Entre Guarin et l’Inter, il fut très longtemps, pour ne pas dire toujours, question de relation compliquée. Une relation qui aurait dû s’achever l’hiver dernier, lorsque le milieu colombien, jamais convaincant sur la durée avec les Nerazzurri, devait être échangé avec Mirko Vucinic. Après colère des tifosi et retrait de Thohir, Guarin est finalement resté. Comme il est toujours resté depuis 2012, en dépit des rumeurs l’envoyant aux quatre coins de l’Europe. À croire que la flopée de transferts avortés cachait un autre destin, celui d’un véritable succès à l’Inter. Un succès inattendu qui est en train de se concrétiser.

L’arrivée de Mancini comme détonateur

En effet, pour la première fois depuis l’arrivée de Guaro dans la cité lombarde, on peut dire de lui qu’il régulier au-delà d’une poignée de rencontre. Lumière brillant par intermittence auparavant, l’ancien de Porto s’est mué en phare de l’Inter. Ou plus exactement de l’Inter de Roberto Mancini. Car c’est bien le changement de coach, opéré en novembre dernier, qui a donné une nouvelle tournure à son parcours chez les Interistes.

Là où le Colombien peinait dans le 3-5-2 de Mazzarri, il brille aujourd’hui dans le 4-3-1-2 mis en place par Mancio, flanqué côté droit. « L’équipe cherche à profiter de mes qualités et c’est dans ce rôle que je suis le meilleur », assurait l’intéressé récemment en conférence de presse. Un constat indiscutable à la lueur de ses trois derniers matches de championnat, où il s’est fendu de trois buts et autant de passes décisives.

Un joueur en confiance

« Pour moi, pour l’équipe, pour tous, Mancini a été très important. Je vais sur le terrain l’esprit libre », poursuit le joueur. Le feeling passe avec Mancini, comme il n’est jamais passé avec ses précédents coachs en Italie. Une question de confiance, qui se ressent tant dans les statistiques – le Colombien a été aligné titulaire sur les 13 rencontres de Serie A dirigées par le nouveau technicien milanais –, que dans les faits, Mancini ayant toujours eu foi en un joueur qu’il avait récemment tenté d’attirer à Galatasaray.

Guarin, qui a également été rejoint par sa famille qui résidait jusqu’alors en Colombie, a désormais tous les facteurs de la réussite de son côté. Comme conscient de ce fait, il assure avoir déjà tourné la page de ses moments délicats. « Beaucoup de choses se sont passées en trois ans, des choses qui n’ont pas aidé à m’exprimer au mieux. Mais ce sont des choses qui sont passées et je n’ai rien à raconter. Je me focalise sur le présent. Je veux toujours bien faire et je pense toujours à ce que je dois faire pour être meilleur. Le travail a toujours été ma garantie et je n’ai pas de doute sur le fait que quand on travaille et qu’on a la tête à ça on y parvient. » À force de travail et de quelques détails, Guarin a changé le cours de son histoire. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »...