Euro 2020 : ce qu'il faut savoir sur la France

Finaliste de la dernière édition et champion du monde en titre, on peut difficilement faire plus voyant. Notamment quand on a une attaque cinq étoiles et un joueur considéré comme le crack de la prochaine décennie. Maintenant, il faut assumer et surtout garder les valeurs qui ont fait le succès des Bleus en 2018.

Benzema, Antoine Griezmann et Ousmane Dembélé se congratulent
Benzema, Antoine Griezmann et Ousmane Dembélé se congratulent ©Maxppp
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Le parcours de qualification et le groupe

L’euphorie de la deuxième étoile a vite été rattrapée par le serpent de mer d’un jeu trop minimaliste. Sauvé par l’entrée de Kylian Mbappé dans un match amical bien mal embarqué face à l’Islande en octobre 2018, la France prend une première claque un mois plus tard à Rotterdam. Battus sèchement 2-0 par les Pays-Bas, les Bleus connaissent leur première défaite depuis le sacre et conditionnent ce soir-là leur déroute en Nation League. C’est la sixième défaite en match officiel de l'ère Deschamps et elle est comme souvent marquée par une attaque en berne. Pas trop alarmant, il reste du temps, changeons ! Pas si vite. L’équipe de France démarre ses qualifications à l’Euro, en mars 2019, dans son 4-2-3-1 asymétrique bricolé pour le deuxième match de la Coupe du Monde 2018. La poule est abordable et la France écrase facilement la modeste Moldavie pour se mettre en jambes (4-1). La deuxième marche se nomme Islande. L’un des deux « gros » du groupe. Tarif : 4-0. Cela va être une promenade de santé, finalement ?

Pas sûr. En juin la France tend l’autre joue face à la Turquie et s’incline 2-0 à Konya. Un chiffre résume la soirée : les Bleus tirent 4 fois et ne cadrent jamais ! Blaise Matuidi, ailier gauche, est sorti à la mi-temps. Là, ça va bouger ! Toujours pas. Les Bleus marchent sur Andorre (4-0, 3-0), plie l’Albanie (4-1) et écarte l’Islande (1-0). Vient le temps des retrouvailles avec la Turquie, cette fois au Stade de France. La France enfile son 4-2-3-1 de combat, ouvre le score par Olivier Giroud (vous voyez qu’il ne faut rien changer !)… mais se fait reprendre au buzzer sur une tête de Kaan Ayhan (1-1, 82e). Heureusement, la chatte à DD passe par là et la Turquie trébuche face à l’Islande (0-0) : les Tricolores terminent premiers de la poule. L’heure des changements. Les Bleus clôturent leur campagne en 3-4-1-2. Un tournant, puisque la France va enfin se chercher un nouveau visage en 2020. Pour peut être le trouver lors du deuxième match de l’Euro ? Placée dans le groupe F, elle y sera en bonne compagnie, avec le champion du monde 2014 (l'Allemagne), le tenant du titre (le Portugal) et la Hongrie. Si elle ne devra pas trop tergiverser pour éviter une mauvaise surprise, elle part favorite avec la Seleção.

Le onze type

Les qualités et faiblesses

À quelques exceptions près et selon les sensibilités ou l’âge de chacun (certains penseront à la génération 84/86 ou à celle de l’Euro 2000), l’équipe de France dispose du ou de l’un des plus beaux groupes de son histoire. En qualité et en quantité. Là où les Bleus des 80’s puisaient leur force dans le milieu ou ceux de 2000 dans la défense, cette version 2021 mise sur son attaque. On y trouve des flèches, déstabilisateurs et provocateurs de haut vol (Kingsley Coman, Ousmane Dembélé, Marcus Thuram). Un target man ou pivot expérimenté (Olivier Giroud). Des meneurs avancés ou 9 et demi, aussi capables de bouger sur tout le front de l’attaque et de mettre leurs partenaires dans les meilleurs dispositions, comme de se montrer clinique face au but (Karim Benzema, Antoine Griezmann, Wissam Ben Yedder). Et enfin, un dévoreur d’espace dans une forme resplendissante : Kylian Mbappé (que l’on classe à part, du fait de son impact sur la physionomie d’un match et sa tendance à piquer vers l’axe depuis le côté). Difficile de trouver une sélection plus complète dans ce domaine.

Un cran plus bas, l’entrejeu est moins brillant dans sa globalité mais dispose d’un duo ultra complémentaire et qui ne déraille jamais ou presque quand le niveau s’élève : N’Golo Kanté/Paul Pogba. De la forme de ces deux-là dépendra surement une grande partie de l’avenir des Bleus, même si, dans une moindre mesure, Adrien Rabiot devrait avoir une carte à jouer et que Corentin Tolisso a montré de belles choses lors des deux matches de préparation. Enfin, la défense, véritable socle du succès de 2018, est peut être le secteur avec le plus d’interrogations. Samuel Umtiti, surprise à l’Euro 2016, roc en 2018 et complice redoutable de Raphaël Varane a laissé son genou en Russie. Qui alors pour le remplacer axe gauche ? Presnel Kimpembe surement ? Peut-être, mais sa fin de saison en club est inquiétante. Clément Lenglet ? Pas beaucoup mieux. Peut-on alors penser à un repositionnement de Lucas Hernandez en charnière et à laisser le couloir à un Digne très performant cette saison ? Possible, mais peu probable car le défenseur d’Everton n’aurait alors pas de remplaçant…

Le sélectionneur : Didier Deschamps

Un monument du football français. Comme joueur, dans les grandes lignes, c’est 103 sélections en A, une demi-finale à l’Euro 1996 et le doublé Coupe du Monde 98, Euro 2000. Comme sélectionneur, c’est 113 matches dirigés - deuxième plus haut total de la compétition derrière Joachim Löw, champion du monde 2014 et ses 193 parties depuis 2006 -, une finale à l’Euro 2016 et un triomphe à la Coupe du monde 2018. Sur le papier, c’est injouable. Pourtant, sa frilosité tactique chronique - aussi appelée gagne, ou pragmatisme - continue de parfois faire débat. Reste que son travail c’est de faire gagner les Bleus et qu'il le fait plutôt bien.

Le joueur à suivre : Karim Benzema

Facilitateur de jeu offensif dans une équipe qui manquait de fluidité dans ce secteur, KB9 sort qui plus est d’une saison XXL dans une Casa Blanca pourtant en chantier (cf son but en demi-finale aller de Ligue des champions face à Chelsea). Il est, selon l’expression consacrée, le meilleur attaquant français au monde sur la saison et cela tombe bien, il a retrouvé la sélection 5 ans et 237 jours après son dernier match en Bleus le 2 juin face au Pays de Galles. Le point noir du mandat au presque parfait de Deschamps semble oublié, la France du foot d’une certaine manière réunifiée (sur ce sujet clivant tout du moins) et l’attaque des Tricolores a rarement été aussi sexy sur le papier. Comme un élixir de jouvence, Benzema rend tout son sel aux matches les plus quelconques des Bleus : on se demande comment ces trois-là, Antoine Griezmann, Kylian Mbappé et Karim Benzema, vont combiner, se déplacer sur tous le front de l’attaque, permuter, etc Seul bémol, le temps presse pour trouver des automatismes (même si « crack reconnait crack ») et surtout un équilibre général à l’équipe. Il faudra aussi voir comment sa béquille évolue. To be continued…

La liste des 26 :

Gardiens : Hugo Lloris (Tottenham), Steve Mandanda (Olympique de Marseille), Mike Maignan (LOSC) ;

Défenseurs : Raphaël Varane (Real Madrid), Clément Lenglet (FC Barcelone), Presnel Kimpembe (Paris SG), Jules Koundé (Séville), Kurt Zouma (Chelsea), Lucas Digne (Everton), Lucas Hernandez (Bayern Munich), Benjamin Pavard (Bayern Munich), Léo Dubois (OL) ;

Milieux : N’Golo Kanté (Chelsea), Paul Pogba (Manchester United), Thomas Lemar (Atlético de Madrid), Corentin Tolisso (Bayern Munich), Adrien Rabiot (Juventus), Moussa Sissoko (Tottenham) ;

Attaquants : Karim Benzema (Real Madrid), Kylian Mbappé (Paris SG), Antoine Griezmann (FC Barcelone), Olivier Giroud (Chelsea), Kingsley Coman (Bayern Munich), Ousmane Dembélé (FC Barcelone), Marcus Thuram (Borussia Mönchengladbach), Wissam Ben Yedder (AS Monaco).

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