Rudi Garcia a bluffé. Mardi après-midi en conférence de presse, l’entraîneur français a annoncé que son équipe n’évoluerait pas en 3-5-2 face à la Juventus en Ligue des Champions. « On a utilisé un système différent à Metz. On ne jouera pas dans ce système demain. On a intégré Bruno Guimaraes et c’était un bon dispositif pour le mettre dans de bonnes conditions. Mes joueurs sont capables de bien animer le système dans lequel on joue. » Pourtant, lors de l’ultime répétition des Gones vendredi face à Metz, le coach de l’OL a bien utilisé ce système de jeu. Et il a renouvelé l’expérience mercredi soir au Groupama Stadium contre les Bianconeri. L’OL était en 5-3-2 sur les phases défensives et plutôt en 3-5-2 sur les phases offensives. L’idée étant surtout d’apporter de la solidité en défense face à l’armada offensive italienne.

Un système qui a plutôt bien fonctionné

Ainsi, le onze lyonnais se présentait ainsi : Lopes - Denayer, Marcelo, Marçal - Dubois, Guimarães, Tousart, Cornet - Aouar - Toko Ekambi, Dembélé. En optant pour ce onze, Rudi Garcia, qui était attendu sur ce match et qui est au cœur des critiques, a aussi tranché dans le vif. Derrière, il s’est passé d’un Joachim Andersen qui présente pourtant l’avantage de parfaitement connaître le foot italien. Mais son coach a préféré miser sur Marçal, qui avait notamment donné satisfaction à cette place l’an dernier avec Bruno Genesio. Au milieu aussi, le technicien français a fait des choix. Il a aligné de nouveau Bruno Guimarães aux côtés d’Aouar et Tousart. Thiago Mendes ou encore Maxence Caqueret ont été envoyés sur le banc. Enfin devant, Moussa Dembélé a finalement été accompagné par Karl Toko Ekambi. Si Garcia a hésité un temps avec Martin Terrier, qui a de bons automatismes avec Dembélé, il a finalement choisi l’ancien joueur de Villarreal.

En première période, malgré quelques occasions de Cristiano Ronaldo, l’OL a tenu bon. Les Gones ont été solidaires et ont fait les efforts ensemble. On a vu les joueurs beaucoup communiquer. On les a aussi vu mettre de l’agressivité, de l’intensité tout en faisant preuve d’envie. Ce qui n’a pas toujours été le cas cette saison. Derrière, le trio a été sérieux tout en étant bien épaulé par Cornet et Dubois. Dans l’entrejeu, Bruno Guimarães, Houssem Aouar et Lucas Tousart ont pris le dessus et ont réussi à alimenter Moussa Dembélé et surtout Karl Toko Ekambi, qui a eu des opportunités (41e, 43e). En seconde mi-temps, la Juventus a montré un meilleur visage mais l’OL a su faire preuve de solidarité pour tenir le coup. C’est ce qu’a expliqué le technicien français après la rencontre remportée 1 à 0 grâce à un but de Lucas Tousart.

Les joueurs saluent le plan réussi de leur coach

« En première période, on n’a pas souffert. Par contre, en deuxième période, on a beaucoup moins existé avec le ballon et du coup, quand ils ont aussi fait rentrer un quatrième attaquant, c’est devenu compliqué notamment sur les centres. Mais c’est à ce moment-là, effectivement, qu’on relève la solidarité et l’abnégation de tous les joueurs. On a su s’accrocher pour ne pas concéder de buts parce que c’est un élément important quand on reçoit au match aller de ne pas prendre de buts. Je regrette qu’on n’ait pas marqué un deuxième but en première parce que c’est à ce moment-là qu’on aurait pu. La tête de Karl Toko-Ekambi sur la barre ou une ou deux situations qu’il aurait pu mieux maîtriser et mieux cadrer. Mais ça reste une très très belle victoire, je suis content pour les garçons, ils ont su se mettre au niveau de l’événement on va dire ».

Les "garçons", eux, ont aussi salué le travail de leur entraîneur à l’image de Lucas Tousart. « Je pense qu’on était tous concernés et disciplinés. Le coach nous avait fait un vrai travail tactique sur la Juventus. Je pense qu’on avait tous envie de faire quelque chose de grand ». Idem pour Anthony Lopes. « Le plan de jeu du coach a été décisif. On voulait surtout éviter que des joueurs comme Dybala ou Cristiano Ronaldo puissent se retourner et prendre de la vitesse pour essayer de nous éliminer et frapper. Les consignes ont été très bien respectées de la part des défenseurs mais aussi des offensifs. Tout le monde a fait un travail incroyable ». De quoi redonner confiance à une équipe de l’OL qui sait qu’elle devra sortir un match de qualité encore supérieure à Turin le 17 mars. Après avoir gagné une bataille, Rudi Garcia et ses troupes espèrent bien y remporter la guerre.