À Lyon, les supporters de l’Olympique Lyonnais ont la dent dure contre les derniers entraîneurs de leur club chéri. Bruno Genesio était jugé inapte à mener l’OL vers les sommets, le charme du beau parleur Sylvinho n’a pas duré bien longtemps et son successeur, Rudi Garcia, est détesté de par son passé de coach de l’OM. Mais dans la capitale des Gaules, un autre sujet commence à revenir avec insistance : que fait Juninho ? Idole de tout un peuple après avoir brillamment porté les couleurs rhodaniennes entre 2001 et 2009, le Brésilien était revenu à l’OL en mai dernier tel un messie.

Nommé directeur sportif par Jean-Michel Aulas, l’ancien milieu de terrain avait été chargé de remettre le train lyonnais sur de bons rails. Une mission qu’il avait rapidement débutée en choisissant d’installer aux commandes un coach très jeune, Sylvinho. Un pari sur l’avenir qui avait séduit une bonne partie des observateurs. Ensuite, Juni avait à nouveau conquis son monde en développant son plan pour l’OL durant le mercato. Des desseins alléchants basés sur la technique et le beau jeu. Et puis, plus rien. Rapidement remis en question après un début de saison très compliqué, Sylvinho n’a jamais vraiment reçu le soutien de celui qui l’avait nommé, surtout quand le bateau tanguait.

Aulas a complètement repris la main

Absent des débats face à la presse, Juninho a souvent laissé Jean-Michel Aulas gérer la communication de crise, démontrant ainsi que JMA avait repris très vite son jouet qu’il avait prêté au Brésilien. Aujourd’hui, cela se confirme de plus en plus. Hier matin déjà, L’Équipe soulignait la nouvelle absence médiatique de Juninho après les incidents survenus entre joueurs et supporters de l’OL à l’issue du match face au RB Leipzig (2-2). Et hier soir, dans un entretien accordé à Eurosport, Aulas a clairement fait comprendre que c’est lui qui avait fait le choix Rudi Garcia. « Je me suis demandé qui pouvait redresser la barre après avoir donné peut-être trop rapidement le manche à Juninho et Sylvinho. Quand Rudi (Garcia) me dit : "je joue l’expérience et la complicité avec Juninho", eh bien on se sort d’une sale situation. » 

Des propos qui tranchent sérieusement avec le discours tenu lors de la présentation officielle de Rudi Garcia, dans lequel JMA assurait que c’était son directeur sportif qui avait validé ce choix. « On a constitué un groupe de sélection très expérimenté. D’abord Juninho, car il représente l’ADN du club. Il a pris la direction sportive et il va continuer. J’ai demandé à Gerard Houllier pour son expérience, Vincent Ponsot qui est là depuis des années et qui nous aide à prendre les décisions, et moi-même en tant que président d’un grand club. Le club se projette vers une grande ambition. Nous avons fait le choix en notre âme et conscience et à l’unanimité. Juninho a fait le choix définitif, de manière transparente », peut-on lire sur le compte-rendu publié sur le site officiel des Gones le 15 octobre dernier.

Enfin, L’Équipe révèle aujourd’hui que le cas Marcelo a encore été l’occasion de se rendre compte que Juninho avait disparu des écrans radars. En plus des sorties médiatiques de JMA, le quotidien sportif nous apprend que le directeur général adjoint juridique, Vincent Ponsot, s’est démené pour tenter d’apaiser les tensions que cette situation a générées au sein du vestiaire rhodanien, tandis que le responsable du recrutement, Florian Maurice, avait eu à gérer la colère de la femme de Marcelo mardi soir après le match, dans les loges du Groupama Stadium. Juninho, lui, n’était pas là, invisible. Et si le costume taillé par Jean-Michel Aulas était trop grand pour lui ?