Avec une seule petite victoire sur les six derniers matches toutes compétitions confondues, le PSG vit une fin de saison difficile. Malgré le titre de champion de France, l’ambiance est plutôt morose, à l’image de cette défaite à Montpellier en milieu de semaine ou la déconvenue en finale de Coupe de France il y a sept jours. Il faut vite que ça se termine pour le club de la capitale mais il restait encore 4 rencontres, dont ce match face à Nice au Parc des Princes. Tuchel alignait un 4-2-3-1 avec Neymar, Di Maria et Draxler en soutien de Cavani. Le Gym pouvait lui encore croire à l’Europe, même si la mission s’annonce complexe. Auteur d’un triplé le week-end précédent, Atal était titulaire devant en compagnie de Saint-Maximin et Ganago.

Peut-être un signe prémonitoire d’un nouvel après-midi compliqué, la grêle s’est abattue sur le Parc des Princes une heure avant le coup d’envoi. Le soleil est revenu pour la mise en jeu et le bon début de match parisien. Le ballon circulait bien sur la largeur, moins sur la verticalité où Draxler mettait trop de temps à lâcher son ballon et Cavani n’offrait pas la profondeur nécessaire. C’est donc ce centre de Dani Alves qui offrait la première situation du match, pour une reprise de volée parfaite de Neymar bien repoussée par Benitez (8e). La connexion entre Verratti, Di Maria et Neymar fonctionnait bien mais c’était à peu près tout. Benitez se chargeait du reste en se montrant rassurant sur les rares situations parisiennes (19e, 21e, 24e).

Le penalty manqué de Cavani fait rater la victoire au PSG

Rarement à son avantage durant ce premier acte, Cavani manquait sa seule occasion. Après une passe contrée de Draxler, l’Uruguayen ratait son tacle en bout de course (39e). Dominateur, Paris s’exposait aussi en contre à l’image de ce long ballon dans le dos de Bernat. Atal faisait briller Areola et Danilo frappait sur le poteau (25e). Plus de peur que de mal finalement pour les champions de France puisque l’Algérien était finalement hors-jeu au départ de l’action. Un avertissement sans frais avant d’aborder la seconde période mais il faut croire que les Franciliens avaient encore la tête dans le vestiaire sur ce long ballon de Dante. Pris dans son dos, Dani Alves ne peut que constater les dégâts et Marquinhos est trop court pour intervenir. Ganago s’en va allumer Areola à bout portant (0-1, 46e).

Les sifflets commençaient à tomber des tribunes alors que chaque incursion niçoise faisait trembler le banc parisien. Meilleur joueur sur la pelouse, Atal effectuait un numéro côté droit. Il mettait Bernat par terre et envoyait un centre parfait pour Saint-Maximin, qui n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond. Problème, l’international Espoirs catapultait le cuir sur la barre (58e) et une minute plus tard Burner fauchait Di Maria dans la surface. Neymar se chargeait du penalty et égalisait pour son premier but en championnat depuis son retour de blessure (1-1, 62e). On se disait que le PSG n’allait plus lâcher le morceau, d’autant que la pression se fait sentir dans la surface niçoise. Pourtant, la fin de match était indécise. Atal mettait encore le feu dans le camp parisien et l’arbitre offrait un penalty très discutable au PSG. Neymar laissait Cavani frapper mais ce dernier échouait sur Benitez (90e+3). Le score en restait là, malgré un dernier coup-franc de Neymar (90e+8). Le PSG fait toujours pâle figure.

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L’homme du match : Atal (7,5) : grâce à ses qualités de dribbleur et sa vitesse, il a fait vivre un enfer à Juan Bernat. Une semaine après son triplé face à Guingamp, l’Algérien n’a pas trouvé le chemin des filets cette fois mais quel joueur ! Déniché du côté de Courtrai en juillet dernier, l’international qui disputera prochainement la CAN avec les Verts est un phénomène. Le conserver sur la Côte d’Azur s’annonce compliqué, au plus grand dam des fans de la Ligue 1...

PSG :

- Areola (5,5) : guère inquiété durant la première période, l’international français a tout de même su rester vigilant sur les quelques situations niçoises. Face à Atal (25e) ou Ganago (28e), il est sérieux mais ne peut qu’effleurer le ballon sur le but du Camerounais (46e). Il n’a plus eu grand-chose à faire sur la fin de match mais s’est montré sérieux, donnant même de la voix lorsque le besoin s’en faisait sentir.

- Dani Alves (5,5) : aligné comme latéral droit, l’homme aux 39 trophées a soufflé le chaud et le froid. On l’a surtout vu dans la moitié de terrain adverse. Disponible pour ses coéquipiers, il a essayé d’apporter le surnombre et d’étirer la défense comme lors de ce centre parfait pour Neymar (10e) ou cet appel dans la profondeur sur cette transmission de Paredes (62e). Il est pris dans son dos par l’appel de Ganago qui marque (46e).

- Marquinhos (6,5) : il a encore donné l’exemple ce soir. Un état d’esprit irréprochable et une prestation dans la lignée de sa bonne saison. Beaucoup de jeu long en début de partie pour le capitaine du jour, qui a mis en difficulté la défense du Gym. Il n’a pas eu de difficulté à maîtriser le domaine aérien face aux rares attaques adverses. Il est tout de même trop court face à Ganago (46e) et est pris à défaut face à Danilo (64e).

- Kimpembe (5) : Maestro a réalisé une première période à l’image de sa saison : mauvaise. Une première passe directement vers l’attaque adverse (1e), des duels perdus, un manque d’assurance dans ses interventions et une couverture sur le but de Ganago (46e). Sa seconde période est pourtant meilleure. Plus costaud dans les duels, il a réussi quelques interceptions décisives, notamment face à Saint-Maximin.

- Bernat (4) : pris dans son dos par Atal, qui était finalement en position de hors-jeu (25e), l’ancien du Bayern Munich a fait le boulot en maîtrisant les situations offensives. Il n’a pas su non plus apporter dans son couloir car pas toujours servi dans les bonnes conditions. À l’inverse en défense, Atal l’a fait souffrir le martyr. Il est complètement désorienté par les dribbles de l’Algérien (58e). Match en demi-teinte.

- Verratti (5,5) : mobile au milieu de terrain, il a réalisé un bon début de match. Il a souvent cherché Neymar ou Di Maria et a réussi à trouver les latéraux pour étirer le jeu sur la largeur. Le petit Italien a même offert quelques situations de danger dans la surface adverse (18e, 31e, 52e) sans que cela ne soit suffisant. On l’a senti fatigué en fin de match car moins lucide dans ses transmissions. Averti (54e).

- Paredes (4,5) : auteur d’une grossière erreur face à Montpellier, l’Argentin s’est montré plus à son avantage aujourd’hui mais ce n’est toujours pas ça. Une bonne passe qui casse les lignes (6e) et une lourde frappe loin du cadre (9e) pour lancer son match puis il s’est endormi. Avec lui, le jeu est arrêté et il s’est retrouvé souvent en difficulté pour marquer ses vis-à-vis. Sans un hors-jeu de Cavani, il aurait pu offrir une occasion d’une passe laser (62e). Remplacé par Kurzawa (66e) dont l’entrée n’a pas changé grand-chose. Il aurait pu écoper d’un avertissement pour cette grosse charge sur Atal (69e).

- Di Maria (5,5) : il est l’un des hommes en forme de cette fin de saison au PSG. En jambes comme à la Mosson, Fideo aura été le principal danger pour Nice. Toujours disponible côté gauche, il a multiplié les frappes et les centres mais a rarement trouvé la cible. Son déchet dans le dernier geste a mis en difficulté le PSG dans la zone de vérité mais il finit pas obtenir un penalty après une faute de Burner (58e).

- Neymar (6) : du bon et du moins bon pour lui aujourd’hui. En position de numéro dix, le Brésilien a tenté beaucoup, sans toujours réussir. Une magnifique reprise de volée cadrée pour l’un de ses premiers ballons (8e), une complicité avec Di Maria qui a fait mal aux Niçois (10e) et un penalty marqué tout en décontraction (60e). Comme Di Maria, il n’a pas eu beaucoup de réussite dans la zone de vérité. En fin de match, il obtient un penalty généreux (90e+3).

- Draxler (3) : une prestation franchement manquée. L’Allemand a considérablement ralenti le jeu du PSG. Tout le temps orienté vers l’arrière, il lui fallait plusieurs touches de balle avant de se décider. Il a fini par disparaître des radars mais aurait pu bénéficier d’un penalty après un contact avec Danilo (56e). Remplacé par Diaby (66e) qui a tenté de mettre le feu dans son couloir gauche sans réussir (83e).

- Cavani (3,5) : titulaire pour la première fois depuis son retour de blessure, El Matador n’a pas brillé. Souvent absent des circuits préférentiels de ses partenaires et handicapé par les nombreux centres manqués de Di Maria et Neymar notamment, il a touché très peu de ballons et n’a vraiment eu l’occasion de se montrer dangereux. Il rate son tacle offensif sur ce ballon de Draxler (39e) et chipe ce ballon à Dani Alves, alors qu’il est hors-jeu (62e). Il finit même par rater la balle de match d’un penalty repoussé par Benitez (90e+3).

Nice :

-  Walter Benitez (7,5) : grand, très grand oublié des trophées UNFP, le portier argentin a donné du crédit à son tweet posté un peu plus tôt dans le week-end pour s’indigner de son absence dans les cinq meilleurs gardiens de la saison. Impeccable sur la reprise de volée de Neymar en début de match, sauveur sur le penalty tiré par Edinson Cavani (90e+3), le gardien qui n’avait pris qu’un but sur les cinq derniers matchs est resté dans la lignée de sa saison : rassurant, précieux et excellent.

- Patrick Burner (5) : il s’est fait une petite frayeur d’entrée en tentant de remiser maladroitement de la tête pour son gardien, mais a ensuite enchaîné deux excellentes interventions. Le Martiniquais avait fort à faire sur son côté droit et a fini par craquer face à Angel Di Maria, concédant du même coup un penalty (60e). On peut également regretter son manque d’implication sur le plan offensif. Remplacé par Bassem Srarfi en fin de match (90e).

- Malang Sarr (6) : après des heures compliquées la saison dernière, le défenseur de 20 ans réalise un exercice 2018-2019 complet. Installé dans le couloir gauche, le Niçois de naissance s’est fait d’abord peur en jugeant mal un rebond, entraînant malgré lui une action chaude ponctuée par la reprise de volée de Neymar (8e). En deuxième mi-temps, le jeu du PSG s’est concentré de l’autre côté, lui permettant de passer une après-midi un peu plus calme que celle de son compère dans le couloir droit.

- Christophe Herelle (6) : c’est l’un des très bons coups réalisés par l’OGCN sur le marché des transferts ces dernières années. Arrivé sur la Côte d’Azur l’été dernier contre un chèque d’environ 5 millions d’euros, l’ancien Troyen justifie pleinement ce montant. Très bon aujourd’hui, il a enchaîné les interventions salvatrices et s’est systématiquement imposé dans les airs. Hormis une faute grossière sur Neymar synonyme de coup-franc dangereux pour le PSG (37e) et une petite incompréhension avec son gardien (80e), on ne peut rien lui reprocher.

- Dante (6,5) : du haut de ses trente-cinq ans, le Brésilien, qui retrouvait aujourd’hui plusieurs de ses compatriotes, n’est pas étranger à l’excellente saison de la défense niçoise. Sérieux en première mi-temps, il délivre un véritable caviar à Ignatius Ganago sur l’ouverture du score de l’OGCN (46e) avant de sauver son équipe quelques minutes plus tard d’un tacle précieux. Sa deuxième mi-temps est de très bonne facture, malgré un penalty concédé qu’on a du mal à expliquer.

- Adrien Tameze (6,5) : il est définitivement précieux. Vrai bon joueur de football, le Franco-Camerounais est un métronome dans le dispositif de Patrick Vieira. Ses sorties de balle ont été impeccables malgré le pressing haut du PSG. Premier joueur à solliciter Alphonse Areola (35e), il s’est même permis le luxe de se projeter vers la surface parisienne. À 25 ans, l’ancien du VAFC offre de belles promesses.

- Pierre Lees-Melou (5,5) : difficile de se faire un avis sur prestation, tant l’ancien Dijonnais a passé l’après-midi à courir derrière le ballon. Son pourcentage de passes réussies (77%) reflète relativement bien son match, lui qui était là pour défendre. Souvent au marquage individuel sur Neymar, il s’en est bien sorti. Travailleur de l’ombre, le joueur de 25 ans s’est sacrifié cet après-midi pour le bien de son équipe.

- Danilo Barbosa (6) : capable d’effectuer des sorties de balle de très grande qualité, le milieu de terrain de 23 ans aurait pu punir ses coéquipiers en réalisant un retour défensif très maladroit sur Julian Draxler (55e). S’il a frôlé la catastrophe, bien aidé par l’oublie du staff arbitral, il a fait un bon match.

- Allan Saint-Maximin (3,5) : Youcel Atal peut lui en vouloir, ses supporters également. Capable du meilleur comme du pire, l’attaquant formé à Saint-Etienne était dans un mauvais jour. S’il a perdu beaucoup de ballons, sa plus grosse bévue intervient à quelques mètres du but, lorsqu’il catapulte l’offrande de son compère Algérien sur la barre (58e). S’il n’est pas capable de répondre présent dans ce genre de match, le natif de Châtenay-Malabry ne franchira jamais le cap qui ferait de lui un joueur convoité par des clubs d’un standing supérieur. Remplacé à la 76e par Mickaël Le Bihan, qui lui, n’a pas eu l’opportunité de briller.

-  Ignatius Ganago (6) : ses quelques accélérations dès l’entame du match ont donné le ton, mais il a ensuite dû se contenter de rares ballons, Youcef Atal ayant été plus servi par ses coéquipiers sur le côté droit. Une unique véritable occasion dans la surface du club de la capitale a suffi pour l’attaquant de vingt ans qui a pulvérisé la cage du Parc des Princes (46e). Remplacé par Jean-Victor Makengo à la 61e, qui a su se mettre au niveau de ses coéquipiers.

-  Youcef Atal (7,5) : voir ci-dessus.