Ligue 1 : la redoutable mission qui attend Antoine Kombouaré et le FC Nantes

À l'heure de lancer sa saison 2022-2023 par un choc face au PSG dans le cadre du Trophée des Champions, le FC Nantes, qualifié pour la Ligue Europa, se prépare à vivre une année aussi excitante que risquée sur le plan sportif.

Antoine Kombouaré à l'entraînement avec Nantes
Antoine Kombouaré à l'entraînement avec Nantes ©Maxppp
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« C'est quelque chose, pour nous, d'exceptionnel, d'unique, presque miraculeux. » Ces paroles, sorties de la bouche d'Antoine Kombouaré après le sacre du FC Nantes en Coupe de France face à l'OGC Nice (1-0) en finale, le 7 mai dernier, reflètent à merveille l'exploit réalisé par les Canaris ces derniers mois. Arrivé sur le banc nantais le 11 février pour succéder à l'échec Raymond Domenech, le Kanak a assuré le maintien du club en Ligue 1, avant d'aller chercher cette Coupe nationale et donc d'emmener le peuple jaune et vert directement en phase de poules de la Ligue Europa pour la saison 2022-2023. Un scénario inimaginable il y a un peu plus d'un an, quand le FCN sauvait in extremis sa peau dans l'élite en barrages, contre Toulouse (2-1, 0-1).

À l'aube de l'exercice 22-23, qui démarrera ce dimanche (20h) en France avec le Trophée des Champions face au PSG, organisé à Tel-Aviv, les doutes sur la capacité du FC Nantes à gérer le championnat et l'Europe fusent dans l'Hexagone. « J'ai toujours eu la pression. Elle est importante et j'aime ça », confiait notamment Antoine Kombouaré juste après son arrivée du côté de la Beaujoire. Une aubaine pour le technicien de 58 ans, tant elle pourrait être grande et pesante cette année. « Il faudra croquer dans cette Coupe d'Europe, expliquait AK dans les colonnes de L'Équipe mercredi. Après, bien sûr, la difficulté, c'est de bien gérer avec le championnat. Il ne faut pas que ce soit un cadeau empoisonné non plus, mais, connaissant mon groupe, dans un premier temps, on ne va pas choisir. J'ai des joueurs qui ont faim de cette compétition, mais la bonne découverte, ce n'est pas avoir peur, c'est essayer de rivaliser », prévenait-il ensuite.

S'acclimater à l'Europe sans délaisser la L1

Une chose est sûre, l'enjeu sera de taille pour les Canaris. Le Trophée des Champions contre les champions de France en titre apparaît comme un joli bonus, pouvant à la fois couronner encore mieux les efforts de l'an passé et servir de fer de lance pour la nouvelle saison. Mais il s'agira surtout de s'habituer aux joutes européennes, une saveur à laquelle n'a plus goûté Nantes depuis 2004 et une élimination en demi-finale de la défunte Coupe Intertoto contre le Slovan Liberec (0-1, 2-1), tout en gardant des assez de forces pour la L1. Le tout afin de ne pas sombrer dans les abysses du classement et ainsi jouer à se faire peur très tôt, au cours d'une saison où l'issue pourrait être fatale avec les quatre descentes en Ligue 2.

« Ce sera encore plus dur car on ne sera plus le Nantes barragiste mais un Nantes qui a fini 9ème, vainqueur de Coupe. Tu peux faire la même prépa, les têtes des garçons peuvent changer. Avec le même groupe, tout est possible, ça peut être bien comme compliqué. La saison passée, on a toujours avancé sur l'idée qu'on ne voulait plus revivre celle d'avant. Et maintenant, on dit quoi ? Ils veulent revivre la même chose, donc ce n'est pas pareil. Et c'est vachement intéressant. À nous de résoudre les problématiques », analysait Kombouaré auprès du quotidien sportif, comme pour mieux situer la tâche ardue qui l'attend.

Un mercato cohérent mais...

Le mercato estival 2022 réalisé par Waldemar Kita et la direction sportive se veut en tout cas assez cohérent. Cela a en tout cas de quoi donner satisfaction à Antoine Kombouaré. Si le départ libre de Randal Kolo Muani (12 buts en 36 matchs de L1) à l'Eintracht Francfort devra assurément être digéré, tant il influait sur le rendement de son équipe, les Nantais se sont fait prêter Evann Guessand (Nice) et Mostafa Mohamed (Galatasaray), qui « représentent plus de force et de poids en termes de qualité et de nombre », selon les dires de l'ancien coach du PSG, qui a au passage jugé RKM d'irremplaçable. Mais la recrue phare de l'été n'est autre que Moussa Sissoko, de retour en Ligue 1 après plus de 8 ans passés en Angleterre. L'expérience du polyvalent milieu international français de 32 ans va faire le plus grand bien à un groupe qui en aura grandement besoin, chapeautant également les plus jeunes et densifiant globalement l'effectif jaune et vert.

Alors qu'aucun autre départ significatif n'est à déplorer dans les rangs des Canaris (hormis Kolo Muani), quelques flous persistent autour des cadres que sont Alban Lafont, Moses Simon et Ludovic Blas, tous en fin de contrat en juin 2024 et qui se sont vus accorder un bon de sortie par la direction cet été. « Je vais trembler jusqu'à la fin du mercato mais ils sont là et heureux, ils ont tout fait pour aller chercher l'Europe, c'est l'occasion pour eux », reconnaissait Kombouaré, toujours auprès de L'Équipe, faisant ainsi passer un message fort à ses joueurs. En attendant de savoir de quoi l'avenir de ces éléments clés sera fait, le FC Nantes, qui reste sur une préparation mitigée (2 victoires, 2 défaites) va commencer très fort sa saison 2022-2023. Comme un symbole d'une année à double tranchant, qui pourrait aussi bien être celle de tous les dangers.

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