Foot Mercato : nous nous étions vus il y a un peu plus d’un an à Clairefontaine (il était avec les Espoirs, ndlr) et vous m’aviez dit que vous appreniez l’anglais. J’imagine que vous parlez très bien à présent et qu’on aurait pu faire l’entretien dans cette langue....

Issa Diop : j’ai progressé par rapport à l’an dernier. Mais je peux encore mieux faire (...) On aurait peut-être pu faire l’interview en anglais (rires). Mais ça n’aurait pas été parfait.

FM : le fait de mieux maîtriser la langue participe-t-il au fait d’être mieux intégré dans l’équipe sur et en dehors du terrain ?

I.D : oui et non. Je peux mieux échanger à présent avec mes coéquipiers et les connaître plus en détail. Mais footballistiquement parlant, ça reste la même chose. Je suis bien intégré.

FM : quel bilan tirez-vous de votre première année en Premier League ?

I.D : je trouve que j’ai fait une première saison correcte à West Ham. J’aurais pu mieux faire. Par rapport à la France, il y a des différences. Il y a beaucoup plus de transitions. Mais je n’ai pas été surpris par la Premier League.

FM : si vous deviez vous mettre une note sur 10, laquelle serait-ce ?

I.D : (Rires). Je ne sais pas, 5 peut-être. J’ai fait une saison correcte. Je sais que je peux faire beaucoup mieux. Donc 5, ça me paraît juste.

FM : que pouvez-vous améliorer ?

I.D : je peux progresser dans tous les domaines, que ce soit tactiquement, techniquement, athlétiquement. J’ai encore des progrès à faire et des paliers à franchir. À moi de travailler pour progresser.

FM : que ce soit dans votre jeu ou en tant que personne, en quoi avez-vous changé ou évolué en une saison en Angleterre ?

I.D : j’ai pris de l’expérience en Premier League. J’ai découvert un nouveau championnat, une nouvelle culture et une nouvelle ville. Donc c’est vrai que ça m’a changé. J’ai progressé et engrangé de l’expérience. Mais comme je vous l’ai dit avant, je peux encore apprendre et progresser. Je travaille pour et j’espère que ça arrivera vite.

FM : en arrivant du TFC et de la France pour un certain prix, aviez-vous encore plus l’envie de prouver et de vous imposer en Angleterre où on ne vous connaissait pas encore ?

I.D : concernant mon prix, je vous avoue que je ne m’intéresse pas forcément à ces choses. Peu importe, j’avais l’envie de prouver, de montrer le meilleur de moi-même et d’être performant. C’était plus pour moi -même que pour les gens.

Issa Diop veut poursuivre sa progression

FM : comment se passe cette nouvelle saison ?

I.D : pour le moment, c’est un peu plus compliqué que l’année dernière. On est moins bien au classement. On a changé de coach récemment. Ce sont de nouvelles méthodes de travail, de nouvelles idées. J’espère qu’on va remonter car le classement est serré malgré tout. On peut encore rattraper notre retard.

FM : West Ham est seizième du championnat. Comment expliquez-vous cela ? Que faire pour repartir de l’avant ?

I.D : je ne sais pas trop comment l’expliquer. On avait pourtant bien démarré. C’est vrai que la blessure de notre gardien nous a fait du mal. On a également fait des erreurs durant des matches qui ont été des tournants, qui nous ont fait perdre des points ou des matches. Au niveau de la confiance, ça a tourné et ça va vite dans le foot.

FM : David Moyes est arrivé pour remplacer Manuel Pellegrini. Que vous apporte-t-il de nouveau ?

I.D  : il y a des choses que l’ancien coach faisait tactiquement et que lui fait de façon différente. Ce sont juste des petits détails qui ont changé.

FM : individuellement, après une première année où vous avez impressionné pas mal de monde, cette saison est un peu plus difficile pour vous puisque vous jouez un peu moins. Comment l’expliquez-vous ?

I.D  : c’étaient les choix du coach et je les ai respectés. C’est comme ça, c’est le football. Personnellement, ça ne change rien pour moi. Il faut que je continue à travailler. Nous sommes les joueurs et nous sommes sur le terrain. Donc c’est à nous d’être performants chaque week-end pour être incontestables et incontestés.

FM : vous sentiez-vous plus attendu cette saison ?

I.D : quand on aspire à jouer au très haut niveau, on n’est pas attendu chaque année mais chaque match. C’est pour ça qu’il faut être performant à chaque rencontre et non chaque année ou par période. Il faut être très constant et c’est ça le plus difficile à faire. Que ça marche pour moi ou que ça se passe moins bien, j’ai toujours la même méthodologie de travail. Je continue de faire les mêmes choses que quand je jouais plus. J’ai toujours les mêmes méthodes de travail.

FM : quelles sont vos attentes pour la suite de la saison ?

I.D : j’espère jouer et être performant.

Sa découverte de la Premier League

FM : vous évoluez cette saison avec Sébastien Haller qui vous a rejoint l’été dernier. Comment jugez-vous ses débuts ? Qu’amène-t-il à l’équipe ?

I.D : il s’est très bien adapté. C’était facile pour lui de s’intégrer car c’est un mec super sympa. Dans son jeu, il est très généreux. Il est très bon dos au jeu mais il peut aussi aller dans la profondeur. Il est très intelligent, il se place bien par rapport aux autres. C’est un vrai attaquant moderne.

FM : vous évoluez depuis un an et demi en Angleterre. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé ici ?

I.D : franchement, tout est bien ici. Il y a de sacrés stades ! Mais je vais dire que ce qui m’a le plus frappé ici, ce sont les vestiaires visiteurs. Par rapport au stade, je vais dire que c’est vraiment l’opposé. Les vestiaires visiteurs sont vraiment très petits, anciens, vétustes. Même dans de très beaux stades, ils peuvent être comme ça. C’est ce qui m’a le plus marqué. Si je compare à la France où dans la plupart des stades il y a de grands vestiaires, ici il y a vraiment cette notion de mettre mal à l’aise l’équipe adverse.

FM : l’an passé, vous m’aviez dit qu’Eden Hazard était le joueur qui vous avait le plus impressionné. Le fait qu’il soit parti doit être un soulagement ?

I.D : (Rires). C’est vrai que c’était le joueur qui m’avait le plus impressionné l’année dernière. Mais il y en a encore beaucoup (rires). Mais c’est toujours plus enrichissant de jouer contre les meilleurs joueurs.

FM : qui vous impressionne le plus à présent ?

I.D : il y en a beaucoup ! Je pourrais citer tous les joueurs des grosses équipes. Tous ceux de Liverpool, de Manchester City, etc..Je pourrais donner beaucoup de noms. Il y a beaucoup de grands joueurs en Premier League et c’est une excellente chose de pouvoir les affronter.

FM : Liverpool semble filer vers le titre cette saison. Que vous inspire cette équipe ?

I.D : je regarde toutes les équipes du championnat comme on va toutes les jouer à un moment ou à un autre. J’essaye d’analyser comment elles jouent. Mais c’est vrai que Liverpool est très impressionnant cette année. Tout le monde sait que c’est une grande équipe. Mais cela reste du foot et on n’a pas de complexe d’infériorité à avoir quand on les affronte. Même si on sait qu’à la longue ils sont forts, sur un match il peut se passer des choses. On ne fait pas de complexe d’infériorité.

FM : le mercato a débuté il y a deux semaines. Comme en janvier 2019 et comme l’été dernier, votre nom est de nouveau cité cet hiver. Comment accueillez-vous cela ?

I.D  : ça ne me fait ni chaud, ni froid. Je ne suis pas dans les négociations, je ne veux pas savoir quel club s’intéresse à moi. Donc pour moi, ça ne change vraiment rien. La plupart du temps, ce sont des amis qui m’envoient des captures d’écrans pour me dire : "Issa regarde". Ce n’est même pas moi qui suis au courant en premier. Après c’est le jeu du mercato, il y a des choses qui sont vraies, d’autres qui sont fausses. Donc honnêtement, je n’y prête pas trop attention.

Le Frenchy évoque le mercato

FM : donc quand on dit qu’Arsenal et Manchester United étaient intéressés par vous l’été dernier ou que d’autres songent à vous cet hiver, ça ne vous flatte pas ?

I.D : franchement, sans faire de langue de bois, je m’en fiche un peu de ce qui peut sortir dans les journaux. Je ne suis pas du tout concentré sur ça. Je ne calcule pas du tout. Je laisse les personnes qui s’occupent de ça gérer cette partie. Moi, je ne m’occupe que du football.

FM : malgré tout, vous sentez-vous observé par les grosses cylindrées anglaises ?

I.D  : je ne me sens pas spécialement observé. Mais qu’on soit dans un club plus "petit" ou dans un grand club, quoiqu’il arrive on est observé. Ça ne change rien.

FM : les Hammers réclamaient 87,5 millions d’euros l’été dernier pour vous. Imaginiez-vous valoir autant d’argent après seulement un an ?

I.D : ça il faut le demander au club (sourire).

FM : qu’on parle d’autant d’argent ou d’aussi grands clubs, est-ce que ça ne vous met pas un peu de pression ?

I.D : non, pas du tout (sourire). Comme je vous l’ai dit, le prix ce n’est pas trop mon problème. Je ne me focalise pas sur ces choses-là.

FM : en Angleterre, on a parlé d’un intérêt de Tottenham pour vous. Un club où officie un certain José Mourinho, qui vous avez encensé lors de son passage à MU. Avez-vous échangé avec lui depuis ?

I.D : non, je n’ai ni discuté, ni échangé avec lui. Rien du tout.

FM : comment voyez-vous l’avenir et ce mercato d’hiver ?

I.D : il faut que je travaille et que je joue. Ensuite, chaque chose en son temps. Ce qui doit arriver arrivera. Mais moi je me concentre sur le football. Je veux prendre du plaisir et performer.

FM : donc vous comptez rester à West Ham jusqu’à la fin de la saison a priori.

I.D : oui. Moi, je ne peux pas en dire plus. Imaginons que le club veuille me vendre, je ne peux pas parler de l’avenir. Mais aujourd’hui je peux vous dire oui.

FM : êtes-vous attentif malgré tout au mercato, que ce soit pour vous ou d’autres joueurs ?

I.D : j’aime le foot donc je regarde des émissions qui en parlent. Forcément, ils évoquent le mercato. Mais je ne suis pas le mercato pour suivre le mercato. Comme j’aime le foot et que je regarde beaucoup d’émissions et de matches, il arrive qu’on en parle.

FM : nous sommes à quelques mois de l’Euro 2020. Vous m’aviez dit que les Bleus étaient dans un coin de votre tête mais qu’il fallait y aller étape par étape. Est-ce toujours votre idée ?

I.D : oui, j’ai toujours la même réflexion à ce sujet. Il faut travailler et progresser. Ensuite, si on est performant en club, on sera peut-être appelé en équipe de France. Chaque chose en son temps.

FM : le sélectionneur ou le staff tricolore vous suivent-ils ?

I.D : je ne sais pas du tout, très honnêtement.

FM : que pensez-vous de la forte concurrence régnant en défense centrale ?

I.D : le sélectionneur fait ses choix. Plus il y a de bons joueurs, mieux c’est pour l’équipe de France. C’est une bonne chose.

FM : Londres est une ville de foot. Allez-vous voir d’autres matches ? Suivez-vous encore plus la Premier League à présent ?

I.D : je regarde les matches à la télévision, mais je ne vais pas forcément voir les matches au stade.

FM : vous avez déclaré ne pas suivre forcément trop le mercato, mais lisez-vous la presse en général ?

I.D : la plupart des médias que je lis ne sont pas spécialisés dans le foot. Je lis Le Monde ou encore La Dépêche du Midi. Des journaux qui n’ont rien à voir directement avec le sport. Après je peux tomber parfois sur les réseaux sociaux sur des articles de médias sportifs que je peux lire aussi. Mais je me suis toujours intéressé à l’actualité de la France et du monde.

FM : vous êtes aussi une personne très engagée pour la lutte contre le cancer. Pouvez-vous nous en parler ?

I.D : ça touche beaucoup de gens en France et dans le monde, et dans ma famille personnellement. Donc c’est vraiment quelque chose de très important pour moi où l’on peut faire de grands progrès car c’est l’une des principales causes de mortalité en France. C’est important pour moi plus en tant que personne que footballeur. Même si je n’avais pas été footballeur, j’aurais aimé aider dans cette recherche-là.

FM : de quelle façon vous engagez-vous ?

I.D : je m’investis de diverses manières. Ce n’est pas que par rapport à moi. Si je peux faire en sorte que d’autres personnes s’y intéressent. Il y a des projets qui arrivent et j’en parlerai plus en détail.