On jouait la 68e minute de la rencontre Vitoria-FC Porto (1-2, 21e journée de Liga NOS), dimanche soir, à Guimarães, lorsque Moussa Marega (28 ans), excédé par les insultes racistes du public local à son encontre, décidait de quitter la pelouse. Une affaire de racisme qui a scandalisé le monde du football et la presse portugaise. Invité au micro de Team Duga sur RMC, l’international malien a raconté cette soirée très difficile. « Ça va mieux. Hier, c’était beaucoup plus difficile. Hier, je me suis vraiment senti comme une merde, c’était une grosse humiliation pour moi. À partir du moment où je suis rentré chez moi, où j’ai vu mon fils, ça allait mieux », a-t-il regretté, plein d’émotions, remerciant ainsi tous les messages de soutien reçus ces dernières heures.

Le natif des Ulis a ensuite expliqué ses échanges, au moment de sortir, avec ses partenaires et son entraîneur Sergio Conceição. « Mes partenaires ne comprennent pas ma réaction. Ils sont choqués par rapport au fait que j’ai envie de quitter la pelouse. Leur première réaction, c’est d’essayer de me calmer, ils me connaissent très bien et savent que je peux faire des bêtises lorsque je suis énervé, ils essaient de me calmer pour ne pas que je fasse une grosse faute. Mais je leur dis juste qu’avec les insultes, je ne peux pas continuer. Ce n’était vraiment plus possible », a-t-il confié avant de poursuivre.

« Ça a commencé à l’échauffement. Au début, ce n’étaient que quelques personnes mais quand c’est presque tout un stade, ce n’est pas possible », a-t-il indiqué, étant reconnaissant envers son entraîneur de l’avoir compris, soutenu et empêché de prendre un second jaune qui aurait été synonyme d’expulsion puisqu’il avait déjà été averti plutôt dans la partie. L’ancien d’Amiens, incrédule face au comportement du public d’un club dont il a défendu vaillamment les couleurs il y a peu (2016/17), a ensuite regretté que les beaux discours soient rarement suivis d’effets avant de conclure. « Je me suis senti comme une merde, j’avais honte, il faut le vivre pour comprendre. C’est une sensation très désagréable. C’est triste que ça arrive en 2020 ».