Véritable globe-trotter, Ronaldinho n’en finit plus d’exporter son talent aux quatre coins de la planète. Après le Mexique, le Ballon d’Or 2005 pourrait poser ses valises en Angola. En fin de contrat à Querétaro, le joueur de 34 ans a été contacté par le club de Kabuscorp. Une écurie qui avait déjà attiré Rivaldo en 2012. Si le Brésilien était âgé de 40 ans à l’époque, il avait tout de même claqué 11 buts en 21 matches. Une arrivée qui au-delà du sportif était une belle mise en lumière pour un championnat méconnu. Il en serait de même en cas de venue de Ronnie. Journaliste consultant pour RFI et spécialiste du foot africain, Patrick Juillard en est convaincu : « Ce serait un coup de projecteur. Mais ce ne serait pas le premier puisque Rivaldo, à l’époque, c’était déjà énorme. Ronaldinho ce serait encore mieux. Rivaldo était en toute fin de carrière. Ronaldinho lui est un tout petit peu plus jeune. C’est une star encore supérieure à Rivaldo dans l’esprit des gens. Oui, ce serait un coup de projecteur. Mais ça ne réglerait pas le problème de fond du foot angolais. Il y a un certain afflux d’argent dans les grands clubs du pays. Mais ils n’ont de résultats ni en Coupe Africaine, ni en équipe nationale A. Ils n’étaient pas qualifiés pour la dernière CAN. Le Ministère des Sports a prévu d’organiser prochainement une conférence nationale du football angolais afin de trouver des remèdes à ce manque de résultats au niveau international ». Elle aura lieu dans la capitale Luanda à la mi-juin 2015.

Si le football angolais cherche à évoluer, il est certain que la venue de Ronaldinho serait une bonne nouvelle. Une arrivée tout à fait possible d’après Patrick Juillard : « C’est crédible parce que le club en question, le Kabuscorp do Palanca, a déjà recruté par le passé Rivaldo. L’année dernière, il a recruté Trésor Mputu qui est considéré comme le meilleur joueur congolais. C’était le meneur de jeu et buteur du Tout Puissant Mazembe. Une sorte de Franck Ribéry de Mazembe. Il est allé là-bas pour des raisons financières ». Il faut dire que Kabuscorp dispose de moyens importants afin d’attirer de si grands noms. Des ressources financières qui font énormément parler : « C’est un club qui est dirigé par un mécène qui est un personnage sulfureux. C’est le président Kangamba. Un général qu’on soupçonne d’utiliser le club pour blanchir de l’argent. Il était recherché par Interpol et par les polices de plusieurs pays pour des trafics, du blanchiment. Il a beaucoup d’argent d’origine pas forcément honnête et il se sert de ce club un peu comme d’une vitrine positive ».

Un championnat surprenant

La Girabola, une ligue que n’a pas hésité à rejoindre Mamadou Diawara. Passé par le Clermont Foot avant de sévir en Turquie, à Chypre puis au Portugal, l’attaquant du Recreativo do Libolo nous explique les raisons qui l’ont motivé à tenter l’aventure en Angola l’an dernier : « Je jouais à Belenenses en Première Division portugaise. Ça se passait bien. Au mois de décembre, j’ai reçu une bonne proposition venant de Libolo, l’un des meilleurs clubs angolais. C’est un club ambitieux qui joue la Ligue des Champions. C’est une compétition de plus que j’aurai joué dans ma carrière. Ça m’a séduit tout de suite ». À 25 ans, il entame sa deuxième saison dans le championnat angolais. Un championnat qui l’a vraiment étonné : « Le niveau du championnat m’a surpris. Vu que l’Angola est une ancienne colonie portugaise, il y a beaucoup de jeunes joueurs issus du championnat portugais qui viennent jouer ici. On est plusieurs de Belenenses. Il y en a un qui vient de Paços de Fereira. Il y en a un qui jouait à Manchester United plus jeune (Evandro Brandão, Ndlr). D’année en année, le championnat continue de progresser. On parle même de Ronaldinho ». Une progression qui n’est pas forcément anodine d’autant que la Girabola possède plusieurs atouts : « En Afrique, l’ambiance est différente. Ici, ils vivent vraiment le foot d’une façon incroyable. C’est beau. C’est un pays qui a les moyens et qui a de belles installations. Je ne vous mens pas, j’ai été surpris. Le football se développe assez rapidement ici. Financièrement, c’est vraiment pas mal aussi. Les salaires sont très hauts ». Il faut souligner que les clubs angolais appartiennent à des mécènes, des hommes d’affaires fortunés.

Un titre à conserver

Mais rien ne dit que Mamadou Diawara poursuivra l’aventure à l’issue de son contrat qui expire en fin d’année 2015. En bon globe-trotter, l’ancien Clermontois ne ferme la porte à aucune possibilité : « Peut-être que j’irais voir ailleurs. Un retour en France ? On ne dit jamais non ». Mais rester en Angola peut-être une option à envisager. D’autant que tout se passe très bien pour le joueur sacré champion d’Angola 2014. Un excellent moment forcément. « C’est l’un des meilleurs souvenirs de ma carrière. C’était magique d’être champion avec une super équipe. En plus c’était ma première année là-bas. Être directement champion, c’est juste exceptionnel. Il n’y a pas mieux ». Un titre que Libolo compte bien défendre cette année. « Le club a fait un bon travail pour cette nouvelle saison, précise Diawara. L’équipe est encore plus forte que l’an dernier. On dit d’ailleurs que c’est la meilleure équipe que le club ait eu. On va essayer de travailler et défendre notre titre. On veut aussi aller le plus loin possible en Ligue des Champions ». Le championnat vient tout juste de débuter le week-end dernier. Il a lieu de mi-février à mi-novembre. Vainqueur pour la première fois de la Super Coupe nationale, le Recreativo do Libolo a concédé le nul (2-2) lors de la première journée face à Kabuscorp, vice-champion 2014.

Deux formations qui figurent parmi les favoris pour l’exercice 2015 selon Patrick Juillard : « Je pense que deux équipes sont les mieux armées. Le Recreativo do Libolo est tenant du titre et a été champion trois lors des quatre dernières années. Ils ont recruté un coach français, Sébastien Desabre, qui a de bons résultats en Afrique, notamment avec l’ASEC d’Abidjan. Il a de l’ambition, il veut gagner une Ligue des Champions. Toutes proportions gardées, il a des points communs avec Hervé Renard. Libolo a un bon effectif. Il y a aussi le Kabuscorp qui a une puissance financière plus forte. Il y a de bons joueurs, qui souvent ont fait une bonne carrière en Europe. Il y a Meyong et Mputu ». Mais les autres clubs auront eux aussi leur mot à dire dans un championnat homogène. Une ligue qui doit encore passer un cap : « Il manque peut-être d’une locomotive, comme on a le TP Mazembe ou l’AS Vita Club, ajoute le spécialiste du foot africain. Il manque un club qui est vraiment très régulier au plus haut niveau pour avoir des résultats dans les coupes et un peu tirer le foot vers le haut ». Ce sera peut-être le cas du Libolo de Mamadou Diawara dont les ambitions sont élevées cette saison.