Historiquement considérée comme une nation faible à l’échelle européenne, l’Islande a bouleversé la hiérarchie ces dernières années. Après une campagne encourageante lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 qui s’est arrêtée en barrage contre la Croatie, les Strákarnir okkar ne se sont pas désunis. Tout d’abord avec une qualification pour l’Euro 2016 dans un groupe où figuraient les Pays-Bas, la République Tchèque et la Turquie. Ensuite avec un parcours quasiment parfait jusqu’en quart de finale du tournoi continental. Enfin avec une première qualification pour la Coupe du monde 2018. Pourtant depuis, la dynamique semble cassée et l’Islande connaît une première zone de turbulence depuis longtemps.

Tout démarre par la démission du sélectionneur Heimir Hallgrímsson le 17 juillet dernier. Celui qui est également dentiste était à la tête de la sélection depuis l’Euro 2016 et avait joué le rôle d’adjoint de Lars Lagerbäck depuis 2011. Malgré un bilan positif, il a décidé de partir de son plein grès. Pour prendre sa succession, le Suédois Erik Hamren a été désigné comme nouveau sélectionneur. Lui qui avait pris la suite de Lars Lagerbäck imite de nouveau l’actuel coach de la Norvège. Pour débuter, il devait affronter la Suisse et la Belgique dans le cadre de la Ligue des Nations. Certes, il ne pouvait pas compter sur Johann Berg Gudmundsson, Alfred Finnbogason, Emil Hallfredsson et Aron Gunnarsson. Soit trois cadres et le capitaine emblématique de la sélection. Toutefois rien ne s’est passé comme prévu.

Un triste mois de septembre

Face à la Suisse, les Strákarnir okkar ont complètement sombré. Une défaite à 6-0 et un baptême dont se souviendra Erik Hamren. En conférence de presse, il a assumé ce large revers avant de donner rendez-vous pour le match suivant contre la Belgique. « C’est de ma faute, c’est de ma responsabilité. C’est moi qui dois amener les joueurs à croire en eux, ce qui n’était manifestement pas le cas après le 3-0. À ce moment-là, on a tout perdu. La foi, l’organisation, le coeur... Tout. J’aimerais m’excuser auprès des supporters pour ce que nous avons montré. Maintenant, on doit relever la tête et montrer ce dont on est capable. On a du caractère et on va le prouver mardi chez nous. » Des paroles qui n’ont pas été suivies par les actes. Trois jours plus tard, l’Islande subissait la foudre de la Belgique et s’inclinait 3-0.

Passablement déçu, Erik Hamren tenait à retenir le positif et l’état d’esprit affiché par ses joueurs : « Malgré la défaite, je suis heureux de la manière dont avons joué en équipe contre la Belgique. Après notre défaite en Suisse, la performance était très importante pour nous. On a tenté ce qu’on a pu, mais, surtout, on a joué en équipe et cela me rend heureux. Je pense qu’on a joué une des meilleures formations au monde. » Une première trêve, deux défaites, neuf buts encaissés, zéro but inscrit et de nombreux doutes, voilà ce qui vient à l’esprit pour désigner l’Islande d’Erik Hamren. Si le talent est toujours là avec entre autres Gylfi Sigurðsson (Everton, 29 ans), Hördur Magnusson (CSKA Moscou, 25 ans) ou Rúnar Alex Rúnarsson (Dijon, 23 ans), l’Islande doit retrouver un nouveau souffle. Quasiment relégués en Ligue B de la Ligue des Nations, les Strákarnir okkar misent tout sur les qualifications de l’Euro 2020. L’occasion de montrer que la parenthèse dorée du football islandais n’est pas tout à fait terminée.

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