Thibaut Courtois et Eden Hazard l’ont dit et répété (malgré un léger mea culpa du portier à froid), ils garderont longtemps en travers de la gorge la défaite contre l’équipe de France en demi-finale du Mondial en Russie (1-0). Roberto Martinez, sélectionneur de la Belgique, partage peu ou prou le ressenti de ses hommes. Il suffit de lire l’entretien accordé par l’homme fort des Diables Rouges à Sport/Foot Magazine, paru ce mercredi, pour s’en convaincre. À la question « Face à la France, est-ce que vous estimez avoir perdu la bataille tactique ? », sa réponse n’a pas fait un pli. « Non, on a perdu sur un corner ».

Le technicien espagnol résume ce revers contre les Bleus à un détail. « Oui », a-t-il assuré avant de poursuivre. « Je vous aurais dit qu’on avait perdu la bataille tactique si on avait perdu sur une contre-attaque. Car la France était mise en place pour exploiter la vitesse de Mbappé, mais ce plan ne nous a jamais vraiment mis en difficulté. (...) Je le répète, ce n’est pas un match qu’on a perdu tactiquement, on n’a pas non plus été surpris, on savait que la France allait évoluer de cette manière », a-t-il martelé, justifiant le fait de ne pas avoir fait entrer un autre attaquant de pointe, en l’occurrence l’ancien Marseillais Michy Batshuayi.

« Heureuse avec une performance plutôt moche »

« La France n’attendait que ça : que l’on mette davantage de joueurs en attaque. Il fallait écarter le jeu, c’est pourquoi j’ai introduit Yannick Carrasco et Dries Mertens afin de créer de l’espace. Mais sur les vingt dernières minutes, la France a arrêté de jouer », a-t-il expliqué. Une posture qu’il regrette, même s’il la comprend. « Je pense que la France a été très marquée par la finale perdue il y a deux ans face au Portugal. Les joueurs étaient prêts, cette fois, à faire des sacrifices par rapport à leurs qualités intrinsèques. Quand vous voyez le marquage individuel en possession de balle de Griezmann, Giroud ou de Pogba sur Fellaini, c’est éloquent », a-t-il confié avant d’insister.

« Le fait que la France a été peinée de perdre contre le Portugal l’autorisait à être heureuse avec une performance plutôt moche », a-t-il lâché. En revanche, pas question pour l’Ibère de s’inspirer du style de Didier Deschamps et sa bande à l’avenir.« Non. Ce ne serait plus la Belgique. Et je ne pense pas non plus que laisser le ballon à l’adversaire nous offre des garanties de succès à long terme. Je ne choisirai jamais cette option-là. Je pense que c’est notre façon de jouer qui a été mise en évidence, plus que notre participation aux demi-finales. Ce ne serait pas très intelligent pour les générations futures d’abandonner notre manière de jouer », a-t-il conclu. Le prochain France-Belgique vaudra son pesant d’or.

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