Ligue 1 : comment Jean-Louis Gasset a redressé l’OM

Par Josué Cassé
6 min.
Jean-Louis Gasset, sur le banc de l'OM    @Maxppp

Large vainqueur (5-1) de Clermont à l’occasion de la 24e journée de Ligue 1, l’Olympique de Marseille reste sur trois victoires en autant de matches. Un renouveau certain concordant avec l’arrivée de Jean-Louis Gasset sur le banc olympien. Successeur de Gennaro Gattuso à la tête du club marseillais, le technicien français a trouvé les mots justes pour relancer la machine phocéenne. De bon augure avant d’accueillir Villarreal dans le cadre des 8es de finale de la Ligue Europa.

L’Olympique de Marseille retrouve le sourire. En crise de résultats ces dernières semaines, le club olympien vient, en effet, d’enchaîner trois victoires de rang toutes compétitions confondues. Le 22 février dernier, quelques heures après l’intronisation de Jean-Louis Gasset sur le banc marseillais, les coéquipiers de Pierre-Emerick Aubameyang ont tout d’abord validé leur ticket pour les 8es de finale de la Ligue Europa en venant à bout des Ukrainiens du Shakhtar Donetsk. Attendu au tournant en championnat, l’OM a également confirmé en terrassant (4-1) le Montpellier HSC avant de s’offrir, ce samedi, un nouveau récital offensif (5-1) à Clermont, plus que jamais lanterne rouge de l’élite du football français. Plus que la très belle dynamique comptable des Marseillais, ce renouveau vient confirmer les choix payants du coach de 70 ans. Critiqué par de nombreux observateurs lors de son arrivée dans la cité phocéenne, l’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire a ainsi prouvé que le vent pouvait rapidement tourner dans le monde du football.

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Débuts rêvés pour Gasset !

Après la claque infligée aux Clermontois sur la pelouse de Gabriel-Montpied, Gasset est d’ailleurs devenu le premier entraîneur à remporter ses trois premiers matches avec Marseille, toutes compétitions confondues depuis Otto Gloria en 1962 (5). Un nouveau succès convaincant permettant à l’OM de se retrouver provisoirement à la 6e place du championnat et ainsi se relancer pleinement dans la course à l’Europe. Alors que certains pointaient des défaillances individuelles ou encore un système tactique peu efficient sous la houlette de Gennaro Gattuso, le nouvel homme fort de l’écurie olympienne - passé par les Girondins de Bordeaux - a rapidement trouvé la recette pour relancer ses protégés. Avec sérénité, il a ainsi remis les têtes à l’endroit et les joueurs au bon endroit. Des choix payants permettant, aujourd’hui, à l’OM de retrouver une intensité certaine dans le jeu. Plus séduisant, le collectif marseillais semble même capable de s’adapter aux différentes options tactiques proposées par Jean-Louis Gasset.

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Classement live

Du 3-4-1-2 mis en place face au Shakhtar Donetsk au 4-3-1-2 aligné, samedi soir, contre les Auvergnats en passant par ce 3-5-2 hybride (passage en 4-4-2 avec Chancel Mbemba dans un rôle de latéral droit) décidé face au MHSC, la formation phocéenne trouve les clés. De quoi mettre fin au débat sur cette défense à quatre ou à cinq qui avait agité la fin de mandat de Gattuso. Porté par son duo Mbemba-Balerdi, très sérieux en charnière centrale, et le retour de Pape Gueye, incisif en sentinelle, les Olympiens ont, une nouvelle fois, prouvé contre le CF63 que le redressement initié par le coach français n’était pas seulement tactique. Moins angoissé, plus impliqué et surtout plus juste techniquement, la bande à Geoffrey Kondogbia fait désormais preuve de caractère. Symbole de cette combativité retrouvée, l’OM est parvenu, samedi soir, à reprendre les devants malgré l’égalisation clermontoise au retour des vestiaires. Bien servi par Azzedine Ounahi, Pierre-Emerick Aubameyang trompait alors Mory Diaw en deux temps. Une réaction déjà aperçue lors des deux dernières rencontres où les Phocéens avaient concédé, à deux reprises, l’ouverture du score avant de l’emporter.

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Un état d’esprit retrouvé, des ajustements efficients…

Si le collectif olympien semble donc sur la bonne voie, certains joueurs de l’effectif retrouvent également leur plein potentiel. De Geoffrey Kondogbia - précieux dans l’entrejeu - à Jonathan Clauss - passeur, buteur et inarrêtable contre Clermont - en passant par l’infranchissable Chancel Mbemba ou le revanchard Pierre-Emerick Aubameyang, une nouvelle fois décisif, l’OM s’appuie (enfin) sur des cadres performants. Plus cohérent défensivement et bien plus tueur aux abords de la surface adverse (12 buts inscrits lors des trois dernières rencontres), le club marseillais montre surtout un état d’esprit irréprochable. Avec un pressing bien huilé, du mouvement et de l’impact dans chaque duel, Marseille est logiquement récompensé. Refusant de s’enflammer, Gasset a, par ailleurs, redonné confiance à plusieurs éléments. À ce titre, comment ne pas évoquer le cas Iliman Ndiaye. Déjà étincelant face aux Héraultais et buteur contre Clermont, l’ancien joueur de Sheffield United profite, lui, de ce rôle axial et assez libre pour retrouver toutes ses sensations.

Porté par cette dynamique positive, l’OM avance alors avec confiance et tout le monde souhaite, aujourd’hui, participer à la fête. Entrés en jeu face aux Auvergnats, Faris Moumbagna et Luis Henrique, servi sur un plateau par le Camerounais, venaient ainsi parachever la victoire phocéenne. De quoi satisfaire l’entraîneur olympien qui n’a d’ailleurs pas manqué de souligner les progrès de son équipe au micro de Prime Vidéo après la rencontre. «On pensait à un match piège, mais on l’a rendu facile. On était sérieux. En première mi-temps, c’était juste à des moments techniquement. En début de deuxième mi-temps, on arrive à se faire égaliser, il faut gommer toutes ces erreurs qui nous font douter un peu. On sentait qu’on menait et qu’on avait la maîtrise du jeu. On a fait étape par étape, on avait un match 48 heures après notre arrivée avec Ghislain et Nico. On a repris le béaba, on a regardé les cassettes dans lesquelles ils se sentaient bien, là où ils avaient fait de bons matchs, on a essayé de calquer, contre Montpellier c’était le premier match de championnat, il fallait gagner des points, là contre Clermont le premier match à l’extérieur, on savait que l’OM n’était pas fringant à l’extérieur, c’était une confirmation».

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Interrogé à son tour sur la performance des siens à Clermont, Pierre-Emerick Aubameyang ne cachait pas sa joie à l’issue d’un match où l’OM aura marqué à cinq reprises, le tout avec cinq buteurs différents (Ndiaye, Aubameyang, Clauss, Moumbagna et Henrique). «Aujourd’hui, je me suis régalé, on a su être sérieux dans le match. Tout n’est pas parfait, on a manqué de justesse technique en première mi-temps. Tout le monde a été sérieux ensuite. Cela fait du bien de retrouver un OM qui gagne, qui fait la différence, qui marque des buts, c’est ce qu’on attend de l’équipe, même les entrants ont fait la différence, tous les attaquants ont marqué. Je suis content, je retrouve le rythme après ma saison blanche, donc on retrouve des jambes, ça permet de faire la différence, d’être bien, de faire des appels, de presser et marquer des buts». Si tous les signaux semblent donc (enfin) au vert, l’OM devra désormais confirmer son redressement face à des adversaires plus ardus. Le mois de mars en sera d’ailleurs une parfaite opportunité puisque les Marseillais croiseront, à deux reprises, la route de Villarreal avant de défier le Stade Rennais et d’accueillir le Paris Saint-Germain, solide leader. En attendant jeudi et les retrouvailles entre l’Orange Vélodrome et un certain Marcelino, l’OM peut quoi qu’il en soit dire merci à Jean-Louis Gasset.

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