Après avoir défié l’AS Monaco en ouverture du championnat, Bordeaux se voyait proposer le deuxième nouveau riche de la Ligue 1 ce soir à Chaban-Delmas. Une rencontre capitale pour les hommes de Francis Gillot quinzièmes du classement au coup d’envoi et à la recherche de leur second succès de la saison. C’est donc fort logiquement que les Marine-et-Blanc ont imprimé un pressing constant dès les premières secondes de la partie avec un bloc bordelais positionné très haut. Plus agressifs sur le ballon, les hôtes bousculent certes les Parisiens qui rendent très vite le ballon. Mais la débauche d’énergie girondine ne s’est quasiment jamais traduite par des actions franches.

Car si derrière, Ibra, Lucas et Ongenda ont eu du mal à se mettre en marche face à un quatuor défensif bien regroupé, les milieux et les attaquants aquitains ont rarement fait la différence. Résultat : il a fallu attendre la 44e minute pour voir le premier tir bordelais sur une tentative d’Obraniak. De leur côté, les Parisiens ont donc souffert en début de match et pensaient même voir les débuts de Lucas Digne avec son nouveau club être gâchés. En réceptionnant un ballon en plein menton, l’ancien Lillois s’écroule. Plus de peur que de mal. La suite, c’est un peu mieux. La qualité technique des protégés de Laurent Blanc a rapidement rééquilibré les débats. Paris reprend le contrôle du cuir et décide logiquement de passer sur les côtés pour contourner le bloc adverse. Les occasions ne sont pas légions hormis sur coup de pied arrêté, mais une fois encore Ibrahimovic débloque tout. Sur une passe bien inspirée, le Suédois élimine la charnière centrale girondine et trouve Matuidi qui s’y prend à deux fois pour battre Carrasso (0-1, 30e). Les Bordelais sont touchés au moral, d’autant que le PSG se met alors à infliger de longues séquences de conservation de balle. Usant pour des Girondins obligés de courir davantage derrière le ballon avec le risque de multiplier les fautes d’agacement.

Au retour des vestiaires, on prend les mêmes et on recommence. Bordeaux pousse à nouveau d’entrée de jeu et parvient à alerter la défense à deux reprises par Diabaté (49e, 52e). Mieux, les partenaires du Malien auraient même pu bénéficier d’un penalty pour une main de Thiago Silva dans sa surface (50e). En vain. Et ce sera tout d’ailleurs pour Bordeaux. Car la suite de la rencontre a été un cavalier seul des Parisiens emmenés par un Lucas intenable. Avec près de 70% de possession de balle, les hommes de la capitale évoluent à leur rythme et plantent des banderilles à leur guise. Parfaitement lancé par Verratti, Lucas profite d’une couverture de Mariano pour filer seul au but. Carrasso anticipe alors un centre et laisse son but vide au Brésilien qui n’a plus qu’à pousser le cuir au fond et célébrer son tout premier but en rouge-et-bleu (0-2, 63e). Dépassés, les Bordelais ne reviendront jamais, mais peuvent dire merci à leur gardien qui, hormis cette faute grossière, a sauvé les siens d’une défaite bien plus importante en réalisant plusieurs parades de grande classe en fin de match (70e, 71e, 76e). A quatre jours de son premier match en Ligue des Champions de la saison contre l’Olympiakos, Paris réalise donc une très bonne affaire. Grâce à ce deuxième succès consécutif en terres bordelaises, les Rouge-et-Bleu, privés de nombreux joueurs (Ménez, Pastore, Lavezzi), signent une troisième victoire de rang et se hissent même en tête du championnat en attendant les résultats de ses concurrents. Les Bordelais, eux, pourront regretter d’avoir trop voulu se jeter sur leurs adversaires, laissant ainsi de nombreux espaces. Francis Gillot devra donc remobiliser ses troupes au plus vite avant d’aborder le match d’Europa League face à l’Eintracht Francfort jeudi prochain et surtout le déplacement périlleux à Lorient.

Homme du match : Lucas (7,5) : très actif dès le début de match, l’ailier brésilien a surement livré l’un des ses meilleurs matches sous le maillot du PSG. Disponible, auteur de très nombreux appels dans la profondeur, l’international auriverde a redoublé d’efforts et s’est appliqué à ne pas trop dézoner de son couloir. Idéalement décalé par Verratti, il inscrira même son premier but sous le maillot du PSG, profitant d’une anticipation terrible de Carrasso. Insaisissable ce soir, il a fait vivre un enfer à Orban. Un excellent match. Remplacé par Coman (82e).

Bordeaux :

- Carrasso (6) : encore une fois, le portier bordelais a sauvé son équipe d’un naufrage total. Battu de justesse par Matuidi sur l’ouverture du score (30e), il a sorti le grand jeu à de nombreuses reprises face à Ibra (59e, 70e) et Digne (71e). Malheureusement, une anticipation trop précipitée sur le deuxième but parisien (63e) vient gâcher un match de bonne qualité.

- Mariano (3,5) : peu présent offensivement, le Brésilien a peiné pour contenir les vagues d’assaut adverses sur son côté droit. Mais il a surtout été à l’origine du second but du PSG puisque c’est lui qui a couvert Lucas parti pourtant du côté opposé, permettant à son compatriote de filer seul au but (63e).

- Sané (5) : de la volonté, mais s’il a su résister à Ibra en début de match, il a baissé le pied physiquement et a été mis davantage en difficulté au fil des minutes par la vivacité parisienne.

- Henrique (5) : son opposition avec Zlatan a été très physique, les duels aériens entre les deux hommes ayant donné lieu à des contacts rugueux. Éliminé par la passe du Suédois sur l’ouverture du score de Matuidi (30e), il s’est tout de même bien battu.

- Orban (5) : le jeune latéral bordelais laisse entrevoir de belles promesses. Maître de son duel face à Lucas en début de rencontre, il s’est également distingué en tentant de nombreuses montées. Mais au fil des minutes, son adversaire direct a repris du poil de la bête pour finir plus fort. Souvent battu en un contre un, il a dû apprécier quand Lucas a dézoné sur le flanc droit.

- Poko (4) : très présent dans pressing dès les premières minutes, il s’est essoufflé par la suite. Il a perdu trop de ballons et s’est trop souvent jeté sur son adversaire, laissant ainsi trop d’espaces derrière lui, notamment au jeune Ongenda.

- N’Guemo (4) : à l’instar de Poko, il n’a pas manqué d’envie, mais face à des Parisiens supérieurs, il s’est très vite éteint. Lui aussi a perdu trop de munitions et ses passes arrivaient rarement à destination.

- Obraniak (4) : très rapidement, il a dézoné sur le côté gauche, là où son équipe parvenait à inquiéter le PSG. Mais hormis une frappe juste avant la pause (44e), rien d’autre à signaler. Jouant à un rythme bien trop lent, il a parfois donné l’impression d’être ailleurs.

- Saivet (5) : très percutant sur son côté gauche, il a bien combiné avec Orban. Mais s’il a su mettre Van der Wiel en difficulté, il lui a manqué de la justesse pour finir ses débordements. Remplacé par Jussiê (74e).

- Rolan (4) : aligné aux côtés de Diabaté, il a souvent passé son temps à défendre, surtout sur les côtés. Peu avare en efforts, il a toutefois laissé son compère d’attaque bien seul. Encore trop tendre, l’Uruguayen a eu un impact très limité. Remplacé par Maurice-Belay (65e).

- Diabaté (5) : son physique a posé problème aux défenseurs parisiens. À deux reprises, il a d’ailleurs manqué d’alerter Sirigu (49e, 52e). Battant, il a n’a pas été récompensé de ses efforts. Le seul élément offensif bordelais à avoir du poids ce soir. Remplacé par Sacko (74e).

PSG :

- Sirigu (6) : match plutôt tranquille pour le portier italien du PSG, qui n’a pas eu à s’employer outre mesure. Auteur d’un premier arrêt à la 44e, il se couche bien au retour des vestiaires sur une frappe d’Obraniak (48e). Serein.

- Van der Wiel (4,5) : match délicat pour le Néerlandais. Ni mauvais, ni bon, il a toutefois souffert face à Rolan, notamment en première période. Auteur de quelques approximations dans une zone dangereuse, l’ancien joueur de l’Ajax n’affiche pas un visage serein, qualité pourtant essentielle à ce poste. Peu offensif ce soir.

- Thiago Silva (6) : toujours aussi solide dans les duels, le capitaine parisien a encore signé un bon match ce soir. Maître des airs dans sa surface, il a été intraitable face aux attaquants adverses. Sa superbe qualité de relance est un atout considérable pour le PSG.

- Alex (5,5) : solide prestation du défenseur brésilien. Bon dans les duels, il ne s’est jamais fait dépasser ce soir. Auteur d’une superbe intervention au sol dans les pieds de Diabaté pour éviter le face à face avec Sirigu (52e), il s’est offert quelques bons dégagements pour soulager sa défense.

- Digne (6,5) : chahuté en début de partie pour son premier match avec le Paris Saint-Germain, l’ancien Lillois a fait bonne impression. Peu offensif en première période, où il s’est surtout contenté et appliqué à bien défendre, le latéral tricolore a plus souvent apporté le surnombre en attaque après la pause. Sa jolie passe pour Zlatan aurait (79e) aurait pu être décisive sans la maladresse de l’attaquant. De bon augure pour la suite.

- Matuidi (7,5) : on a retrouvé le Matuidi de la saison dernière. S’il restait sur une mauvaise note face à Guingamp, le chien fou de cette équipe a livré une copie parfaite ce soir. Auteur de courses incessantes, il a pratiqué un pressing de tous les instants, interceptant un nombre incalculable de ballons. À l’origine et à la conclusion de l’ouverture du score du PSG (30e), il a réalisé un match plein.

- Motta (6,5) : les matches se suivent et se ressemble pour Motta avec le PSG. Essentiel au milieu de terrain, l’Italo-brésilien attire tous les ballons de son équipe dans l’entrejeu. Précis dans ses transmissions, il a parfaitement organisé le jeu de son équipe. Très bon défensivement notamment.

- Verratti (6) : titularisé dans l’entrejeu, le petit italien a réalisé une bonne prestation. Moins organisateur que ses deux compères du milieu, il a effectué un travail de récupération remarquable, se battant sur tous les ballons. Auteur d’un bon pressing, il s’est offert une jolie passe décisive pour le premier but de Lucas avec Paris, le second du PSG ce soir. Averti (80e)

- Lucas (7,5) : voir ci-dessus.

- Ibrahimovic (6,5) : discret en début de match, le géant suédois est monté en régime tout au long de la rencontre. S’il a beaucoup tenté devant le but, sans grande réussite (21e, 25e, 59e, 71e, 78e), Ibra s’est surtout appliqué à bien servir ses partenaires, comme sur cette passe magnifique pour l’ouverture du score de Matuidi (30e). Véritable poison dans la défense, il a pesé de tout son poids dans cette rencontre. Remplacé par Cavani (80e).

- Ongenda (5,5) : très intéressant en début de match, où la jeune pousse parisienne a bien su tirer son épingle du jeu, adressant d’excellents ballons à ses partenaires de l’attaque, il a progressivement disparu au fil des minutes. Auteur de quelques appels intéressants, il a toutefois manqué plusieurs passes faciles après la pause. Prometteur. Remplacé par Rabiot (71e), auteur d’une très bonne entrée.