L’Allemagne faisait face à son destin ce soir face à la Suède. Battue à la surprise générale par le Mexique lors de son premier match, elle n’avait pas vraiment d’autres choix que de l’emporter à Sotchi pour encore espérer se qualifier en 8e de finale. Joachim Löw procédait à quatre changements afin de frapper les esprits. Si les choix d’aligner Rüdiger à la place de Hummels blessé, et de remettre le titulaire Hector, malade contre el Tri, en remplacement de Plattenhardt n’avaient rien de surprenant, le sélectionneur laissait Khedira et Özil sur le banc de touche pour envoyer Rudy et Reus. En face, la Suède pouvait assurer sa qualification en cas d’exploit face au champion du Monde. Andersson ne procédait qu’à un seul changement par rapport à la victoire contre la Corée du Sud avec l’entrée de Lindelöf en défense centrale à la place de Jansson.

La Mannschaft débutait tambour battant cette rencontre. C’est bien simple, les dix premières minutes se passaient dans le camp, voire dans la surface suédoise. Bilan : 122 passes à 6, 92% de possession de balle et deux situations chaudes grâce à Draxler (3e) et Werner (9e). Concassés, les Suédois faisaient le dos rond et trouvaient même de la ressource pour exploiter la moindre perte de balle adverse. Après une première course avortée de Forsberg (6e), Berg profitait d’un ballon égaré par Rüdiger pour s’en aller défier Neuer. L’attaquant parvenait à tirer mais se retrouvait déséquilibré par Boateng sans que l’arbitre n’indique le point de penalty ni n’ait recours à la VAR (12e). Une première alerte sans conséquence pour l’Allemagne. Face à ce bloc bas, le Champion du Monde commençait à mettre plus de temps à trouver des solutions et perdait en plus Rudy, blessé au nez après un pied de Toivonen, et remplacé par Gündogan (31e).

Kroos sauve l’Allemagne

L’attaquant de Toulouse, auteur d’une mauvaise saison en Ligue 1, devenait le protagoniste principal de ce match. Après avoir malencontreusement blessé son vis-à-vis, il ouvrait le score en concrétisant un ballon de Larsson depuis la droite (0-1, 32e). Virtuellement éliminés, les Allemands réagissaient rapidement mais butaient sur un Olsen brillant et heureux face à Gündogan puis Müller (39e). Juste avant la pause, les Blagult frôlaient le break mais Claesson ratait son crochet sur Hector (44e) et Neuer réalisait une magnifique parade sur la tête de Berg (45e+2). Encore en vie, l’Allemagne jouait clairement avec le feu. Löw impulsait une nouvelle énergie et changeait de tactique en se passant de Draxler pour faire entrer Mario Gomez à la pause. Bien lui en a pris car la Mannschaft revenait sans attendre dans cette rencontre. Lancé par Kroos, Werner tentait de trouver le nouvel entrant mais c’est Reus qui égalisait du genou (1-1, 48e).

L’Allemagne appuyait fort et montrait les mêmes velléités qu’en début de première période. Dans la foulée de l’égalisation, Müller plaçait un coup de tête juste à côté du cadre (51e). C’est ensuite Hector qui écrasait trop sa frappe devant Olsen (56e). Le gardien suédois entamait son immense solo. Il était présent sur tous les ballons chauds et avait la réussite de son côté, comme sur ce centre dévié par Granqvist sur sa cuisse (72e). Le portier de Copenhague profitait aussi de la maladresse des attaquants. Signalé injustement hors-jeu, Gomez manquait complètement sa reprise (74e). Werner ne faisait pas mieux sur ce plat du pied après un centre de Müller (81e). Boateng ne facilitait pas la tâche des siens en écopant de deux cartons jaunes en 10 minutes (71e, 82e). Malgré cette fin de match en infériorité, l’Allemagne poursuivait ses efforts. Neuer s’employait aussi (83e) mais Olsen réalisait un arrêt miraculeux sur cette tête à bout portant de Gomez (88e). C’est ensuite son poteau qui le sauvait sur cette reprise limpide de Brandt (90e+2). En revanche, il ne pouvait que constater les dégâts sur ce coup-franc joué à deux entre Kroos et Reus. La frappe du Madrilène terminait dans la lucarne (2-1, 90e+5). Incroyable renversement de situation car avec ce but, l’Allemagne l’emporte et sauve sa tête dans ce Mondial.

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L’homme du match : Kroos (7,5) : dépositaire du jeu allemand en temps normal, il avait du mal à se montrer précis à l’image de ses coups de pied arrêtés. Auteur d’une passe horrible au début de l’action, il était ensuite complètement passif dans le duel qui l’opposait à Toivonen sur l’ouverture du score du Toulousain (1-0, 32e). Décevant dans cette entame, il se remettait la tête à l’endroit lors du passage au vestiaire. Sur coup franc, il trouvait Müller qui manquait le cadre (50e). Suite à une remise de Gomez, il tentait une frappe qui passait au-dessus du but d’Olsen (65e). Au fil des minutes, il prenait le match en main. C’est simple, il touchait 144 ballons ce soir. Sur un coup franc joué avec Reus, il délivrait tout en peuple en donnant la victoire à l’Allemagne (90e +5).

Allemagne :

- Neuer (6,5) : rapidement sollicité, il réalisait une sortie autoritaire devant Berg (12e). Il s’inclinait ensuite devant Toivonen sans être pour autant fautif (1-0e, 32e). Suite à un coup franc, Berg plaçait une tête et le portier permettait à la Mannschaft de rester en vie (45e +2). Moins inquiété par la suite, il montait beaucoup pour relancer au plus vite. Sur corner, Forsberg le mettait à contribution d’une lourde frappe qu’il captait avec une grande facilité (76e).

- Kimmich (6) : très haut dans son positionnement, le joueur du Bayern Munich apportait le surnombre dans la partie de terrain suédoise. Combinant avec Reus et Müller, il a mis le feu dans la défense adverse par moment sans que cela se conclue par un but. Il adressait un centre fuyant pour Reus qui manquait de peu le doublé 61e). Une prestation sérieuse où il a fait étal de sa qualité de passe.

- Boateng (5) : positionné très haut pour distribuer le jeu, il donnait un bon nombre de nombre de ballons pour ses coéquipiers. Il aurait dû concéder un penalty pour une poussette sur Berg, mais l’arbitre ne bronchait pas (12e). Bien plus rassurant que Rüdiger, il a bien défendu face aux offensives de la Suède. Auteur d’une faute sur Forsberg, il était averti (71e). En fin de match il recevait un deuxième carton jaune pour un tacle sur Berg et était expulsé (82e).

- Rüdiger (3,5) : auteur d’une grosse erreur au milieu du terrain, il a mis en difficulté son équipe en tout début de rencontre (12e). Il se faisait dominer par Toivonen sur l’ouverture du score des Suédois (1-0, 32e). Très brouillon, il a réalisé un premier acte très décevant. Pas franchement plus consistant en seconde période, le joueur de Chelsea n’a pas apporté une grande sérénité.

- Hector (5,5) : libre dans ses mouvements, il faisait l’essuie-glace dans son couloir. Apportant du danger offensivement par ses centres de qualité, il n’oubliait pas l’apport défensif où il n’hésitait pas à enfiler le bleu de chauffe. Il réalisait d’ailleurs une intervention parfaite devant Claesson (44e). Dans la surface suédoise, il réalisait une reprise trop molle pour tromper Olsen (56e). En fin de match, il laissait sa place à Julian Brandt (87e) qui trouvait le poteau (90e +2).

- Kroos (7,5) : voir ci-dessus.

- Rudy (non noté) : titularisé en lieu et place de Khedira pour stabiliser l’équipe allemande, il réaliser un bon début de match. À l’entrée de la surface, il tentait sa chance sans réussite. Il recevait un violent coup dans le nez de la part de Toivonen et saignait abondamment (25e). Il se faisait remplacer par İlkay Gündoğan (31e, note : 4,5) qui se mettait rapidement en action. Le Citizen déclenchait une frappe qui obligeait Olsen à intervenir (39e). Pas très actif a l’exception de cette occasion, il n’a pas livré une prestation qui restera dans les annales même s’il faisait preuve de peu de déchets dans son jeu.

- Draxler (4) : bénéficiant d’un excellent travail de Werner, le milieu de terrain du Paris Saint-Germain s’offrait la première occasion, mais le dos de Granqvist déviait le ballon (3e). Il passait ensuite tout près de marquer en voulant centrer (8e). Malgré cette entame intéressante, il n’apportait pas suffisamment et laissait sa place à la mi-temps. Son remplaçant, Mario Gomez (note : 6) se distinguait d’emblée en déviant un ballon que Reus transformait en but (1-1, 48e). Sa présence aérienne et son jeu en remise faisaient des ravages en cette fin de partie. Il plaçait une belle tête, mais Olsen était encore présent (87e).

- Reus (7,5) : pour sa toute première titularisation lors d’une Coupe du monde, il se mettait vite en lumière avec une superbe balle pour Werner qui était trop court (9e). Assez précis dans ses remises, il apportait pas mal de danger, mais baisser le pied en fin de première période. Il relevait vite la tête en marquant au tout début de la seconde période (1-1, 48e). En pleine confiance il tentait une Madjer qu’il ne parvenait pas à réaliser (61e). Il participait au coup franc de Kroos sur le but du succès allemand (90e +5).

- Müller (4,5) : moins percutant que ses coéquipiers offensivement, il réalisait un gros pressing qui mettait en difficulté la défense suédoise. À la réception d’une balle déviée par Olsen, il mettait de nouveau à contribution le gardien qui repoussait en corner (39e). À la réception d’un coup franc de Toni Kroos, il passait tout près de donner l’avantage à sa formation (50e). Un match très compliqué pour celui qui avait inscrit 10 buts lors de ses deux premières coupes du monde et qui vit la troisième dans la douleur.

- Werner (5,5) : disponible sur le front de l’attaque, le joueur du RB Leipzig donnait un bon nombre de solutions à ses partenaires. Servi par Reus, il était devancé par Lindelöf (9e). Souvent placé sur les ailés pour apporter des solutions, il a parfois manqué de présence dans la surface. Auteur d’un excellent travail sur le côté gauche, il centrait et Reus égalisait (1-1, 48e). Volontaire, mais pas toujours efficace, il loupait une grosse occasion en fin de rencontre (81e).

Suède :

- Olsen (7,5) : le géant gardien (1m98) n’a pas eu à réaliser de parade durant cette première mi-temps à part sur cette frappe de Gündogan (39e). Pourtant les Allemands faisaient le siège de sa surface sans trouver de solution. En seconde période, il a peut-être réalisé la prestation de sa vie. Il ne peut rien sur le but de Reus (48e) mais sauve les siens face à Hector (56e) et surtout sur cette tête à bout portant de Gomez (88e). Il ne peut que constater les dégâts sur la frappe de Kroos (90e+5). Rageant.

- Lustig (5,5) : souvent gêné en début de match par Reus, qui venait parfois occuper sa zone et profitait des largesses dans son dos (19e), le latéral du Celtic a aussi du faire face aux nombreuses montées d’Hector. Il a su rectifier le tir vers la demi-heure de jeu, réalisant quelques gestes intéressants et remportant la plupart de ses duels face à Draxler notamment (13e, 28e).

- Granqvist (5,5) : le vétéran (33 ans) a fait un match avec ses moyens. Il a su limiter l’influence allemande dans sa surface en repoussant quelques centres mais la plupart du temps, il a été bougé ou en retard sur ses interventions. Auteur de relances parfois complètement ratées (48e), il a tout de même régné dans les airs et dans les deux surfaces entre un contre devant Hector (3e) et une déviation en direction de Guidetti (83e).

- Lindelöf (6) : plus rassurant que son compère en défense centrale. L’ancien de Benfica a joué les pompiers de service dans les moments chauds (39e) à l’image de cette intervention décisive devant Werner dans les six mètres (9e). Son jeu de tête a fait du bien, prenant régulièrement l’avantage sur Müller ou Werner mais la rentrée de Gomez lui a posé beaucoup de problèmes.

- Augustinsson (6) : le joueur du Werder a vécu une première demi-heure compliquée. Il a souffert face au côté fort allemand entre la mobilité de Reus (9e) et la présence de Kimmich (3e) dans les 30 derniers mètres. Il a fait le dos rond, comme le reste de son équipe et a du négocier avec les faibles efforts défensifs de Forsberg. Il a eu du mal à terminer la rencontre, baissant le pied physiquement.

- Claesson (5,5) : un gros travail défensif qui lui a permis d’effectuer quelques interceptions et de lancer des contres (6e). Comme à Krasnodar, il a pu faire parler sa technique à quelques occasions. Passeur décisif pour Toivonen (32e) il manque le but du break après un mauvais enchaînement (44e). Plus discret ensuite, il a été remplacé par le Toulousain Jimmy Durmaz (74e) qui n’a pas eu l’occasion de s’illustrer.

- Larsson (6,5) : son expérience a pu être précieuse par moment. Très discipliné tactiquement, le milieu de Hull a réussi à équilibrer son bloc quand celui-ci en avait besoin. Il sauve aussi une situation en tout de début de rencontre (2e) avant de distribuer un coup-franc sur la tête de Berg (45e+2). Jamais avare d’efforts, sa présence fut précieuse. Il a réussi à entraver les offensives allemandes (73e). Averti (90e+7).

- Ekdal (5,5) : auteur d’une belle première période malgré un placement pas toujours idéal, il a réalisé un bon boulot pour protéger son axe. On a aussi vu ses limites technique et physique. Il a clairement baissé le pied en seconde période alors qu’il a connu une saison compliquée sur le plan physique avec Hambourg. Il est d’ailleurs averti pour un tacle irrégulier sur Müller (52e).

- Forsberg (3) : une vraie déception côté suédois. On ne l’a quasiment jamais vue à l’œuvre avec le ballon. Il y a simplement eu ces deux contres à lancer mais qui n’ont rien donné (6e, 70e). Le meilleur joueur de cette formation n’a pas réussi à se mettre en évidence et n’a pas fourni les efforts nécessaires pour aider son équipe. Il a même perdu des ballons simples.

- Berg (6,5) : l’ancien de Panathinaïkos aura été le principal danger pour les Allemands. Sa vitesse et ses courses ont parfois mis le feu dans la défense. Il y a eu ce face à face perdu contre Neuer, la faute à Boateng également coupable d’une intervention répréhensible dans la surface (12e). Il n’est pas loin du but du break non plus lorsque Neuer a brillamment repoussé sa tête (45e+2). On l’a moins vu ensuite.

- Toivonen (6) : il aura presque été le héros de la Suède ce soir. D’abord coupable d’un coup de talon dans le nez de Rudy (31e) ce qui a obligé à faire sortir le milieu du Bayern, le Toulousain a délivré les siens en marquant malgré le retour de Boateng (32e). On ne l’a plus vraiment vu ensuite à part pour mettre quelques coups. Remplacé par Guidetti (78e) qui n’a pas hésité à courir dans tous les sens.