« Je suis calme, serein. Le danger serait de jouer le match dans nos têtes avant et d’y laisser beaucoup de forces. On doit être prêts demain (mardi), à 21 heures, et pas avant », avait lâché Bruno Genesio lundi en conférence de presse d’avant-match. L’entraîneur des Gones voulait ôter de la pression à ses troupes avant un choc cinq étoiles face au FC Barcelone en huitième de finale aller de l’UEFA Champions League. Une rencontre où le technicien, dont le contrat se termine en juin 2019, était aussi attendu au tournant. Quel onze et quel système allait-il utiliser ? Quel joueur allait remplacer Nabil Fekir, suspendu ? Comment allait-il tenter de bloquer l’infernal Lionel Messi ?

La surprise Terrier

Concernant son onze de départ, l’entraîneur lyonnais a misé, comme attendu, sur un 4-2-3-1. Même si les Gones avaient travaillé l’option du 4-3-3 avec Tousart au milieu la veille du match, Bruno Genesio est finalement resté sur sa première idée lui qui devait aussi remplacer Nabil Fekir. Et sans grande surprise, c’est Memphis Depay qui a été décalé dans l’axe pour compenser l’absence de son capitaine et soutenir Moussa Dembélé, aligné en pointe. Il restait ensuite à savoir qui allait prendre la place du Néerlandais sur l’aile gauche. Souvent précieux en Ligue des Champions, notamment face à Manchester City, Maxwel Cornet était pressenti pour débuter la rencontre sur l’aile gauche. Il aurait pu justement aider Ferland Mendy à contenir Lionel Messi en l’aidant sur les phases défensives.

Mais Genesio a préféré miser sur Martin Terrier, déjà titulaire face à Guingamp (1 but), plutôt que sur Cornet, dont l’entrée en jeu vendredi soir n’a pas été une franche réussite et n’aurait pas plu. Ainsi, le onze lyonnais était le suivant : Lopes, Mendy-Denayer-Marcelo-Dubois, Aouar-Ndombele, Terrier-Depay-Traoré, Dembélé. Au final, l’OL a obtenu un bon résultat en concédant le match nul (0-0). Concernant le système adopté, l’équipe lyonnaise a été souvent en souffrance notamment au milieu de terrain où la paire Houssem Aouar-Tanguy Ndombele a souvent eu du mal à contenir les offensives catalanes menées par Messi et Ousmane Dembélé. Malgré le passage au 4-3-3 après l’entrée de Lucas Tousart, le milieu rhodanien a continué à souffrir et à perdre de nombreux ballons.

Depay n’a pas fait oublier Fekir

Outre l’aspect tactique, on attendait aussi de savoir comment l’OL allait jouer sans Nabil Fekir. Mais Memphis Depay n’a pas réussi à exister face aux Catalans, s’engouffrant souvent dans la défense et perdant le peu de ballons qu’il est arrivé à avoir en première période. Malgré un sursaut d’orgueil en début de deuxième période puis un changement de système, l’international néerlandais est passé à côté de son match. Un pari qui n’a pas payé pour les Lyonnais. Enfin, Martin Terrier, aligné sur l’aile gauche, n’a pas manqué l’occasion de se montrer. Offensivement, il a osé et cela a même failli lui réussir. Sa frappe du droit à près de 25 mètres a été détournée par ter Stegen sur la transversale (9e). Généreux dans l’effort, il a souvent proposé des solutions, joué juste et a montré une belle entente avec Moussa Dembélé (45e).

Son entraîneur était content de lui : « Lorsqu’on fait un choix, ce n’est pas pour sanctionner un joueur mais dans l’intérêt de l’équipe. C’est le collectif qui prime. J’avais fait le choix de titulariser Martin Terrier car il pouvait nous apporter sa qualité technique mais aussi sa faculté à plonger dans la profondeur. Ce qu’il a bien fait, notamment en première période. Il a apporté beaucoup de liant. Après, ça s’est révélé plus difficile car toute l’équipe a baissé physiquement ». Contrairement à Bertrand Traoré qui était sur le côté droit, l’ancien Lillois n’a pas non plus rechigné dans le travail défensif. Ce qui était important d’autant qu’il évoluait sur le même côté que Messi. Même si tout n’a pas été parfait pour Bruno Genesio qui aurait aimé plus serrer la Pulga. « On aurait pu faire mieux. On a peut-être été trop passifs sur le porteur du ballon et ils ont donc réussi à trouver des solutions entre les lignes. J’aurais aimé qu’on fasse preuve de plus d’agressivité et de rythme dans notre pressing ». Des leçons que retiendront certainement les Gones qui iront chercher leur qualification le 13 mars prochain au Camp Nou.