28 mai 2019 : Sylvinho est intronisé entraîneur de l’Olympique Lyonnais. Toujours adjoint jusque là, il est inexpérimenté au poste et doit succéder à trois ans et demi de Bruno Genesio. Alors que les échos des professionnels ayant déjà travaillé avec lui sont flatteurs, il se présente déterminé face à la presse. Il promet du jeu dans un système tactique en 4-3-3 et énormément de travail. Les supporters nourrissent beaucoup d’espoirs car à défaut de le connaître, il est surtout le choix de Juninho, l’un des plus grands joueurs du club, qui revient comme directeur sportif.

4 juillet : en ce jour de reprise, il y a foule autour du terrain d’entraînement. Les supporters sont curieux du comportement et de l’attitude adoptés par leur nouveau coach. Carnet en mains, il se tient à distance de ses joueurs, observe et prend des notes. L’impression générale est bonne sous ce soleil estival, alors que les Lyonnais, loin d’être au complet, effectuent des tests physiques. Trois jours plus tard, ils partiront en stage à Tignes mais déjà un vent d’optimisme pointe le bout de son nez. Les méthodes changent et un climat de sérénité s’installe rapidement.

28 juillet : la préparation a débuté depuis quasiment un mois et l’OL connaît enfin la victoire. Elle est de prestige qui plus est car les Gones renversent la situation contre Arsenal 2-1. Après deux défaites face au Servette de Genève et le Genoa, Sylvinho commence à dessiner sa colonne vertébrale. Entrés à la pause, Moussa Dembélé ou Houssem Aouar sont les grands artisans de ce succès et laissent entrevoir de belles promesses. Ce jour-là, la réussite est lyonnaise mais la suite fera rapidement déchanter au club.

5 août : au surlendemain d’une humiliante défaite reçue à Bournemouth 0-3, dernier match de préparation, et à moins d’une semaine du début du championnat, l’OL ne semble pas encore prêt. Sur le terrain, les Lyonnais ont joué à l’envers. Des trous béants au milieu de terrain ont permis aux attaquants anglais de venir défier la défense sans résistance. Alors que le mercato est déjà presque terminé, Juninho pousse un premier coup de gueule sur la chaîne du club. « Il manque une force collective, du caractère. »

9 août : ce premier avertissement a porté ses fruits car à Monaco lors de cette 1ère journée de Ligue 1, tout sourit aux troupes de Sylvinho. L’expulsion précoce de Fabregas aidant, l’OL repart de la Principauté avec un joli 3-0 dans la poche. Pour couronner le tout, Lucas Tousart, cité comme un candidat au départ dès la prise de fonction de Juninho, marque le dernier but et retrouve le sourire. Tout le monde a l’air heureux dans un club premier du championnat.

16 août : ce vendredi soir, Lyon est en fête. Les Gones en passent six aux Angevins et conservent la tête de la Ligue 1. Sur le terrain, ils ont affiché un visage conquérant et déterminé à faire du jeu. La nouvelle recrue Jean Lucas marque même son premier but quelques instants après son entrée en jeu. La sauce Sylvinho prend. « On a fait un grand match aujourd’hui, mais on est en construction, j’insiste là-dessus, il nous faut encore quelques journées pour voir poindre plus de certitudes. » Le Brésilien avait vu juste. C’était déjà sa dernière victoire sur la scène nationale.

31 août : ça y est, les difficultés concrètes sont apparues à l’OL. Au soir de la deuxième contre-performance de suite de la saison (1-1 au Groupama Stadium face à Bordeaux après un 0-1 à Montpellier), les joueurs ont tous perdu leur sourire et la trêve internationale arrive à point nommé afin de remettre les choses en l’ordre. Dans le jeu, on est proche de l’encéphalogramme plat. Certains fantômes de la saison passée reviennent. Sylvinho a alors une obsession, changer le mental défaillant des joueurs. « La mentalité, quand on perd des points, me pose problème. Sur le terrain, il faut avoir envie de gagner, de se battre. C’est ça qui compte. »

22 septembre : après un nul contre le Zenit en Ligue des Champions, c’est le premier grand rendez-vous de l’ère Sylvinho. L’OL reçoit un PSG qui ne convainc pas non plus en ce début de saison. Pendant 90 minutes et dans un 5-3-2 bancal, les Lyonnais vont se faire balader dans tous les sens. Sans ambition dans le jeu, constamment sur la défensive et avec 30 % de possession de balle, ils finissent par craquer en fin de rencontre sur un exploit de Neymar. Cela fait maintenant 5 matches que l’OL n’a plus gagné et l’inquiétude grandit. Le lendemain, Aulas lâche un premier avertissement. « La confiance est totale, mais elle n’exclut pas le contrôle. »

2 octobre : enfin Lyon met fin à sa terrible série et remporte un succès précieux, et un peu chanceux, sur la pelouse du RB Leizpig en Ligue des Champions. Malgré la volonté affichée par les joueurs de s’en sortir avec leur entraîneur, les propos de Aulas et de Juninho tenus dans la semaine après une nouvelle défaite contre Nantes n’invitent pas à l’optimisme. On se rend compte que tout le monde a sa chance face à cet OL. Sylvinho lui veut y croire et parle même de « match référence. » Même si le Brésilien s’est accordé un peu de rab, son avenir se décidera après le derby face à Saint-Etienne.

6/7 octobre : les derbys ont souvent valeur de révélateur. Genesio avait sauvé sa tête en battant les Verts en 2016, Oscar Garcia s’était lui fait virer après la manita subie à Geoffroy-Guichard un an plus tard. Sylvinho subira le même sort. Au terme d’une défaite sans saveur et méritée 1-0, le coach se verra écarté de l’équipe première le lendemain à travers un communiqué. Il aura tenu 11 matches pour seulement trois victoires. Malgré un mercato alléchant sur le papier, l’OL effectue son plus mauvais début de saison en Ligue 1 depuis 1995 (9 points en 9 matches).