Foot Mercato : Tout d’abord Fabien, comment allez-vous ?

Fabien Camus : Très bien merci. Ça va, tout se passe bien.

FM : Pourriez-vous nous raconter un peu votre parcours ?

FC : Je suis natif d’Arles. Je suis parti au centre de formation de Montpellier à 15 ans. À 17 ans, je suis parti au centre de formation de l’Olympique de Marseille, jouant un peu avec les 18 ans nationaux avant d’intégrer la CFA. Et de là, j’ai intégré le groupe pro où j’ai fait des apparitions officielles en Ligue 1 ou lors des matches de préparation. Après, à 20 ans, soit je partais soit je restais si on me proposait un contrat. Je n’ai pas attendu de savoir si on me proposait ou non un contrat et j’ai préféré partir parce que c’était difficile pour les jeunes de percer à Marseille. Je savais que, si j’étais amené à signer, on me prêterait à droite et à gauche. Je me suis donc dit qu’il serait mieux d’aller dans un autre club et de s’installer. C’est ce que j’ai fait en rejoignant Charleroi et ça s’est bien passé. J’ai joué quatre saisons, c’était difficile au début puis ça s’est bien passé ensuite, j’ai même été élu meilleur milieu de terrain de Belgique. À cette époque là, j’avais beaucoup de contacts et d’offres concrètes mais la direction n’avait pas souhaité me vendre et avait donc repoussé la plupart des offres. Ils avaient jugé correct une offre du Steaua Bucarest entre 4 et 5 M€ mais, vu les autres contacts, j’ai préféré refuser le Steaua pour donner la possibilité aux autres clubs, mais Charleroi a refusé. Six mois après, je me suis fait les croisés, ça a été difficile. Quand j’ai repris, je suis bien revenu, et Genk a fait une offre. Après 4 ans à Charleroi, j’étais fatigué et j’ai décidé de partir, le club a accepté. Je suis allé à Genk, j’ai joué les quatre premiers mois avec un entraîneur qui me voulait puis il est parti. J’ai connu un nouveau coach avec qui ça n’a pas marché du tout et pendant un an et demi je n’ai pratiquement pas joué. Même si je n’aime pas l’entraîneur, je ne peux pas lui enlever le mérite qu’il a car on a été champion, on s’est qualifié en Ligue des Champions. Ce n’est pas de chance pour moi, mais c’est une victoire collective. Mais là, un coach hollandais est arrivé et je suis rentré à la mi-temps contre Chelsea, ça s’est bien passé et depuis je suis dans l’équipe et je n’ai plus bougé.

FM : Si l’on revient sur votre parcours, vous avez donc quitté l’OM jeune. Aviez-vous d’autres contacts ?

FC : Je savais que je n’allais pas signer pro, mais je n’ai pas voulu attendre qu’on me l’annonce. Charleroi était en contacts avec mon agent, ça s’est fait durant l’année. Le directeur sportif était français, tout comme la direction. Après m’avoir vu sur quelques matches, ils m’ont demandé de venir passer deux jours pour voir un peu comment ça se passait. On m’a proposé un contrat, et j’ai signé de suite.

FM : Comme vous l’avez dit, il est difficile pour les jeunes de percer en pro à l’OM. En parliez-vous justement entre minots du centre de formation ?

FC : Non, pas vraiment. On ne joue pas au foot pour être défaitiste, on pensait donc au plus beau. Sortir du centre de formation et être titulaire à l’OM, c’est faisable, mais il faut être au-dessus. Samir Nasri ou Mathieu Flamini y sont arrivés, on était pas mal à être dans le groupe pro. Mais percer dans des clubs comme l’OM ou le PSG, c’est difficile.

FM : Aviez-vous hésité à quitter le pays ou avez-vous été immédiatement séduit par cette proposition ?

FC : Ça m’a rapidement séduit. J’avais 20 ans, il y avait pas mal de Français au sein de cet effectif, une dizaine. Je me suis renseigné, j’ai vu que pas mal de jeunes étaient titulaires dans cette équipe.

FM : Vous avez retrouvé une place de titulaire cette saison à Genk. De quoi vous rendre le sourire...

FC : Oui, j’étais déçu de ne pas trop jouer la saison dernière, mais à l’arrivée je récolte le fruit du travail des autres puisque j’ai joué quatre matches de Ligue des Champions dont trois comme titulaire. Je suis satisfait, d’autant que j’ai fait de bons matches. Ça a changé pas mal de choses pour moi.

FM : Votre carrière s’est relancée avec ce match à Chelsea. Dans quel état d’esprit étiez-vous au moment d’entrer en jeu à la mi-temps ?

FC : Et bien on perdait 4-0. Je rentrais à la mi-temps, c’était donc le moment pour moi de prouver de quoi j’étais capable. Le match était déjà perdu, je n’avais plus rien à perdre, je me suis dit que j’avais tout à montrer et je suis entrer sur le terrain pour m’amuser, me régaler, et c’est ce qui s’est passé.

FM : Paradoxalement, malgré une proximité géographique évidente et la présence de nombreux français comme un Jérémy Perbet qui cartonne, le championnat belge reste méconnu dans l’Hexagone. Comment l’expliquez-vous ?

FC : C’est assez particulier, c’est vrai. Moi, quand je vois certains joueurs de Ligue 1, je me pose des questions sur le fait qu’ils en soient là ! Ce n’est pas une question de jalousie, mais nous aussi on pourrait jouer dans ces clubs de Ligue 1. On a fait plusieurs matches amicaux contre des clubs de Ligue 1 avec Genk, et on a souvent gagné. Il y a de très bons joueurs en Belgique, de très bons jeunes, et de très bons français. Parfois, on a l’impression que c’est difficile pour un Français expatrié dans un pays comme la Belgique ou dans un autre championnat moins relevé que les principaux de revenir en France. C’est dommage, bizarre.

FM : Vous avez d’ailleurs battu l’OL l’été dernier en match amical avec Genk...

FC : Oui, on avait gagné 3-1 si je ne dis pas de bêtises. C’était un match de préparation pour eux certes, mais pour nous aussi. Je ne dis pas que, si on joue à nouveau contre eux, on va encore les battre. Mais on n’est pas ridicule. En Ligue des Champions, on a fait 0-0 à domicile contre Valence, 1-1 contre Chelsea et Leverkusen. Il y a quand même 5-6 équipes en Belgique qui ont leur place en Ligue 1 en France. On se pose donc quand même des questions.

FM : Malgré tout, depuis votre arrivée en Belgique, des clubs français vous ont-ils sondé ?

FC : Oui, quand j’étais à Charleroi, il y a eu des contacts avancés et même des offres concrètes. En ce moment aussi des clubs français me suivent, il y a eu des discussions avancées avec des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Mais quand je ne jouais pas la saison dernière, j’ai essayé de trouver un club en Ligue 1, et la plupart des directeurs sportifs ne voulaient pas parce que je ne jouais pas. J’étais donc prêt à aller en Ligue 2, et là encore c’était le même discours. J’étais pourtant gratuit pour un prêt de six mois, avec le salaire pris en charge par le club. Ils ont fait des manières et maintenant que je reviens dans l’effectif, pas mal de clubs sont revenus. Cette année, 5-6 grands clubs de Ligue 2 ont fait le forcing pour me faire venir. Mais maintenant c’est trop tard, les disponibilités ne sont plus les mêmes et, pour un prêt, on ne me laisse plus partir. Pour un transfert lors du mercato hivernal, ça a été catégorique, non. On est de ce pays, on a grandi dans ce pays, de temps en temps on pourrait penser à nous ! Mais bon, je ne suis pas rancunier et mon but c’est de venir jouer de Ligue 1. Il me restera un an de contrat au mois de juin j’espère que ça se concrétisera.

FM : Doit-on donc vraiment s’attendre à vous revoir dans l’Hexagone dès cet été ?

FC : Je l’espère, de tout cœur, c’est mon objectif numéro un. J’espère un bon challenge en Ligue 1, et je suis prêt, déterminé, à montrer ce que je peux faire en France.