UEFA Europa Conference League

La Fiorentina traverse une crise inédite en Italie

La Fiorentina aborde son match de Ligue Europa Conférence contre l’AEK Athènes plongée dans une crise d’une ampleur inédite. Sportivement à la dérive, secouée par la contestation de ses supporters et encore sous le choc du limogeage de Stefano Pioli, la Viola peine à se relever malgré l’arrivée de Paolo Vanoli. Entre résultats catastrophiques, perte d’identité et climat explosif autour du club, Florence vit un début de saison au bord du gouffre.

Par Valentin Feuillette
4 min.
Fiorentina @Maxppp

La Fiorentina traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente, et l’arrivée de Paolo Vanoli n’a pour l’instant pas dissipé les nuages qui s’accumulent au-dessus du Viola Park. Le limogeage de Stefano Pioli, devenu inévitable après avoir laissé l’équipe à la dernière place du championnat, a marqué l’épicentre de cette crise d’identité sportive et institutionnelle. Vanoli a tenté d’apporter une réaction immédiate : un (2-2) contre le Genoa pour sa première puis un (1-1) plutôt encourageant face à la Juventus. Mais ces timides sursauts n’ont pas suffi à sortir la Fiorentina du danger, ni en Serie A ni en Europe, où la Viola pointe à une insuffisante 8e place de phase de championnat de Ligue Europa Conférence après déjà une défaite en trois rencontres. Le chantier est colossal avec une équipe qui manque d’automatismes, de stabilité émotionnelle et surtout d’un cadre de travail clair, conséquence directe de la dérive technique et relationnelle qui a caractérisé la fin du mandat de Pioli.

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Car la crise ne se limite pas aux résultats, elle est aussi l’héritage d’un Stefano Pioli méconnaissable, transformé par son passage à Milan et par le Scudetto qui l’avait placé parmi les entraîneurs les plus respectés du pays. Dès sa conférence de présentation en juillet, son ton présomptueux avait surpris : allusions à Allegri, piques envers Luis Enrique, autocélébration maladroite… tous les signaux montraient qu’il n’était plus l’homme humble que Florence avait connu. Sur le terrain, le contraste fut encore plus violent. Pioli a multiplié les systèmes (3-5-2, 3-4-2-1, 4-4-2) sans jamais parvenir à établir la moindre cohérence. Ses joueurs, totalement perdus, enchaînaient erreurs techniques et incompréhensions tactiques. Les choix de l’entraîneur, souvent incohérents, ont aggravé le chaos avec des changements mal inspirés, comme ceux contre l’Inter ou Lecce, ont définitivement scellé son crédit. Sa gestion du mercato a également déstabilisé l’équipe puisque l’idée initiale était de former une attaque à trois avec Kean, Gudmundsson et Dzeko/Piccoli pour lequel le club a déboursé 27 millions n’a tenu que quelques semaines avant d’être purement abandonnée, à l’image d’un projet sportif jamais assumé jusqu’au bout.

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Déjà un nouvel entraîneur

C’est dans ce contexte explosif que la relation entre le public et l’équipe s’est fracturée de manière spectaculaire début novembre. Au stade Franchi, les premiers sifflets ont rapidement cédé la place à une véritable insurrection populaire. Huées à l’entrée des joueurs, insultes, injonctions à « courir » ou à « sortir à minuit », menaces de violences symboliques, tout y est passé. La Curva Fiesole, habituellement l’un des poumons du club, s’est retournée contre l’équipe avec une virulence rare, poussée par l’impuissance et l’humiliation vécues au fil des défaites. Après le revers contre Lecce sous Pioli, la colère a atteint son paroxysme : joueurs et entraîneur ont dû s’enfuir dans le tunnel sous une pluie de sifflets, tandis que l’extérieur du stade devenait le théâtre de rassemblements hostiles. Les supporters ultras ont scandé des slogans de plus en plus menaçants : « Respectez le maillot », « Au travail », « On va vous casser la gueule ». Les tifosi ont même attendu les joueurs à leur sortie, dans une atmosphère d’exaspération totale. La Fiorentina, elle, a choisi le silence absolu : black-out médiatique, aucune explication, aucune prise de parole institutionnelle pendant plusieurs jours jusqu’au licenciement de Stefano Pioli.

Face à cette situation devenue incontrôlable, les autorités ont dû intervenir, dépêchant des unités de police au Viola Park pour éviter que la contestation ne prenne des proportions dangereuses. Le club, désormais paralysé par les tensions internes et la pression extérieure, a envoyé l’équipe en mise au vert avant et pendant la trêve internationale, cherchant désespérément un moyen d’éteindre l’incendie. Paolo Vanoli hérite ainsi d’un groupe fragilisé, d’un club en perte d’autorité et d’un environnement où la moindre erreur pourrait faire exploser une poudrière déjà allumée depuis des semaines. Avant le match crucial de C4 contre l’AEK Athènes, la Fiorentina n’a jamais semblé aussi vulnérable. Ce qui devait être une saison de consolidation s’est mué en crise totale, sans garanties ni certitudes. Le défi de Vanoli ne consiste plus seulement à gagner des matchs, puisqu’il doit reconstruire la confiance, redéfinir une identité et arracher la Viola à une spirale négative qui menace tout l’édifice sportif florentin.

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