Foot Mercato : Tout d’abord Jean II, comment allez-vous ?

Jean II Makoun : Je vais très, très bien merci. Je suis en Afrique avec la famille, en vacances, on passe du bon temps et tout se passe bien. Côté santé aussi, tout va bien.

FM : Place donc aux vacances après un exercice ponctué par le titre de champion et la victoire en finale de la Coupe de Grèce avec l’Olympiakos. Quel regard portez-vous sur votre saison ?

JM : Je pense que j’ai fait une bonne saison, globalement. J’ai eu beaucoup de temps de jeu, avec en plus le titre, c’est une bonne expérience en Grèce, dans une bonne équipe, avec une très bonne ambiance. Je suis très content de l’équipe et de moi-même.

FM : Vous attendiez-vous à connaître une si belle saison ?

JM : On a toujours envie de faire de grandes saisons et de gagner des titres. Après, il y a des hauts et des bas. Mais quand vous êtes dans un club comme l’Olympiakos, vous avez toujours envie de gagner quelque chose pour tout ce que ce club représente, pour la grandeur de ce club.

FM : Comme vous le dites, ce club représente énormément de choses en Grèce. Comment décririez-vous la ferveur des supporters, passionnés de ballon rond ?

JM : C’est une grande passion. Je m’y attendais avant et, arrivé sur place, j’ai vraiment découvert des gens très sympas, passionnés, prêts à vraiment crier pour un match, une victoire. Il y a des matches où on n’était pas bien, mais malgré tout les gens nous encourageaient à l’aéroport ou dans la rue. C’était vraiment un truc de fou !

FM : Vous qui avez connu les derbys OL-ASSE, pensez-vous que la rivalité Olympiakos-Panathinaikos se situe encore un cran au-dessus ?

JM : Je pense que c’est vraiment un cran au-dessus. Dès que je suis arrivé là-bas, on ne m’a parlé que de ça. Quand vous voyez les OL-ASSE, il y a des Lyonnais et des Stéphanois dans le stade. Là, quand l’Olympiakos reçoit le Panathinaikos, il n’y en a que pour l’Olympiakos. Et quand c’est le Panathinaikos qui reçoit, il n’y en a que pour le Panathinaikos. Les gens ne veulent même pas se voir, ils ne veulent même pas se sentir ! Je pense que s’ils se voient, il n’y a même pas de match !

FM : Le championnat grec reste malgré tout méconnu en France. Que pourriez-vous nous dire sur son réel niveau ?

JM : Oui, le championnat est malheureusement méconnu. En fait, ce qui est embêtant, c’est que tu as cinq clubs qui se valent. Après, les autres, ils essayent de suivre. C’est ce qui est dommage. Mais après, je peux vous rassurer, il y a une bonne ambiance, des joueurs de bon niveau, de qualité. Nous, à l’Olympiakos, c’est encore autre chose parce qu’on n’a que des internationaux et des mecs bourrés d’expérience. On a une équipe très compétitive, on n’a pas été ridicule en Ligue des Champions, bien au contraire ! On sort d’un petit but que Marseille marque. Mais on a battu Arsenal ou Dortmund, le champion d’Allemagne. Ça prouve qu’on a un très bon niveau. Je conseille aux gens qui veulent regarder ce championnat de ne pas hésiter à le faire, parce qu’il y a des joueurs de qualité.

FM : Kevin Mirallas a cartonné cette saison avec l’Olympiakos. Quel regard portez-vous sur son parcours ?

JM : J’ai joué pas mal de saisons avec lui à Lille. J’ai constaté qu’il avait encore progressé dans le volume de jeu, l’efficacité, la maturité. Il a évolué, je suis très content pour lui. Il nous a fait du bien cette saison.

FM : Il se dit d’ailleurs que le Bayern Munich le suit. Estimez-vous qu’il a les moyens de rejoindre un tel club ?

JM : J’espère pour lui qu’il ira là-bas. Il a fait de très bonnes choses dans un bon club qui est l’Olympiakos. Maintenant, c’est sûr que quand on parle du Bayern, c’est autre chose. Il a bien progressé et, pour moi, ce serait bon pour lui de connaître de tels clubs et de se frotter à d’autres joueurs. Après, c’est à lui de voir. S’il va dans un club comme le Bayern Munich, c’est très bien pour lui. Je pense qu’il est prêt à relever ce genre de défi.

FM : Pour en revenir à vous, une fois vos vacances terminées, quelles seront vos ambitions pour l’exercice à venir ?

JM : Là, je suis en vacances, j’ai la chance de ne pas être au chômage puisque j’ai encore deux ans de contrat avec Aston Villa (rires). Je vais donc repartir là-bas. Voilà ce qui est sûr pour l’instant, après il y a encore beaucoup de temps d’ici la reprise. Ça va être la période des transferts, et ça concerne tous les joueurs.

FM : Écouterez-vous toutes les offres qui se présenteront à vous, ou votre objectif est-il avant tout de vous imposer à Aston Villa ?

JM : Je suis prêt à écouter toutes les offres ! Je pense que c’est la loi du football, la loi du milieu. Après, rester à Aston Villa ne me dérangerait pas du tout, vraiment pas du tout. C’est un club qui m’a recruté, avec qui je suis sous contrat. Mais les offres sont toujours les bienvenues, pour n’importe quel joueur. Je suis ouvert à tout, mais il ne faut pas oublier que j’appartiens à Aston Villa.

FM : Pourriez-vous éventuellement repartir pour un tour du côté de l’Olympiakos ?

JM : Rien n’est clos pour personne. J’ai vécu une très belle aventure là-bas, ça m’a permis d’avoir enfin des titres (rires) ! La porte n’est pas fermée, je suis à l’écoute. Dans le foot, tout peut aller très vite et tout est possible. Surtout à cette période, où il y a forcément beaucoup de coups de fil, de sollicitations.

FM : Vous qui avez bien connu la Ligue 1, est-ce qu’un retour en France trotte dans un coin de votre tête ?

JM : Un retour en France... Dans le foot, il faut surtout savoir où est-ce qu’on a besoin de vous, où est-ce qu’on a envie de vous. Et après, il faut s’imposer et gagner sa place. Il faut gagner sa place sur le terrain où qu’on soit.

FM : Vous avez porté les couleurs de Lille et de Lyon. Une expérience rhodanienne mitigée, avec notamment certains supporters qui vous ont pris en grippe. Quel bilan faîtes-vous de cette période lyonnaise ?

JM : Moi, je pense que ça s’est bien passé. Si on voit les saisons que j’ai pu faire là-bas, le nombre de matches que j’ai pu jouer, j’ai disputé un nombre incalculable de matches. Après, avec ce qu’il s’est passé avec les supporters, beaucoup de gens ont cru que ça s’était mal passé. Mais moi, ça ne m’a rien fait. Je pensais avant tout à ce qu’il se passait sur le terrain. Si on regarde les statistiques, je pense que ça s’est bien passé.

FM : Avez-vous pu malgré tout ressentir de l’amertume vis-à-vis des supporters ?

JM : Ça ne m’a pas empêché de jouer et d’évoluer. Malgré ça, j’étais toujours sur le terrain. C’est vrai que, sur cette période, on n’a rien gagné. Ça, c’est sûr. Mais tous ceux qui étaient là durant cette période n’ont rien gagné, il n’y a pas que moi ! Beaucoup ont été très ingrats en voulant mettre le fait qu’on n’ait rien gagné sur le dos d’une personne. Beaucoup de personnes ont dit un peu n’importe quoi, mais personnellement je ne me suis jamais fait de soucis par rapport à ça.

FM : Et s’il y a bien une autre personne qui a eu droit aux sifflets du Stade de Gerland, c’est Claude Puel. Quel regard portez-vous sur cette période qui n’a pas été simple pour lui ?

JM : Je ne me suis pas fait de soucis pour lui, parce que je savais qu’il allait rester fort malgré tout. Je pense que, si ça avait été quelqu’un d’autre, il serait parti au bout de deux matches. Moi, le connaissant, je n’étais pas inquiet car je savais que ça n’allait pas l’arrêter.

FM : Et comment jugez-vous le parcours du LOSC, sacré champion de France en 2011, vous qui avez explosé dans ce club ?

JM : Lille a progressé au fil des saisons, après notre passage, et avec ceux qui sont là maintenant. Ils ont un parcours qui reflète la progression du club depuis pas mal de saisons maintenant. Je pense que c’est mérité, ils sont restés dans une logique de progression en termes de joueurs et d’organisation. Il faut leur tirer un grand coup de chapeau, car c’est vraiment l’un des clubs qui a le plus progressé ces dernières saisons. Je suis content pour eux, j’espère que beaucoup de clubs suivront leurs traces.

FM : Enfin, vous qui dans votre carrière avez pu évoluer aux côté de joueurs comme Juninho, Hazard, Eto’o, ou Benzema, lequel vous a le plus marqué ?

JM : Tous les joueurs que vous avez cités sont tous différents, mais m’ont tous marqués chacun à leurs manières. Leurs qualités ne peuvent plus être exprimées, on sait ce qu’ils valent. Chacun m’a marqué par ses qualités, son jeu, son football. Je ne suis pas le seul à avoir été marqué, c’est le cas de tout le monde, et ça va continuer comme ça.