Reculer pour mieux sauter. Formé à l’AS Nancy Lorraine, Wilfried Domoraud (25 ans) n’a pas eu sa chance et a donc préféré s’exiler pour croire en son rêve. En Angleterre d’abord, en 2007. « On me proposait un contrat professionnel, alors je n’ai pas hésité. Je suis passé à Yeovil Town, en troisième division en Angleterre, j’ai fait un an. C’était fort, j’étais agréablement surpris parce qu’en 3e division, il y avait souvent 30 000 personnes au stade. J’étais impressionné, ça m’a marqué. Je suis parti ensuite en quatrième division à Woking, pendant un an et demi », a-t-il confié à Foot Mercato.

À l’issue de son aventure à Woking, le natif de Maisons-Alfort a pris le pari de rejoindre l’Autriche. Et pas à pas, il y a gravi les échelons. « Mon club en Angleterre allait descendre en 5e division et perdre le statut professionnel. Je voulais rester dans le monde professionnel. Et à cause d’une règle un peu injuste, je n’ai pas pu retrouver de club là-bas. J’ai donc dû quitter l’Angleterre. Et je n’ai eu que l’Autriche comme opportunité. Je n’avais jamais pensé à aller là-bas, mais dans le football, on ne sait jamais. Je ne connaissais rien. Je me suis vite adapté parce que je parle bien anglais. J’ai commencé à marquer. On m’a vite apprécié et moi, j’ai appris à aimer le pays. J’ai atterri à Dornbirn, en novembre 2009. J’ai fait six mois, en troisième division, et je suis parti en deuxième division, à Hartberg. J’ai plu à un club de première division, à Mattersburg », a-t-il expliqué.

Après deux saisons compliquées, marquées par des blessures notamment, l’attaquant est transféré à l’Admira Wacker l’été dernier. Bien dans sa tête et dans son corps, il explose littéralement après avoir été repositionné sur l’aile gauche. « Je suis un attaquant de pointe. J’ai été replacé sur le côté gauche, parce qu’à un moment donné, je ne marquais plus. Comme l’entraîneur m’appréciait, il a décidé de m’enlever de la pression en me mettant à gauche, parce que j’avais les qualités pour. C’était dur au début parce qu’il faut faire beaucoup d’efforts défensifs. Mais je me plais bien à ce poste finalement », a-t-il indiqué. Ses 6 réalisations en 28 matches de Bundesliga sont là pour le prouver et font de lui l’un des joueurs les plus en vogue du championnat local. Il rêve aujourd’hui de revenir en France.

« J’aimerais retourner en France, pour me rapprocher de ma petite fille et prendre une petite revanche, parce qu’en France on ne m’a pas fait confiance. Je veux prouver que j’ai le niveau pour revenir en France. Ou du moins dans un championnat plus médiatisé, qui me permettrait de me rapprocher de ma fille. Pour y parvenir, j’ai confié mes intérêts à une agence française (Kemari). Ils sont venus me voir plusieurs fois en Autriche et travaillent dur pour moi sur la France, mais aussi sur d’autres championnats comme la Belgique et l’Angleterre », a-t-il avoué. Selon nos informations, il dispose déjà de quelques touches, en Ligue 2 notamment, à Caen, Clermont et Niort. Wilfried Domoraud peut donc croire en son rêve de retour dans l’Hexagone. Une étape de plus pour atteindre un nouvel objectif, la sélection de Côte d’Ivoire. « Les Éléphants c’est un rêve et une ambition. J’ai eu des contacts, à l’époque, pour disputer le Tournoi de Toulon. Si je continue à marquer des buts, ils reviendront », a-t-il conclu. Reculer pour mieux sauter...