Bonne pioche ! La cellule de recrutement du Racing Club de Lens ne s’y est pas trompée. Pour 150 000 € seulement, John Bostock a débarqué à Lens cet été en provenance du OH Louvain (Belgique). Mais l’international trinidadien ne vient pas de nulle part. Formé à Crystal Palace où il découvre le monde professionnel à 15 ans, il est très vite repéré par Tottenham où il joue même en Coupe d’Europe dès sa première saison. Mais barré par la concurrence chez les Spurs, Bostock multiplie les expériences en prêt, à Brentford, Hull City, Sheffield Wednesday, Swindon Town et même à Toronto. Sans succès. Celui qui était considéré comme un grand espoir en Angleterre enchaîne finalement les déceptions. C’est en Belgique qu’il relance sa carrière avec le Royal Antwerp d’abord, puis à Louvain, avant de débarquer dans le nord de la France pour le plus grand bonheur du public sang-et-or.

Rapidement, à Lens, il est devenu le chouchou du stade Bollaert. Ses longues passes chirurgicales impressionnent, mais pas que. Louis, fervent supporter lensois, se délecte de ses performances. « Il récupère beaucoup de ballons, temporise, distille des merveilles d’ouvertures, marque et fait même des Panenka », se réjouit-il. Anthony apprécie également la belle palette technique du natif de Londres. « Son football est rare, avec un jeu posé, beaucoup de changements de rythme, une patte gauche exceptionnelle, une belle technique et beaucoup de classe pour la Ligue 2 ». Même quand John Bostock n’est pas dans son match, il peut être décisif à tous moments. Impliqué sur près de la moitié des buts lensois cette saison, avec 5 réalisations et 4 passes décisives, il est devenu en quelques mois seulement le maître à jouer et le métronome de cette équipe lensoise qui vise naturellement la remontée en Ligue 1.

Un joueur hors du commun

« On sait pertinemment que son passage marquera les supporters », avance d’ores et déjà Emeline. Il faut dire que le milieu de terrain ne manque jamais une occasion pour se mettre le public dans la poche. Avant, pendant et après les rencontres, John Bostock vient saluer et haranguer la foule. Sur les réseaux sociaux, ses messages sont souvent touchants et percutants. « Avant d’être un bon joueur, c’est surtout un homme de cœur avec beaucoup de valeurs. De l’amour pour le maillot qu’il porte, du temps pour les supporters et de la sincérité », explique Anthony. Pendant ses périodes difficiles où il ne parvenait pas à s’imposer en Angleterre, Bostock s’est beaucoup rapproché de la religion. Au point même de créer un collectif (Ballers In God) qui rassemble les footballeurs chrétiens. Dans les tribunes ou à la télévision, le joueur ne passe pas non plus inaperçu avec sa crinière blonde qui orne le dessus de son crâne. De par son jeu, son histoire et son look, Bostock est définitivement un joueur hors du commun.

« On a une chance incroyable d’avoir ce bonhomme, qui permet aux autres milieux de se bonifier » analyse Louis. Élu meilleur joueur du mois de septembre par l’UNFP, John Bostock transcende ses partenaires. « Il doit sûrement motiver les troupes, proposer des solutions pour améliorer le cours du jeu », pense Emeline. De part son naturel, « il a une vraie influence positive sur certains joueurs, comme Bourigeaud », commente Louis. Avec son partenaire du milieu de terrain, ils se sont même auto-proclamés les Verratti-Motta de la Ligue 2, dans un entretien accordé à L’Équipe. « C’est incontestablement la recrue qu’il fallait au club », estime Emeline. « C’est peut-être notre meilleure recrue depuis Seydou Keita. Parce que ça fait un moment qu’on enchaîne les flops au niveau de la cellule de recrutement », regrette Louis.

Bostock fait renaître l’espoir

Malgré tout, en visionnant les rencontres du Racing Club de Lens, certains supporters ont le sentiment que le système de jeu d’Alain Casanova n’exploite pas entièrement les qualités de John Bostock. Le milieu de terrain se retrouve trop souvent devant la défense, et ne parvient pas assez à aider ses partenaires offensifs. Avec un petit ajustement, ils se demandent si ce joueur-là pourrait être encore plus percutant et décisif. De quoi envisager un avenir radieux pour les Lensois ? « L’espoir revient petit à petit. Dans le vestiaire, dans les gradins, dans les têtes de tout le monde », reconnaît Louis. « Espérons que ce soit le début d’une belle, longue et grande aventure avec lui, glisse Anthony. L’espoir renaît avec ses performances et l’équipe qui se dessine autour de lui. Après la période que l’on vient de traverser, c’est bon de rêver avec un joueur comme Bostock ».