Foot Mercato : Vous êtes en train de gravir les échelons au Paris Saint-Germain tout en continuant d’aller à l’école. Expliquez-nous comment vous gérez ces deux paramètres.

Jean-Christophe Bahebeck : Mon école se trouve dans mon centre de formation, donc ça me facilite les choses. Mon emploi du temps n’est pas trop chargé. L’entraînement est souvent programmé uniquement l’après-midi sauf le mardi et le mercredi où nous en avons deux (10h et 16h30) étant donné qu’il n’y a pas cours le matin.

FM : Comment êtes-vous arrivé au PSG ?

JCB : Je suis arrivé au PSG quand j’allais fêter mes 14 ans grâce à mon entraîneur de Persan, Denis Diaz. J’ai fait une première détection durant laquelle le PSG m’a trouvé pas mal. J’ai alors fait un tournoi à Sens avec eux, une compétition où il n’y avait que des équipes professionnelles. Je me rappelle avoir marqué quatre ou cinq buts et qu’après ils voulaient me recruter dans la foulée. Mais en fait, je n’y suis pas allé tout de suite. Mon entraîneur m’a dit que je n’intègrerai pas le centre de formation et qu’il fallait donc que je reste une saison supplémentaire à Persan avec ma famille et mon équipe. J’ai donc attendu pour refaire une détection l’année suivante. Le PSG m’a une nouvelle fois trouvé bon et cette fois j’y suis allé.

FM : Toi qui peux évoluer aussi bien au poste d’attaquant qu’au milieu de terrain, as-tu une poste préféré ?

JCB : À Persan, je jouais comme attaquant. Depuis que j’ai rejoint le PSG j’alterne, même si aujourd’hui je me considère davantage comme un ailier gauche.

FM : Es-tu au courant de la réputation de serial buteur que bon nombre de médias te donnent ?

JCB : Serial buteur... (rires) Ça me fait plaisir. En club je joue souvent sur les côtés, mais ça ne m’empêche pas de marquer, je suis assez adroit. Mais je pense que ça vient du fait qu’en sélection nationale j’évolue en pointe et donc je me retrouve plus souvent face au but.

FM : Quel type de joueur es-tu ?

JCB : Je suis un joueur assez rapide et puissant. J’ai une bonne frappe de balle, mais on va dire que mon jeu de tête est assez moyen (rires). Je me débrouille aussi sur coups de pied arrêtés. C’est moi qui tire les corners et les coups francs. Enfin, je dirai que je dois encore travailler un peu ma technique et ma concentration.

FM : Comment as-tu vécu tes premiers pas dans le groupe pro du PSG ?

JCB : La première fois que je l’ai intégré, j’ai été très impressionné par les joueurs qui m’entouraient. Quand je voyais Nenê, Sakho, Erding, Hoarau, Make...surtout Makelele, ça m’impressionnait. Et quand on me rappelait, j’essayais de ne pas me crisper, de jouer comme je sais le faire parce qu’au début j’avais du mal à me libérer.

FM : Comment as-tu été accueilli par les joueurs ?

JCB : Mon intégration s’est très bien passée. Je parle beaucoup avec Mamadou Sakho. Il m’a encouragé, m’a dit de donner le meilleur de moi-même, d’avoir confiance en moi. La dernière fois, Péguy Luyindula me donnait des conseils devant le but. Guillaume Hoarau et Mevlut Erding l’ont fait eux aussi. Claude Makelele m’a pas mal poussé aussi.

FM : Est-ce un jeune comme Sakho qui fait le lien entre les joueurs du centre de formation et l’équipe première ?

JCB : Oui c’est vrai. Jean-Eudes (Maurice) et Tripy (Makonda) le font aussi. Quand je vois Sakho qui n’a que 20 ans et qui est déjà vice-capitaine du PSG et international A ça me donne envie.

FM : L’environnement d’un club comme le PSG t’a effrayé ou, au contraire, t’a boosté quand tu as signé ?

JCB : Quand je suis arrivé dans l’équipe des 14 ans je n’avais pas peur de l’environnement. Je n’étais pas encore conscient que dans trois ou quatre ans j’allais intégrer le groupe pro. Quand j’ai rejoint Paris, je savais que le niveau allait changer, j’ai donc donné le meilleur de moi et je me fixais des objectifs annuels.

FM : L’Ile-de-France regorge de talents, mais le PSG peine à sortir de bons jeunes en équipe première et rares sont ceux à percer (Sakho, Chantôme)...

JCB : C’est vrai qu’entre nous (les jeunes du centre de formation) on en parle souvent. Je ne vais pas dire qu’on en a peur, mais c’est vrai que même si on veut tout donner pour ce club on sait que c’est difficile. Mais on ne lâchera rien.

FM : D’autant plus qu’Antoine Kombouaré a récemment déclaré vouloir compter sur les jeunes du club...

JCB : Dès qu’il a déclaré ça, dans le vestiaire on était joyeux, ça nous a touchés. On s’est dit qu’allait donner notre maximum.

FM : D’autres clubs se sont-ils manifestés quand le PSG a voulu te recruter ?

JCB : Oui, il y avait Marseille et Bordeaux. Ils se sont manifestés un petit peu avant Paris, mais j’ai choisi le PSG parce que c’est le club que je préfère.