Septembre 2017, le PSG se présentait à Saint-Symphorien avec Cavani, Mbappé et Neymar, alignés tous les trois pour la première fois. Quasiment deux ans plus tard, le visage du club de la capitale a bien changé. Aucune des trois stars de devant n’était présente, entre blessures et rumeurs de transfert. Draxler, Kehrer et Diallo non plus n’étaient pas du voyage. Comme si ça ne suffisait pas, Tuchel offrait deux grandes surprises dans sa composition. En instance de départ, Areola laissait sa place à Bulka dans les buts alors que Aouchiche au milieu fêtait lui aussi sa première apparition sur le terrain en professionnel, laissant un Paredes dont l’avenir semble de plus en plus bouché, sur le banc. Le gamin de 17 ans à peine faisait équipe avec Gueye et Verratti et c’est le trio Sarabia-Di Maria-Choupo-Monting qui débutait devant. Metz jouait en 4-3-3 avec Boulaya, Nguette et le buteur maison Diallo en attaque.

Même dans cette composition considérablement remaniée, le PSG prenait rapidement la direction des opérations. Les milieux de terrain profitaient des nombreux espaces laissés pour déployer leur jeu. Même les défenseurs centraux parvenaient à se glisser dans l’entrejeu pour apporter le surnombre, libérant des zones libres sur les ailes. Le club de la capitale bénéficiait rapidement d’un penalty pour une faute sur Bernat. En échec le week-end dernier, Di Maria transformait l’offrande (0-1, 11e). Logiquement bougés, les Messins n’étaient pas en reste et jouaient aussi leurs rares coups à fond. Diallo gênait notamment la défense centrale, s’offrant deux belles tentatives hors du cadre (15e, 25e). Pas encore l’abri dans ce match puisque Gueye avait un peu manqué sa tête (17e), le PSG poursuivait tranquillement son oeuvre, bien aidé par un Di Maria omniprésent.

Le PSG en gestion

Utile, libéré et en confiance mais pas souvent servi, Choupo-Moting montait en régime. Après un mauvais choix où il aurait sans doute dû choisir l’option individuelle plutôt que de tenter un décalage vers Sarabia (33e), l’attaquant marquait le but du break sur un coup-franc de Verratti (0-2, 43e). Il permettait aux siens de revenir au vestiaire avec une avance confortable. La seconde période offrait une physionomie un peu différente. Devant au tableau d’affichage, les joueurs de la capitale voulaient moins prendre de risque et laissaient un peu plus le ballon aux Grenats. Dagba doit d’ailleurs s’imposer une première fois avant de sauver son camp devant la frappe de Nguette (58e). Boulaya lui ne trouvait pas le cadre sur ce coup-franc bien travaillé après une faute concédé aux abords de la surface par Aouchiche (64e).

Grâce à une ligne de 5 au milieu bien organisé, le PSG empêchait Metz de se présenter dans la zone dangereuse. Le champion de France profitait aussi de cette situation pour agir en contre. Di Maria testait les gants d’Oukidja sur cette frappe du droit en bout de course (67e). Seulement à force de reculer, le champion de France se mettait un peu en danger. Bulka devait même s’offrir son premier arrêt sur ce tir de Boulaya (79e), avant de commettre une petite faute de main sans conséquence sur cette nouvelle tentative de Gakpa (86e). Avant le coup de sifflet final, les Franciliens se faisaient un peu peur face au jeu rugueux des Mosellans, à l’image de Choupo-Moting, qui terminait avec une poche de glace, et Di Maria avec une béquille à la cuisse. Avec cette victoire, ils reprennent pour le moment la tête de la Ligue 1, à la faveur d’une meilleure différence de buts que le Stade Rennais.

Retrouvez le live du match ici.

L’homme du match : Verratti (8) : il a bénéficié de pas mal de liberté ce qui lui a permis de prendre le jeu à son compte. Auteur de quelques transversales qui ont fait beaucoup de bien et pu permettre de renverser le jeu, l’Italien a aussi fait parler son agressivité (42e). Il dépose le cuir sur la tête d’un Choupo-Moting buteur (43e). En confiance et avec un physique en forme, le milieu de terrain a régné ce soir, en témoigne ses sorties de balle toujours aussi délicieuses. Remplacé par Kurzawa (82e).

Metz :

- Oukidja (4) : l’ancien Strasbourgeois a encaissé deux buts, dont un penalty sur lequel il ne peut pas grand-chose. Il peut certainement mieux se détendre sur la tête de Choupo-Moting. Il a sauvé les siens sur d’autres interventions. Insuffisant face aux attaquants parisiens.

- Centonze (5) : après une première période compliquée où il a vu Ángel Di María lui faire des misères sur son côté, l’ancien Lensois a bien réagi en deuxième mi-temps. Il a essayé d’apporter des solutions à ses partenaires dans son couloir mais il s’est retrouvé face à une défense parisienne intraitable.

- Boye (4) : face à Eric Maxim Choupo-Moting, le défenseur central a souffert sur le jeu en remise du Camerounais. Souvent pris de vitesse, il n’a pas su contenir les assauts parisiens. Avec les permutations de Pablo Sarabia et Ángel Di María, l’expérimenté Ghanéen a vécu une soirée difficile.

- Sunzu (4) : à l’instar de son compère de la défense, c’était une soirée étrange. Le Zambien a essayé de harceler les Parisiens aux abords de sa surface mais la vitesse des joueurs du club de la capitale l’a mis en difficulté. En retard sur le deuxième but des Rouge et Bleu, il laisse totalement seul Eric Maxim Choupo-Moting au second poteau.

- Delaine (6) : défensivement, le latéral gauche a souffert face aux montées de Colin Dagba dans son couloir. Mais offensivement, il n’a pas hésité à se projeter lorsqu’il avait de l’espace devant devant lui. Il a aussi tenté sa chance lorsqu’il en a eu l’occasion (38e).

- Maïga (4) : l’international malien a vécu un match contrasté. Il a défendu autant que possible mais le dilettantisme de Cohade l’a pénalisé, il a pris de plein fouet les vagues parisiennes. La facilité de Verratti a été un calvaire pour lui et pourtant lorsqu’il avait le ballon il ne s’en est pas débarrassé, il a joué simple et a essayé de casser des lignes. Mal payé.

- Cohade (3) : le Messin le moins en vue ce soir. Malgré son expérience (34 ans), le milieu de terrain n’a pas existé et éprouvé un mal fou à faire remonter le bloc de son équipe et ainsi initier des actions, ce qui devait être son rôle dans cette rencontre. Comme à son habitude, il a distribué quelques coups pour freiner les attaques adverses. Remplacé par Marvin Gakpa (70e). Le numéro 10 a essayé d’apporter de la percussion mais il manquait de la justesse dans ses transmissions.

- Fofana (3) : auteur de la faute sur Juan Bernat qui amène le penalty d’Ángel Di María (11e), le milieu de terrain a souvent été pris à défaut par le redoublement de passe des Parisiens. Accrocheur et bagarreur, il n’a pas assez pesé sur les débats pour contrecarrer le milieu de terrain parisien. Remplacé par Victorien Angban (59e).

- Boulaya (4) : très actif, la technique de l’Algérien a posé quelques soucis aux défenseurs parisiens. Il a bien combiné avec Thomas Delaine pour trouver des solutions. C’est lui qui sollicite Marcin Bulka sur le tir cadré du match pour les Messins (79e). Remplacé par Ibrahima Niane (82e).

- Nguette (4) : le Sénégalais a beaucoup défendu dans son couloir. Avec les montées successives de Colin Dagba et Pablo Sarabia, l’attaquant n’a pas hésité à venir en aide à son latéral. Offensivement, cela a été plus compliqué car il n’a pas eu beaucoup de coups à jouer. Il a tenté d’initier des contres mais la défense parisienne a rarement été prise en défaut (57e).

- Diallo (4) : seule véritable arme offensive de son équipe ce soir. L’attaquant s’est procuré quelques situations dangereuses, notamment en première mi-temps où il a tenté sa chance seul mais ses tentatives manquaient de précision ou de soutien (15e, 25e). Lui aussi a beaucoup défendu, notamment sur les coups de pied arrêtés où son jeu de tête défensif a été précieux sur certaines phases de jeu.

PSG :

- Bulka (6) : titulaire à la surprise générale à la place d’un Areola sur le départ, le jeune gardien polonais disputait le premier match professionnel de sa carrière. Pas effrayé par l’enjeu, il a rendu une copie convaincante à défaut d’être brillante. Il faut dire qu’il n’a quasiment pas eu un arrêt à effectuer, à part sur ce tir de Boulaya (79e). Il a bien lu les trajectoires adverses, sentant les ballons hors cadre (15e, 25e, 64e). Une petite erreur où il voit le ballon lui glisser sous le coude mais il se rattrape bien en sortant dans les airs sur le corner suivant (86e). Il a également montré de bonnes choses dans ses relances et mérite d’être revu.

- Dagba (7) : il a plein de jus ce petit. Très sérieux sur son côté même si les dribbles de Boulaya lui ont parfois fait tourner la tête, le titi Parisien s’est montré costaud dans son rôle. Des bons choix, des débordements pleins de détermination et de vista (19e, 41e), un excellent travail de couverture et une assurance balle au pied. Il s’offre même deux retours salvateurs dans la surface, empêchant Nguette de marquer (58e). Il commence à s’imposer doucement à ce poste.

- Marquinhos (6,5) : une incompréhension avec Thiago Silva qui permet à Diallo d’armer son tir (15e) mais le Brésilien aura été très sérieux sur l’ensemble la rencontre. Il est même venu apporter le surnombre au milieu à de rares reprises (3e). Son jeu de tête a fait du bien dans les deux surfaces, notamment derrière où il a pu dégager quelques ballons chauds sur les temps forts messins. Une prestation solide.

- Thiago Silva (6) : le capitaine parisien a affiché plus de difficultés que son compère de l’axe central. Il a eu du mal à gérer le physique et les déplacements de Diallo qui a pu tenter sa chance en se retournant (15e, 25e), avant de corriger un peu ses erreurs en seconde période. Son aisance et sa tranquillité balle au pied ont offert de bonnes sorties de balle à son équipe. Il a remporté la majorité de ses duels.

- Bernat (6) : encore un bon match de l’Espagnol qui affiche une certaine régularité. En jambes, il a répondu à la vitesse et au physique de Nguette, avant de largement occuper son couloir. On l’a souvent vu aux avant-postes même s’il n’a pas toujours été servi dans de bonnes conditions. Il s’est moins mis en évidence en seconde période, se contentant de défendre son côté. Il a d’ailleurs laissé un peu d’espaces à ses adversaires.

- Gueye (6,5) : l’international sénégalais fait déjà du bien dans l’entrejeu parisien. De la mobilité, de la justesse, des courses vers l’avant et une entente qui commence à être bonne avec Verratti, la nouvelle recrue n’a pas perdu de temps pour se faire une place dans le collectif parisien. Il manque un peu sa tête piquée alors qu’il est seul au second poteau (17e). D’ailleurs, il s’est retrouvé plusieurs fois libre de tout marquage dans la surface adverse.

- Verratti (8) : voir ci-dessus.

- Aouchiche (4,5) : de la mobilité mais trop de discrétion. Le plus jeune joueur de l’histoire du PSG à débuter une rencontre en championnat n’aura pas marqué la rencontre de son empreinte. On voit à quelques reprises qu’il sait jouer juste à l’image de ballon donné dans le timing pour Choupo-Moting (36e) mais il a trop rarement joué vers l’avant. Un peu empreinté et remplacé par Paredes (66e), qui a apporté sa fraîcheur au milieu de terrain. Même sous pression, l’Argentin a globalement joué juste. Averti sur son premier contact (70e).

- Sarabia (4,5) : titulaire grâce aux nombreuses absences de la soirée, l’ancien joueur de Séville se sera montré trop discret dans cette rencontre. Souvent isolé sur le côté droit, il a attendu cette frappe contrée pour enfin se distinguer (45e). Il n’a pas toujours fait les bons choix (37e, 80e) et même en changeant d’aile en seconde période, il est resté dans son coin. L’Espagnol n’a pas réussi à faire de grosses différences balle au pied.

- Choupo-Moting (7) : double buteur la semaine passée, l’international camerounais a encore fait parler la poudre. Alors qu’on ne l’a presque pas vu dans le jeu en première période, on le sentait en confiance, en témoigne ses quelques dribbles tentés. Il marque de la tête (43e) juste avant la pause et permet aux siens de repartir au vestiaire avec un break d’avance. Dans un rôle ingrat d’attaquant pivot en seconde période, il a encore une fois bluffé tout le monde, effectuant un gros boulot et réalisant quelques gestes de classe comme ce sombrero (71e). Légèrement touché au genou, il a cédé sa place à Jesé (90e), qui faisait son grand retour en Ligue 1 pour la première fois depuis décembre 2016.

- Di Maria (6,5) : il a bien profité de cette rencontre pour assumer le rôle de leader technique du PSG. C’est bien simple, tous les ballons passaient par ses pieds en première période. Presque trop même. Il a un peu abusé de ballons par-dessus la défense mais c’est par lui que venait le danger. Buteur sur penalty, il aurait pu se transformer en passeur sur cette tête de Gueye (17e). Il a baissé le pied en seconde période, à l’image de toute l’équipe, et voit Oukidja stopper son tir (67e).

10% sur tout Foot.fr avec le code FM10