Francis Cagigao se souvient de ses plus beaux coups mercato avec Arsenal

Victime du plan social d'Arsenal cet été, Francis Cagigao, recruteur pour les Gunners pendant 24 ans, a recensé ses plus beaux coups et ses plus grosses déceptions. Entretien.

Van Persie, Fabregas, Cazorla et Gabriel sous le maillot d'Arsenal
Van Persie, Fabregas, Cazorla et Gabriel sous le maillot d'Arsenal ©Maxppp

Un plan social, ça passe rarement inaperçu. Alors, cet été, quand, en pleine crise liée à la pandémie de Covid-19, Arsenal a annoncé 55 licenciements, la nouvelle a fait grand bruit outre-Manche. Parmi ces départs forcés se trouvait notamment Francis Cagigao. Si le nom de ce quinquagénaire ne dira pas forcément grand-chose au grand public, il s'agit de l'un des scouts les plus réputés de Premier League, comptant à son actif les signatures de Lauren, Robin van Persie, Nacho Monreal, Kieran Tierney, Carlos Vela, José Antonio Reyes, Gabriel Magalhães, Emiliano Martínez, Gabriel Martinelli et Santi Cazorla.

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Pendant 24 ans, le recruteur a sillonné les terrains d'Europe pour dénicher la perle rare pour le compte des Gunners. Et s'il ne s'est pas trop épanché sur son départ, ce fils d'immigrés espagnols en Angleterre a donné son sentiment sur le débat actuel concernant le scouting dans les colonnes du Guardian. «On en parle beaucoup. Les gens opposent le scouting et la data. Tout est important, il ne faut jamais perdre l'essence du jeu. Il y a toujours des joueurs, il faut les trouver, même s'ils sont en 4e division brésilienne. Le regard d'un technicien, d'un œil expérimenté est vital», a-t-il lâché avant d'ajouter.

Le raté Messi, la réussite Cesc

«Il est très important que les clubs contrôlent le marché, pas l'inverse. Je ne sais pas ce que font les autres clubs. J'en resterai là», a-t-il simplement glissé, se souvenant ensuite de ses plus beaux coups pour le compte de l'écurie londonienne, souvent réussis avec l'aval d'Arsène Wenger - «sans lui, beaucoup de carrières auraient été différentes. C'est quelqu'un qui n'avait pas le temps, mais donnait du temps aux gens». Et sa plus belle réussite, c'est Cesc Fabregas. «C'était la combinaison parfaite entre une très bonne technique, une vision de jeu, une intelligence de jeu et une conscience. Je me souviens d'un garçon qui avait un GPS dans son cerveau, une maturité bien avant l'âge. Sa prise de décisions était déjà presque parfaite. C'était un visionnaire, qui a tout gagné. Pas seulement un grand joueur, un grand homme aussi. Si on parle des meilleurs meneurs d'Arsenal depuis Liam Brady, il faut citer Cesc et Santi (Cazorla). Cesc a prouvé combien notre cellule de recrutement était forte, comment nous parvenions à bien identifier et recruter nos cibles», a-t-il lancé.

Au rayon des plus grandes déceptions, trois noms lui reviennent. «(Lionel) Messi, (Gerard) Piqué et (Juan) Mata ont été très très proches et il y en a bien d'autres. Pour Messi, des problèmes de permis de travail ont fait que nous ne pouvions pas aller plus loin que nous l'aurions aimé. C'est tout ce que je peux dire. Beaucoup nous échappent - deux, trois ou quatre par an - mais je préfère me rappeler de ceux que nous avons finalement eus», a-t-il raconté, donnant son sentiment sur la dernière recrue en date, Thomas Partey, acheté 50 M€ à l'Atlético de Madrid, dernier dossier auquel il a participé. Depuis longtemps.

Le joli coup Thomas, totale confiance en Arteta

«À Almeria, Thomas était un joueur différent de celui que nous avons vu à l'Atlético de Madrid. Il jouait davantage comme un box-to-box, plus porté sur l'attaque. Je pense que nous verrons un mix des deux. Il a joué dans un milieu très dense où tout était basé sur le positionnement, maintenant, il devra ajouter des choses à son jeu que nous n'avons pas encore trop vu, mis à part avec le Ghana (10 buts en 27 sélections). C'est un joueur que nous suivons depuis longtemps et que nous avons fortement recommandé. C'est une super recrue, un profil que nous n'avions pas. Il peut être la pièce qui manquait au puzzle pour qu'Arsenal lutte pour le titre», a-t-il analysé, persuadé que les pensionnaires de l'Emirates ont le coach et l'équipe qu'il leur faut.

«C'est un mélange d'ambition, de talent, de jeunesse et d'un fantastique apprentissage après de Pep Guardiola, un des meilleurs coaches du monde évidemment. Il a été joueur à Arsenal, il connaît les valeurs du club. Arsenal a le manager idéal. (...) Ils ont probablement plus de solutions devant que toutes les autres formations de Premier League. Il y a un très bon milieu de terrain avec un bon mix, deux fantastiques latéraux, un nouveau central qui vient d'arriver. Le groupe est équilibré, très fort. Je ne vois pas beaucoup d'équipes mieux armées qu'Arsenal», a-t-il conclu, pas rancunier, en attendant de trouver un nouveau challenge à sa hauteur.

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