Un choc. Tel était présenté ce PSG-Bordeaux, opposition entre deux membres du podium de Ligue 1. Dauphin de l’OM, le double champion de France en titre le PSG était à la recherche d’un deuxième succès consécutif face à des Bordelais en petite forme, quant à eux désireux d’accrocher un résultat au Parc pour se relancer. Sur le pré, la physionomie n’a en tout cas rien de surprenant, alors que les Franciliens s’accaparent le cuir dès les premiers instants. La domination est sans appel, mais les hommes de Laurent Blanc ont du mal à trouver des solutions à l’approche de la surface adverse. Une difficulté qui s’accompagne d’un coup du sort, lorsque Tony Chapron inflige un carton rouge à van der Wiel pour un tacle sur Khazri (28e).

La donne aurait pu changer, Bordeaux n’aura pas su profiter de sa supériorité numérique bien longtemps. Auteur d’une intervention dangereuse sur Verratti, Poko est expulsé à son tour (37e), plongeant les Girondins dans la tourmente. Les Parisiens se procureront en effet des occasions à partir de ce moment précis, entre un poteau de David Luiz sur coup-franc (39e), un raté de Verratti à bout portant (44e), et une frappe d’Aurier ayant poussé Carrasso à la parade (45e+2). C’est au bout du temps additionnel, que les Franciliens parviendront à leurs fins : après une faute de Yambéré sur Verratti dans la surface, l’arbitre désigne le point de pénalty et Lucas transforme (1-0, 45e+3).

Le passage aux vestiaires n’aura pas permis aux Girondins de retrouver leurs esprits. Dès la reprise, le PSG fait le break. Pastore distille une merveille de passe pour Lucas, qui est accroché par Pallois dans la surface. Deuxième pénalty, deuxième réussite pour le Brésilien, qui trompe une nouvelle fois Carrasso (2-0, 50e). Bordeaux réagit par l’intermédiaire de Plasil (51e), mais le match est plié. Le PSG gèrera dès lors son avantage efficacement, ajoutant même un dernier but grâce à Lavezzi (3-0, 82e). En attendant l’issue de l’Olimpico, le club francilien ne compte plus que quatre points de retard sur le leader marseillais.

L’homme du match : Lucas (8) : match remarquable de l’ailier brésilien. Très sollicité, il a su créer des différences à chaque prise de balle, mettant au supplice l’arrière-garde girondine. Virevoltant, il a ajouté le caractère décisif à sa prestation, avec un doublé inscrit sur pénalty. Aurait également pu se targuer de passes décisives avec de véritables caviars pour Verratti (24e, 44e). Intenable. Remplacé par Lavezzi (66e), qui a fêté son retour sur les prés avec un but (82e).

PSG :

- Sirigu (6) : le portier italien est habitué aux longues attentes, il a une nouvelle fois été spectateur une grande partie du match. Pour autant, il a su garder sa concentration pour s’offrir une parade, une seule et de grande classe, sur une frappe de Plasil (51e). A répondu présent à un moment clé.

- van der Wiel (non noté) : auteur d’un début de rencontre assez tranquille, lui qui fut peu mis à contribution du fait de la domination francilienne, le latéral néerlandais a payé cash un tacle en retard sur Khazri. L’arbitre a vu rouge, l’ancien de l’Ajax a regagné les vestiaires après 28 minutes.

- Thiago Silva (6,5) : récemment revenu sur les prés avec une première délicate à Nicosie, le capitaine francilien avait à cœur de monter en puissance avec une sortie aboutie face aux Bordelais. Mission accomplie pour le Brésilien, solide dans les duels aériens et au sol, il a soulagé sa défense avec quelques bons dégagements. Est passé près du but également (44e).

- David Luiz (7,5) : le central brésilien a trouvé son rythme de croisière. En grand forme, il a une nouvelle fois livré une belle prestation cet après-midi. En plus de gagner l’essentiel de ses duels défensifs, à l’instar de cette intervention impeccable dans les pieds de Khazri (12e), il fut très à l’aise à la relance et dans ses sorties de balle, où il a allié à l’efficacité son éternel sens du spectacle. Aurait pu agrémenter le tout d’un superbe but sur coup-franc (39e).

- Maxwell (6) : le vétéran brésilien a fait dans le classique : une relative discrétion dans le jeu, mais une bonne activité dans son couloir, où il n’a pas souffert défensivement. S’il a été peu en vue de l’autre côté du terrain, force est de constater qu’il a assuré le job.

- Verratti (7) : rencontre aboutie pour le petit milieu italien, qui a excellé par sa capacité à briser les lignes, le tout avec une facilité déconcertante. D’une importance capitale dans le jeu, il s’est également avéré décisif, dans la mesure où il a provoqué l’expulsion de Poko et le premier pénalty obtenu par le PSG. Remplacé sous les applaudissements par Cabaye (59e).

- Thiago Motta (4) : une nouvelle prestation mitigée dans son début de saison décevant. Le métronome italien n’a pas brillé de par la qualité de ses transmissions, et a aussi perdu le cuir à plusieurs reprises. A cela, il faut ajouter un jaune précoce (16e), qui a pour conséquence de le priver du duel face à l’OM...

- Matuidi (7) : comme à son habitude, le milieu parisien s’est beaucoup donné. Il a fait du bien par sa capacité de projection, su faire des différences et proposer des solutions offensives à ses partenaires, affichant ainsi une grosse présence aux avant-postes. Percutant, il s’est également avéré décisif avec une passe décisive pour Lavezzi (82e).

- Lucas (8) : voir ci-dessus.

- Bahebeck (non noté) : en l’absence d’Ibrahimovic et avec la suspension de Cavani, le jeune attaquant s’est installé en pointe de l’attaquant francilienne. Une joie de courte durée : après l’expulsion de van der Wiel à la demi-heure de jeu, il a été sacrifié par Laurent Blanc au profit d’Aurier (6,5). L’ancien Toulousain n’a pas tardé à se montrer aux avant-postes, distillant son lot de centres et tentant même sa chance (45e+2). A assuré le boulot derrière, de quoi rendre une bonne copie.

- Pastore (7,5) : l’Argentin a réglé la mire depuis son retour de Nicosie. Il a profité de sa liberté sur la pelouse pour être de tous les bons coups franciliens, et fut d’une remarquable justesse, à l’image de cette délicieuse ouverture pour Lucas en marge de l’obtention du deuxième pénalty parisien (50e). Une belle sortie.

Bordeaux :

- Carrasso (5) : première partie de la première période plutôt calme pour lui. Sa première parade est intervenue devant Aurier avant la mi-temps, quelques minutes avant le pénalty de Lucas (47e) où il est parti à contre-pied. Le deuxième pénalty du Brésilien était à la portée de l’ancien marseillais mais il a manqué de fermeté. Ne peut rien sur le troisième but du PSG.

- Faubert (5,5) : il a repris son rôle sur le côté droit après avoir occupé le centre de la défense contre Caen. Un très bon début de match à mettre au crédit de l’ancien merengue, tranchant dans ses interventions et dans ses replacements. Solide prestation et pas grand chose à lui reprocher.

- Yambéré (5) : il a découvert la Ligue 1 pour la première fois, et qui plus est au Parc des Princes. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est pas laissé impressionner par l’environnement et l’enjeu, comme l’en atteste son bon placement sur le plat du pied de Verratti (23e). Prestation quasi impeccable jusqu’à cette 47e minute, et cette faute sur ce même Verratti. On ne peut pas vraiment lui en tenir rigueur. Encourageant pour la suite.

- Pallois (5) : très propre dans le rôle de dernier rideau défensif, en contrant bien les assauts parisiens. Des regrets, il peut en avoir, premièrement avec cette tête manquée (18e) sur un coup franc de Khazri et deuxièmement, avec le deuxième pénalty concédé après le très beau contrôle de Lucas. Dommage.

- Poundjé (3) : son face-à-face avec Lucas n’a pas eu lieu tant l’ancien de Sao Paulo l’a noyé dans ses percussions et sa vitesse. Il a perdu la plupart de ses duels, notamment celui qui a coûté le troisième but où il arrive en retard sur la tête de Lavezzi (82e). Après-midi à oublier donc.

- Plasil (5,5) : le Tchèque s’est battu, comme à son habitude. Il a tenté de ressortir les ballons proprement et calmement par ses passes et par son toucher de balle, et même de relancer ses coéquipiers juste après le 2-0 parisien, d’une belle frappe sortie par Sirigu (51e). Un abattage inégalable pour son équipe. Indispensable.

- Sertic (4) : il a clairement été en dessous de son coéquipier tchèque au milieu de terrain. Baladé une bonne majorité de la rencontre par les crochets de Verratti et par les appels de Matuidi, il n’a jamais paru être en mesure de sortir la tête de l’eau. Remplacé par Contento (77e), l’ancien bavarois qui n’a pas eu le temps de rentrer dans la partie.

- Poko (non noté) : très brouillon dans ses transmissions et pas très rassurant pour ses coéquipiers, il était clairement à côté de la plaque aujourd’hui. Son carton rouge (36e) pour un tacle à hauteur du genou sur Verratti est logique et a rechangé la physionomie du match après l’exclusion de Van der Wiel, alors que les Bordelais reprenaient quelque peu la maitrise du ballon. Son seul fait de jeu positif a été de provoquer le carton jaune de Motta (16e).

- Rolan (4) : il a failli très mal lancer son match avec une intervention douteuse (5e) dans la surface sur Matuidi. De bonnes intentions toutefois avec beaucoup de provocations à l’encontre de la défense francilienne, mais il a pêché trop souvent par manque de lucidité. Il a malheureusement manqué une occasion cruciale, suite au carton rouge de Paris, sur une frappe devant le but qui part au dessus (30e), regrettable quand on connaît la suite. Remplacé par Kaabouni (56e), auteur d’une bonne entrée, il a apporté son envie et son bagage technique, qui n’a cependant été guère suffisant.

- Touré (4,5) : de retour de suspension, il a été muselé par la charnière brésilienne du PSG mais ne s’est pas démonté, au contraire. Le symbole de cette combativité fut cette belle percée avant la mi-temps. Il s’est éteint au fur et à mesure de la deuxième mi-temps, remplacé par Sala (56e), qui aurait pu inscrire un but à la Zlatan (72e). Ce fut pour lui le seul moment de la rencontre où il a pu se mettre en évidence.

- Khazri (4,5) : on peut lui reprocher de ne pas être assez venu couvrir son couloir afin d’aider Poundjé dans les différences faites par Lucas, qui était dans un grand jour. Il n’a pas pesé dans le jeu de son équipe malgré ses propositions et quelques initiatives. Il s’est fait surtout remarquer pour avoir provoqué le carton rouge de Van der Wiel (27e).