Mathys Tel, le nouveau phénomène du Stade Rennais et du football français

À écouter les observateurs, Mathys Tel (16 ans) est considéré comme l’un si ce n’est le nouveau talent du football français. Il faut dire qu’il bat tous les records de précocité avec son club du Stade Rennais avec qui il a franchi toutes les étapes à la vitesse de l’éclair depuis son arrivée en Bretagne en provenance de la région parisienne il y a seulement 18 mois. Mais le chemin est encore long pour ce diamant brut qui ne demande qu'à être poli. Un travail d’orfèvre déjà commencé par ses conseillers, et ce depuis que le petit à 13 ans.

Mathys Tel lors d'un match de Conférence League face à Tottenham
Mathys Tel lors d'un match de Conférence League face à Tottenham ©Maxppp

Nous sommes partis à la rencontre de Gadiri Camara, son conseiller qu’il suit depuis quatre ans. Ce dernier nous explique comment son agence a découvert Mathys Tel à l’âge de 13 ans lorsqu’il évoluait au poste de défenseur central au Paris FC et comment le grand espoir du football français s’est mué petit à petit en un milieu offensif de talent qui a fait ses débuts en pro au Stade Rennais 4 ans plus tard. En effet, Rennes le repère et le signe à 13 ans. «Il arrive à 13 ans avec ce poste de défenseur central à Rennes alors qu'il a été sollicité par pas mal de clubs, il a fait pas mal d'essais, mais on a décidé de s'engager à Rennes. » Il lui faut patienter deux ans avant de rejoindre la Bretagne. Durant deux saisons, il passe en préformation à Clairefontaine la semaine et joue en région parisienne à Aubervilliers puis à Montrouge le week-end.

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Un défenseur central reconverti en... milieu offensif

Deux ans plus tard, à 15 ans, il débarque enfin en Bretagne. Mais rapidement, son entourage et le Stade Rennais font évoluer le poste du joueur en le faisant avancer sur le terrain. « Il est défenseur central à sa signature à Rennes, mais très rapidement le projet change quand il débarque en Bretagne. On a vu sa faculté à être décisif, à marquer des buts et à faire des différences. C’est ce qui a fait que très rapidement il a avancé sur le terrain. Aujourd'hui, il a une polyvalence qui est assez stupéfiante, car il a cette capacité à s'adapter à tous les schémas sur les postes offensifs et au milieu de terrain. » La polyvalence, une force pour le joueur, mais qui peut être à double tranchant. « C'est une grande richesse, mais c'est aussi un casse-tête. Aujourd'hui, on a encore du mal à situer où il pourrait faire la meilleure carrière, mais ça reste, je pense, dans le domaine offensif. À terme, je pense qu’il va se positionner en 10 juste derrière l’attaquant. »

Il faut dire que le natif de Sarcelles, dont le modèle n’est autre que Thierry Henry et qui est le plus jeune joueur à avoir évolué parmi les 5 plus grands championnats européens depuis le début de la saison, possède des qualités hors du commun. Répétition des efforts, capacité à éliminer, intensité, technique, vivacité, toutes les qualités d’un joueur moderne. « Cela sera sans doute son poste de prédilection où il pourra exprimer clairement tout son potentiel. Après sur le côté devant ça reste une alternative crédible, car il a tout ce qu’il faut pour faire des différences balle au pied sur un côté et aussi être décisif dans la zone de vérité », explique Gadiri, par ailleurs CEO de Become someone, la société qui gère les interêts de Mathys Tel. Des capacités qui ont tapé dans l’œil de Bruno Genesio et de Florian Maurice qui n’ont pas hésité à intégrer l’international tricolore U18 (6 matches : 5 buts et 4 passes décisives en Equipe de France) chez les pros pour le stage estival d’avant saison où il a fait ses premiers pas.

La filiation avec Eduardo Camavinga

Rien d’étonnant donc à le voir débuter en Ligue 1 à l’âge de 16 ans, 3 mois et 18 jours le 15 août dernier. « À chaque fois qu’il a été surclassé que ce soit en club ou en sélection, on a pu constater qu’il avait cette faculté à être décisif, à répondre présent, à faire le taf justement pour justifier le pourquoi il était surclassé et pas un autre. Il a ce côté-là au niveau mental, c’est un compétiteur, il aime le foot. » Et qui dit précocité à Rennes dit forcément Eduardo Camavinga, le milieu de terrain du Real Madrid, qui avait fait ses débuts en L1 à 16 ans, 4 mois, 27 jours, soit un bon mois après Mathys Tel. Alors forcément, la filiation entre les deux hommes est naturelle même s’ils n’évoluent pas dans le même registre et n’ont pas les mêmes qualités comme nous l’explique Gadiri Camara. « Le fait qu’il soit un peu comparé à un Camavinga, c’est un peu normal dans le sens où il y a des similitudes au niveau de la précocité. Après ce ne sont pas du tout les mêmes joueurs, les caractéristiques sont bien différentes. Des atouts et des forces qui sont différents, ne serait-ce que physiquement ce ne sont pas du tout les mêmes profils. » Des profils différents, mais une vraie source d’inspiration pour le jeune rennais. « Après Camavinga ça reste une inspiration pour Mathys, on a pu le constater au Stade Rennais quand on s’y impose à cet âge-là, derrière on a un gros projet. Donc bien évidemment Camavinga est une source d’inspiration. Parce que l’idée c’est de s’imposer à Rennes pour pouvoir partir sur un projet d’envergure d’autant que Mathys à l’ambition de réaliser une grande carrière et il travaille beaucoup pour cela. »

Mais si les débuts de Camavinga à Rennes ont été fulgurants, la suite a été plus compliquée. Et souvent avec des talents si précoces, le plus dur n’est pas d’arriver en Ligue 1, mais d’y rester. Un constat que partage Camara d’autant qu’il reconnaît aisément que son protégé a encore beaucoup de choses à apprendre du haut niveau. « Pour l’adaptation au monde pro. Il y va step by step. Il sait qu’il a beaucoup de choses à apprendre. Être talentueux ça ne veut pas dire être professionnel. Être pro, c’est aussi assimiler tout le travail invisible, etc. Et si on veut le faire à grande échelle, il faut prendre le temps de tout bien comprendre. De ce côté-là, on essaie de gérer assez intelligemment que ce soit nous dans notre conseil comme le stade Rennais aujourd’hui dans la manière où il l’accompagne et l’éveille au monde professionnel, on y va tous crescendo. Justement, car on a envie qu’il assimile bien les choses et surtout on a envie qu’il conserve cette même énergie, cette même envie d’aller de l’avant, pour ne pas le griller. Si on lui met trop de données, ça peut à terme lui mettre trop de pression. On l’a vu, il n’a pas eu des débuts tonitruants en professionnel. Mais c’est normal parce qu’il est en train d’assimiler les choses, il est en train de se rendre compte qu’il y a un an seulement il était avec les U17. »

Sous contrat avec Rennes jusqu'en juin 2024

En effet, passer des U17 nationaux à la Coupe d’Europe en quelques mois n’est pas chose aisée. Ce n’est pas du tout le même niveau ni la même intensité. « Pour nous, il ne va pas tarder à arriver à maturité, et on ne va pas tarder à voir le meilleur du gamin, car il comprend vite les choses. On pense qu’il peut aller très haut. Après tout dépend de tellement de paramètres. On ne connaît pas l’avenir. Il faudra qu’il reste attentif, qu'il ne se blesse pas. Il y a encore beaucoup de si. Mais c’est un garçon avec un très très gros talent. Moi en 11, 12 ans de football, j’ai vu des joueurs défiler, j’ai côtoyé vraiment des tops joueurs. Mais au niveau du potentiel, j’ai rarement vu plus solide. Humblement, on tient une future pépite. Maintenant il faut qu’il travaille et reste concentré pour arriver à terme. » Reste à savoir s’il terminera au Real Madrid comme son ancien coéquipier Eduardo Camavinga. Sous contrat avec Rennes jusqu’en juin 2024, Mathys Tel, qui bénéficie d’un socle familial solide, comme le Stade Rennais ont encore le temps pour parvenir à un projet commun, celui de se faire une place dans le onze très concurrentiel du club breton. Mais dans ce monde où l’on vit à 100 à l’heure, tout peut aller très vite... Alors forcément cette rencontre face au PSG qui s'annonce déjà vendredi au Parc des Princes sera forcément un match spécial, lui qui est né à seulement 25 kilomètres de la mythique enceinte parisienne...

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