Challenger Pro League

John Textor a mis le RWDM Brussels au bord de l’abîme

Résultats en berne et grosses difficultés économiques, la situation du RWDM Brussels rappelle douloureusement ce qu’a vécu l’OL l’an passé. John Textor est encore au centre des débats et des polémiques au sein du club belge dont l’avenir s’annonce précaire.

Par Maxime Barbaud
3 min.
John Textor au RWDM Brussels @Maxppp

Plus dure est la chute. Après avoir frôlé la montée au printemps dernier en première division belge (3e derrière les deux promus Zulte-Waregem et La Louvière), le RWDM Brussels connaît des lendemains qui déchantent. Le club appartenant à la galaxie Eagle Football de John Textor accumule les déboires sur tous les terrains et glisse doucement sur une pente de plus en plus dangereuse. Sportivement déjà, ça ne va pas fort avec une 11e place en 2e division (sur 17 équipes). Pour les finances, c’est encore plus fragile puisque l’équipe molenbeekoise est interdite de recrutement par la Commission des Licences depuis octobre.

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Cela aurait pu être encore pire puisque l’apport in extremis de nouveaux capitaux ont permis d’éviter un retrait de 3 points au classement, qui aurait pu être franchement compromettant pour la suite de la saison. La Commission des Licences reproche notamment au RWDM de ne pas avoir versé la dernière partie de l’indemnité au KV Mechelen dans le cadre du transfert (300 000 euros) de Frederic Soelle Soelle. C’est une histoire qui rappelle les événements vécus à l’OL la saison passée, miraculeusement sauvé par la DNCG de la relégation administrative en Ligue 2 au printemps après le départ du patron américain, remplacé par Michele Kang.

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Il faut faire des économies partout

Sans ressource, les Bruxellois n’ont pas eu d’autre choix que de s’appuyer sur un effectif particulièrement inexpérimenté. Seuls 4 joueurs ont plus de 25 ans et cela se ressent. Certains ont au moins le mérite de se mettre en valeur, comme le très jeune défenseur central (17 ans) Manoël Verhaeghe, pisté par les Gones d’ailleurs. Si les salaires sont les charges les plus importantes, et sont actuellement toujours versés, la chasse aux coûts superflue est intense. Le Het Nieuwsblad donne une liste détaillée de ces économies de bouts de chandelle mesurant l’envergure du problème. La plupart des prestataires extérieurs ont cessé d’être appelés.

La société fournissant le matériel audio pour animer les avants-matchs à domicile dans le "RWDM Village" a été remplacée par la sonorisation du club. Un membre du staff médical, qui intervenait en tant qu’indépendant, a fini par claquer la porte, ses factures n’étant pas réglées. Pire encore, les abonnements à Wyscout, plateforme professionnelle permettant de récupérer les performances physiques et techniques des joueurs, et à certaines chaînes de télévision diffusant le championnat, ont par exemple été résiliés. L’entraîneur intérimaire Christ Bruno et son staff technique doivent se contenter de résumés sur Youtube et DAZN pour préparer leurs matchs.

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Les supporters n’en peuvent plus de John Textor

La situation est encore plus précaire depuis quelques jours, indique cette fois La Dernière Heure. Une nouvelle facture est parvenue dans les bureaux du club concernant le transfert Ernest Nuamah pour 30 M€ en provenance de Nordsjælland à l’été 2023. Le Ghanéen avait été prêté dans la foulée à l’OL. Il s’agit cette fois de régler 1,5 M€ pour une clause du contrat. Le montage financier pensé par Textor complique encore plus les choses pour le club, qui a bien failli changer de nom l’été dernier en "Daring Brussels". Les supporters ont fini par obtenir gain de cause pour préserver le nom de RWDM Brussels. Ces derniers réclament depuis longtemps le départ de Textor, encore faut-il qu’il soit vendeur, ou que les actionnaires rachètent ses parts. Il en va de la survie du club.

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