Bordeaux - Evian TG : les notes du match

Vingt-six ans qu'ils attendaient ça ! Au terme d'un match loin d'être ennuyeux, les Girondins de Bordeaux remportent la coupe de France grâce à leur héros Cheick Diabaté (3-2).

Les Bordelais peuvent remercier Diabaté
Les Bordelais peuvent remercier Diabaté ©Maxppp

Pour cette finale de coupe de France entre un novice, Evian TG, et des Girondins de Bordeaux vainqueur de l’épreuve pour la dernière fois en 1987, ce sont les Marine-et-Blanc qui ont immédiatement pris les devants. Sans doute impressionnés par leur première apparition au Stade de France, les Haut-Savoyards ont très vite laissé le contrôle du ballon à leurs adversaires. Un choix pour le moins risqué face à des Bordelais habiles dans leurs qualités de centres (Trémoulinas, Sertic), rapides (Saivet, Maurice-Belay) et pouvant compter sur un Diabaté en forme olympique en cette fin de saison. Le Malien ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour se distinguer assez rapidement de la tête sur un coup franc d'Obraniak (3e). Deux minutes plus tard, le géant bordelais remet ça en partant seul face au but sur un service d’Henrique, mais Dja Djedje évite le pire (5e). Étouffé, ETG éprouve les pires difficultés à ressortir les ballons et part de trop loin pour espérer placer des contres meurtriers, laissant Khlifa sevré de ballons. Seule une tête de Betão sur coup franc (20e) a permis aux Haut-Savoyards de se distinguer. Rarement inquiétés, les hommes de Francis Gillot ont alors concrétisé leur mainmise sur le match. Encore une fois grâce à l’inévitable Diabaté. Parti à la limite du hors-jeu, l’attaquant girondin récupère un excellent centre de Mariano, efface Laquait d’un crochet et trouve le petit filet droit (1-0, 39e). Le match est enfin lancé, Bordeaux justement récompensé. Des Bordelais qui ont d’ailleurs manqué de doubler la mise juste avant la pause sur un centre en retrait de Trémoulinas repris instantanément de volée par Savet. Mais Laquait veillait (45e).

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Bordeaux finit fort la première période et attaque de manière idéale. Sur une faute de Ninkovic dans la surface sur Diabaté, le Malien obtient un penalty. La balle de break tend alors les mains aux Girondins, mais Laquait permet d’entretenir le suspense en stoppant la tentative du Malien (48e). Un fait de jeu qui a eu son importance. Dans la foulée, Bérigaud lance Wass qui déborde Mariano pour délivrer un centre victorieux à destination de Sagbo (1-1, 50e). Un but qui aurait pu assommer les Bordelais. Mais c’était sans compter sur le mental des Marine-et-Blanc qui, sur un coup franc de Sertic, ont trouvé les ressources pour reprendre l’avantage (2-1, 53e). Le match devient fou.

Malgré ce coup du sort, les hommes de Pascal Dupraz parviennent à revenir. Et encore une fois, tout est venu du côté gauche. Mariano se faire enrhumer par Barbosa qui centre pour Dja Djedje qui devance Henrique au second poteau pour égaliser (2-2, 70e). Bordeaux est touché, Khlifa en profite pour alerter Carrasso dans la foulée sur coup franc (75e). La fin du match est alors tendue, plus aucune équipe n’osant prendre de risques. C’est alors que le héros bordelais, Diabaté, est encore venu faire la différence. Sur un amour d’extérieur du pied de Maurice-Belay, le Malien devance Betão crucifie Laquait (3-2, 89e). La messe est dite. Au terme d’un match où ils se sont fait peur alors qu’ils dominaient, les Bordelais sauvent donc leur saison et joueront l’Europa League la saison prochaine.

Homme du match : Diabaté (7,5) : il est l’homme de la fin de saison des Girondins. Redevenu prolifique en championnat, le Malien a sorti les Girondins d’un sacré pétrin ce soir. Après avoir alerté la défense adverse dès l’entame du match (3e, 5e), il ouvre la marque, parti à la limite du hors-jeu (39e). Imposant physiquement face à l’axe central savoyard, il a bien cru voir la roue tourner après son penalty raté alors que Bordeaux menait au score (48e). Mais il en faut plus pour le déstabiliser. Auteur du but victorieux en toute fin de rencontre (89e), il offre la quatrième coupe de France aux Girondins.

Bordeaux :

  • Carrasso (5) : en première période, hormis une tête de Betão (20e) qui a causé quelques frayeurs, le portier bordelais n’a quasiment rien eu à faire. Au retour des vestiaires, il ne peut absolument rien sur le but égalisateur de Sagbo (50e). Idem sur le second but d’ETG, lâché par sa défense (70e).

  • Mariano (4,5) : certes le Brésilien a été passeur décisif pour Diabaté sur l’ouverture du score (39e), mais son placement défensif a causé pas mal de torts à son équipe. Devancé par Wass sur l’égalisation d’ETG (50e), c’est encore lui qui se fait enrhumer par Barbosa à l’origine du second but savoyard (70e).

  • Henrique (5,5) : dès le début de match, il manque d’être passeur décisif pour Diabaté (5e). Solide dans ses duels, il a été plutôt propre ce soir. Seul bémol, sa faute de marquage sur Sagbo coûte l’égalisation de l’ETG (70e). Mais il s’est bien rattrapé après et a su bien museler Khlifa.

  • Sané (5) : à l’instar d’Henrique, il n’a pas spécialement été mis en danger durant une grande partie du match. Mais comme son compère en défense, il est lui aussi auteur d’un marquage lâche sur les deux buts d’ETG.

  • Trémoulinas (6) : comme à son habitude, le latéral gauche bordelais a régalé ses attaquants de centres judicieux, dont un qui aurait pu se transformer en passe décisive pour Saivet (45e).

  • Obraniak (6) : s’il a laissé à Sertic le soin de se distinguer sur coup de pied arrêté, le Polonais de Bordeaux a tout de même été à l’origine de la première grosse occasion girondine (3e). Il a tenté de fluidifier le jeu de son équipe et a été l’un des joueurs ayant le plus touché le cuir.

  • Plasil (5,5) : le capitaine bordelais a fait le travail ce soir. Sobre, il a toutefois parfois manqué de jus pour accélérer le jeu face à une équipe d’Evian TG facilement mise en difficulté face aux accélérations des flèches bordelaises. Remplacé par Poko (67e).

  • Sertic (6) : précieux sur coups de pied arrêtés, il est passeur décisif pour Saivet juste après l’égalisation adverse (53e). Une activité importante et toujours tournée vers l’attaque.

  • Maurice-Belay (6) : l’ancien Monégasque n’a pas chômé ce soir. Très actif, il a tenté de nombreux débordements. Peu récompensé de ses efforts lors des 45 premières minutes, il pourra se consoler avec sa passe décisive pour Diabaté en toute fin de match (89e).

  • Saivet (6) : sur son côté droit, le jeune Bordelais a eu à qui parler avec Wass. Mais il a eu le mérite de toujours tenter des percées. Juste avant la pause, il manque d’inscrire un but de toute beauté en reprenant de volée un centre de Trémoulinas (45e). Ce n’est que partie remise puisque c’est lui qui marque le but du 2-1 sur un service de Sertic (53e).

  • Diabaté (7,5) : voir ci-dessus.

Evian TG :

  • Laquait (6,5) : cruelle désillusion pour le portier du 16e de Ligue 1. Auteur de parades incroyables (3e, 44e, 55e), il se fait prendre à contre-pied par Diabaté (39e) qui ouvre la marque pour Bordeaux. Alors qu’il s’était payé le luxe de stopper le pénalty de Diabaté (47e), il ne peut rien sur le missile frappé à bout portant par Saivet (53e). Toujours aussi décisif en fin de partie, notamment avec ce double arrêt exceptionnel (55e), il se fera crucifié une dernière fois dans les derniers instants de la rencontre après une mésentente avec Betao (89e)

  • Dja Djédjé (6,5) : quel match de la part du latéral de poche ! Le défenseur formé au Paris Saint-Germain a été au four et au moulin ce soir sur le terrain. Auteur de plusieurs interventions décisives dans sa surface (5e, 11e, 26e, 36e), il inscrit le but égalisateur en position d’avant-centre (70e) à la réception d’un bon centre de Barbosa. En vain, malheureusement.

  • Cambon (4,5) : sale soirée pour le défenseur central. Peu efficace au duel, l’ancien Montpelliérain a souffert face aux nombreuses offensives bordelaises. Lent, il s’est constamment fait prendre dans son dos par les longues transmissions adverses. D’ailleurs, absent au marquage sur Diabaté, il est fautif sur l’ouverture du score des Girondins.

  • Betao (5) : plus solide que son compère de la charnière centrale, le stoppeur brésilien prêté par le Dynamo Kiev a toutefois lui aussi pris l’eau devant les assauts girondins. S’il a permis à plusieurs reprises de soulager son équipe en dégageant des ballons chauds dans la zone de vérité, sa mésentente avec son gardien en toute fin de rencontre coûte un titre à son équipe…

  • Wass (6) : auteur d’une bonne première période, il a offert une grosse débauche d’énergie sur son couloir. Parfois imprécis, il s’est appliqué à bien défendre et son énorme retour sur Diabaté (26e) qui filait seul au but a permis de retarder l’échéance pour l’ETG. L’international danois est également à créditer d’une jolie passe décisive après avoir débordé Mariano (50e), pour le but de Sagbo.

  • Bérigaud (5,5) : leader technique de son équipe, l’avant-centre de l’ETG a emballé la rencontre en initiant l’action du premier but de son équipe. D’une subtile pichenette par dessus la défense, il sert parfaitement Wass qui remet pour Sagbo (50e). Toutefois, il a eu tendance à disparaître totalement de la rencontre par moment. Dommage, car il avait souvent fait la différence en un contre un. A bien négocié les coups de pieds arrêtés.

  • Rabiu (4) : pas assez présent au duel dans l’entrejeu, le milieu de terrain ghanéen a connu les pires difficultés à exister dans la partie. Auteur de plusieurs pertes de balle, il n’a récupéré qu’un faible nombre de ballons dans les pieds adverses. Fatigué de courir dans le vide, il termine le match sur les rotules, pris par des crampes dès la dernière demi-heure. Remplacé par Tie Bi (81e).

  • Sorlin (4,5) : invisible aussi bien à la récupération du ballon qu’à la construction du jeu en début de partie, le capitaine haut-savoyard a beaucoup souffert du pressing constant instauré par les Bordelais. Peu précis dans ses passes, l’ancien Rennais n’a absolument pas pesé sur la rencontre. Averti (28e).

  • Ninkovic (3) : passé totalement à côté de sa finale, le milieu offensif serbe a été tout bonnement inexistant. Rarement trouvé par ses partenaires sur le terrain, il a semblé dépassé par l’enjeu. Auteur d’une faute grossière au retour des vestiaires (47e), il provoque un pénalty stupide qui aurait pu couter cher à son équipe. Logiquement remplacé par Barbosa (58e) à l’heure de jeu.

  • Khlifa (5) : la déception de la soirée côté haut-savoyard. Auteur de bons mouvements, le Tunisien courtisé par l’OM n’a pourtant jamais su se mettre dans de bonnes dispositions pour frapper au but. Serré à la culotte par Henrique, il n’a pas su tirer son épingle du jeu malgré une envie de bien faire manifeste. Son coup franc puissant, juste au dessus des cages de Carrasso, est le seul frisson qu’il a procuré aux supporters ce soir.

  • Sagbo (6,5) : discret en début de partie, principalement à cause de l’outrageuse domination bordelaise, l’ancien Monégasque était obligé de redescendre très bas pour toucher des ballons. Jamais découragé, il sera récompensé de ses efforts en inscrivant le premier but de son équipe après un joli mouvement collectif (50e). Plus incisif en fin de rencontre, il manque toutefois le cadre (77e) après un petit festival aux abords de la surface. Dommage. Remplacé par Angoula (90e).

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