Samuel Eto’o, Diego Forlan, Fabio Quagliarella, Amauri, Alberto Gilardino. Le point commun entre tous ces joueurs ? Ils ont tous, ces derniers mois, été associés au club du Toronto FC. Oui, cette formation canadienne franchisée en MLS depuis 7 ans désormais, et qui n’a encore jamais accroché les play-offs dans son histoire. Autant dire que les rumeurs citées ci-dessus avaient de quoi surprendre en premier lieu. Un peu moins, lorsque l’on sait que la Maple Leaf Sports & Entertainment Limited (MLSE), compagnie qui gère toutes les franchises – NBA, NHL, AHL et donc MLS – de la ville canadienne a changé de main il y a peu. Le repreneur, Tim Leiweke, possède un certain bagage et une affection pour le football : ancien directeur d’AEG, compagnie semblable à la MLSE qui détient les Los Angeles Lakers et Los Angeles Galaxy, c’est à lui que l’on doit l’arrivée de David Beckham en Californie en 2007. Dès sa prise de fonction il y a quelques mois, il a annoncé du remue-ménage à l’horizon 2014. Pointant le fait que l’équipe de football était « la plus faible » des franchises détenues par son groupe, il a promis l’arrivée de grands joueurs.

En septembre dernier, Leiweke assurait donc qu’il allait se déplacer personnellement sur le Vieux continent « pour trouver deux attaquants de classe internationale. » D’où les rumeurs continuelles. Mais des rumeurs qui pour la plupart, ont été avérées et se sont matérialisées en offres. Pour Alberto Gilardino notamment, l’avant-centre qui a longtemps été susceptible de constituer le premier renfort de standing du club drivé par Ryan Nelsen – ancien défenseur des Blackburn Rovers. Les Canadiens avaient même trouvé l’accord avec le Genoa sur la base d’un transfert à 6M€, avant que l’attaquant ne refuse la destination et un salaire de 3M€ annuels sur trois saisons. Pour autant, le Toronto FC et son ambitieux propriétaire n’ont pas abdiqué, et ont fini par trouver le joueur recherché, en la personne de Jermain Defoe. L’attaquant de Tottenham, qui n’entrait plus dans les plans des Spurs, a fait l’objet d’une superbe offre de 10 millions de dollars, soit 7,35 M€. Acceptée, évidemment. Tout comme la proposition salariale formulée au joueur : avec un bail longue durée – 4 saisons – et un salaire annuel flirtant les 5,5 M€, l’international anglais de 31 ans n’a pas hésité bien longtemps. Il sera de plus le footballeur le mieux payé de la division.

Et à meilleur salaire, le Toronto FC joint aussi un record : celui du transfert le plus élevé de l’histoire de la MLS. Un record que Defoe partagera avec Michael Bradley. Le Yankee a lui aussi rallié la franchise canadienne, tandis que la Roma, qui ne comptait plus sur lui après le recrutement de Nainggolan, a elle aussi récupéré 7,35 M€. Une grosse somme, à laquelle s’est jointe une nouvelle proposition salariale importante, ESPN faisant état d’un contrat de 6 ans à presque 5 M€ par campagne. Et un dernier coup n’est pas à exclure venant de Leiweke. La règle du « Designated Player », qui autorise chaque franchise de MLS à accorder un salaire libre à 3 joueurs de son effectif sans tenir compte du salary cap habituellement appliqué, permet encore au club de se payer une dernière folie. Et il faudra très certainement compter dessus d’ici mars prochain et la reprise du championnat américain, où le Toronto FC apparaît déjà comme un sérieux prétendant au titre. D’autant que passés les Defoe et Bradley, le club a déjà rapatrié sa vieille gloire Dwayne De Rosario, et des éléments intéressants comme les Brésiliens Gilberto et Jackson. Oui, ce Toronto FC compte bien faire son entrée dans le football qui compte, et ne lésinera pas sur les moyens.