Ligue 1

PSG : l’autre bataille qui ronge Matvey Safonov

Arrivé l’été dernier au PSG, le gardien russe découvre un nouveau monde, une nouvelle culture et un club bien plus huppé que Krasnodar. En plus de ça, Matvey Safonov doit gérer sa concurrence avec Gianluigi Donnarumma. Autant de choses pas simples à assimiler en si peu de temps. Mais ce n’est pas tout. La recrue parisienne doit également faire face au différend judiciaire avec son ex-femme.

Par Matthieu Margueritte
7 min.

La carrière de Matvey Safonov a changé du tout au tout l’été dernier. Après avoir fait toutes ses classes à Krasnodar, le gardien de but russe âgé de 25 ans a changé de dimension en rejoignant le Paris Saint-Germain en échange de 20 M€. Un montant qui en a étonné plus d’un. Tout comme le choix du PSG d’aller chercher une doublure inconnue à Gianluigi Donnarumma dans un pays en froid avec une bonne partie du monde entier, même si Safonov s’était déjà frotté à la Ligue des Champions avec son ancien club lors de la saison 2020/2021. Le portier russe avait même foulé le sol français puisque durant cette campagne de C1, il avait affronté le Stade Rennais à deux reprises (nul 1-1 en France, victoire 1-0 en Russie).

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Arrivé en France, Safonov suscitait logiquement la curiosité. Très vite, le Russe avait alors fait parler de lui après des sorties médiatiques remarquées. «Je pense qu’ils (le PSG, ndlr) suivent le championnat russe. Nous avons fait une très grande saison avec Krasnodar, nous étions premiers à la trêve. Donc cela a dû compter pour eux j’imagine», avait-il déclaré pour expliquer le choix du PSG d’aller chercher un Russe, avant de lâcher ses quatre vérités sur son rôle supposé de doublure de Donnarumma. «Personne ne m’a jamais dit que j’étais numéro deux. Je viens à Paris pour me battre. Je veux jouer au football. Même s’ils m’avaient dit que j’étais numéro deux, je ne les aurais pas écoutés. C’est à moi de donner le meilleur de moi-même. Je ne me vois pas comme un numéro deux. Je ne veux pas être un remplaçant. Si on me place en numéro deux, ça ne sera pas facile pour le numéro un… Je vais me battre avec lui en permanence. Je n’ai jamais perdu de compétition. J’ai toujours été le gardien numéro un.»

Un examen psychologique a été demandé pour Safonov

Depuis, Safonov n’a pas vraiment réussi à déloger Donnarumma du statut de gardien titulaire du PSG. Mais en coulisse, le Russe doit mener deux combats de front : son duel avec son coéquipier italien et le procès contre son ex-femme Anastasia Kazachek, dont il est séparé depuis 2021. Pour rappel, lui et son ex-femme ont une fille âgée de trois ans, Maya, et Kazachek, qui a la garde de l’enfant, réclamait plus de 600 000€ de pension alimentaire. Depuis, Sovsport rappelle qu’un tribunal de Moscou a ordonné au joueur du PSG de verser 25% de son salaire en guise de pension alimentaire et ce dernier n’a pas le droit de voir sa fille sans la présence de sa mère. Bien décidé à ne pas se laisser faire, l’ancien gardien de Krasnodar a intenté pas moins de dix procès en 2024 contre son ex. Ce qui a provoqué une réaction immédiate chez Anastasia Kazachek… qui a demandé qu’un examen psychologique de Safonov soit fait.

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«Baza (un média russe) a écrit que j’avais demandé une expertise psychologique pour Safonov à cause des deux buts encaissés (face à Monaco, ndlr), mais c’est un mensonge. Il n’y a aucune relation de cause à effet entre les buts marqués et ma demande d’examen psychologique de Safonov. La raison de ma demande d’examen psychologique pour Safonov était le fait qu’il invente des déclarations pour avoir la moindre raison d’aller au tribunal. En fin de compte, Safonov a perdu ses sept procès en 2024, mais trois autres de ses demandes sont toujours pendantes devant le tribunal de Nikulinsky. Dix procès potentiels en 2024 sont la raison pour laquelle j’ai supposé que Safonov souffrait du syndrome du contentieux. Et le fait que ses paroles soient en contradiction avec ses actes et ses problèmes d’estime de soi m’ont amené à penser qu’il avait besoin d’une aide psychologique», a-t-elle expliqué le 21 décembre dernier à RIA Novosti Sport, juste avant le 32e de finale de Coupe de France Lens-PSG, dans des propos relayés par le 10 Sport.

Face à ces attaques, Matvey Safonov a récemment été défendu par son avocat, Andrei Kryuchkov. Dans un entretien accordé à Match TV, le représentant du Parisien a fait le point. « Nous comprenons que les déclarations dures et infondées d’Anastasia et de ses représentants contribuent à la formation d’une évaluation négative des actions de Matvey. Mais avec tout cela, Matvey, étant, à mon avis, un jeune homme très décent et responsable, n’a pour sa part jamais violé son obligation d’entretenir sa fille et de payer une pension alimentaire. Ne voulant pas introduire ce sujet sensible dans le débat public, il n’a jamais commenté la situation actuelle. Anastasia se positionne devant le tribunal et sur ses réseaux sociaux en victime, mais quel est son sacrifice ? Ni elle ni l’enfant ne courent aucun danger. Ils n’ont besoin de rien. Le père de l’enfant a entièrement organisé des conditions confortables pour la mère et la fille, il a fait don d’un appartement (dont la valeur serait d’environ 577 000€) et continue de transférer chaque mois des sommes d’argent importantes pour l’entretien de sa fille, qui sont des dizaines des fois supérieures aux montants établis par l’État pour les mêmes objectifs en faveur des enfants russes », a-t-il déclaré, en ajoutant que l’ex-femme de Safonov a réclamé une pension alimentaire XXL alors qu’elle serait dans une situation financière très confortable.

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Des sorties médiatiques juste avant les matches du PSG ?

« Nous n’avons pas d’autres possibilités pour résoudre le conflit provoqué par Anastasia. Tous les processus ont été initiés uniquement dans le but de protéger les droits de Matvey contre les attaques infondées de son ex-femme. Aucune des poursuites ne contredit les intérêts de l’enfant et ne vise pas à priver l’enfant d’avantages matériels, notamment d’un appartement offert. En réalité, les véritables intérêts d’Anastasia sont loin de fournir un soutien matériel à sa fille. Le véritable objectif dans cette affaire est la vengeance d’une femme. Ce sera une surprise pour beaucoup d’apprendre que les capacités matérielles et financières de la famille d’Anastasia ne sont en aucun cas inférieures aux capacités financières de Matvey, et peut-être même les dépassent plusieurs fois. Elle ne le cache pas, puisque dans l’un des procès, elle a déclaré qu’elle ne dépensait pas toute la pension alimentaire reçue de Matvey pour l’enfant, mais qu’elle l’accumulait sur un compte séparé », a-t-il expliqué, avant d’évoquer le volet de la garde de la petite Maya.

« Matvey a vu l’enfant librement jusqu’à ce qu’il demande le divorce. Après cela, Anastasia a limité toutes les rencontres avec l’enfant, puis a complètement arrêté. J’ai arrêté de prendre contact. Mais un fait intéressant : dès que Matvey est parti travailler à Paris, Anastasia a soudainement commencé à prendre une position différente en disant : « je ne crée pas d’obstacles, laisse-le venir, ça ne me dérange pas, j’amènerai l’enfant à lui moi-même ». En septembre, il y a eu une histoire selon laquelle Anastasia a donné le feu vert pour que leur fille rencontre sa grand-mère (la mère de Matvey). Et savez-vous comment ça s’est passé ? Pendant 20 minutes, selon les règles, l’enfant n’a pas pu être touché, embrassé, étreint ou filmé. Il fallait juste la regarder et marcher à proximité. Toute la réunion s’est déroulée en compagnie d’Anastasia, de son père, de sa sœur et de son avocat (sous escorte). À la fin de la rencontre, Anastasia a pris une photo avec l’enfant dans ses bras à côté de la mère de Matvey et l’a mise en ligne avec un commentaire qui avait du sens : « on ne crée pas d’obstacles, la grand-mère et sa petite-fille sont en promenade ». Pensez-vous que cela soit suffisant ? ». Enfin, Kryuchkov a assuré que l’ex-femme de son client choisissait de faire ses sorties médiatiques juste avant les matches du PSG. « Mon opinion personnelle est qu’une telle coïncidence ne peut pas exister. Il s’agit d’une tentative évidente de faire pression sur Matvey. » Nul ne sait comment toute cette bataille judiciaire va se terminer, mais Matvey Safonov est loin d’être dans des conditions idéales pour se plonger à 100% dans sa nouvelle vie parisienne.

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