match particulier pour eux, parce que c’était l’évènement du premier match de Lionel Messi, mais de mon côté je ne fais pas de sentiment. Quand j’entre dans un match, je prends ça comme une opportunité d’ajouter ma pierre à l’édifice. Quand je revois les images, que je me pose, je me dis quand même que j’ai affronté Messi, Mbappé, Neymar… C’est beau et cela donne surtout envie de tirer le meilleur de soi-même.

FM : quel coéquipier du Stade de Reims t’impressionne le plus et pourquoi ?

H.E : il y en a beaucoup mais celui qui m’impressionne le plus c’est Yunis Abdelhamid. Il est impressionnant. C’est un vrai capitaine. « Yun » il a 34 ans, il s’entraîne tous les jours comme s’il avait 20 ans. Il a une niaque. C’est vraiment un gros plus dans l’équipe. Quand il est là, on sait qu’on est ensemble. C’est la base, l’ancien de notre équipe avec Nico (Penneteau, 40 ans). Nico aussi est très important. On les écoute beaucoup tous les deux. Ce sont des conseils chaque jour. Quand tu travailles avec un défenseur comme « Yun » à l’entraînement, en tant qu’attaquant tu ne peux que progresser. C’est un top joueur.

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